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§ 07 · Carrosserie design

La généalogie cachée du style GT — Corvair Monza, Pontiac Banshee et Mako Shark II

Opel GT · 1968–1973 · 4 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un arbre généalogique à quatre branches internes à General Motors

Pour comprendre pourquoi le GT et la Corvette C3 se ressemblent à ce point (voir GT et Corvette C3 — deux « Coke bottle » nées la même année chez General Motors), il faut remonter à une série de concepts internes développés chez General Motors entre 1961 et 1965, tous supervisés de près ou de loin par le vice-président du style Bill Mitchell :

  1. La Chevrolet Corvair Monza GT (1962), coupé fastback à moteur central dérivé de la Corvair, dont Clare MacKichan connaissait bien la genèse avant sa mutation chez Opel.
  2. Le prototype Pontiac Banshee (XP-833), deux voitures fonctionnelles construites en secret dès 1964 sous l'impulsion de John DeLorean, alors ingénieur en chef de Pontiac — un projet de sportive deux places présenté à la direction de General Motors en juillet 1965 puis rejeté, par crainte qu'il ne cannibalise les ventes de la Corvette elle-même (l'histoire complète de ce rejet, qui a aussi donné naissance à la Pontiac Firebird, est développée dans La genèse de la Firebird — le lot de consolation d'une Pontiac Banshee refusée par la direction (1966-1967), corpus pontiac-firebird/).
  3. Le concept Mako Shark II, présenté en avril 1965, qui reprend et prolonge plusieurs thèmes stylistiques de la Banshee (nez plongeant, profil « Coke bottle », arrière tronqué) et devient la base directe du dessin définitif de la Corvette C3.
  4. L'Opel Experimental GT, présenté cinq mois plus tard à Francfort (octobre 1965, voir La genèse du concept « Opel Experimental GT » (Francfort, 1965)).

Des cousins de la Banshee, par la bande

Selon Curbside Classic, plusieurs éléments stylistiques précis de la Banshee — les phares escamotables de forme arrondie et le renflement du capot destiné à les dégager — se retrouvent presque à l'identique sur le GT de série, sans qu'aucun lien de conception direct n'ait jamais existé entre les deux projets, menés sur deux continents et dans un secret réciproque quasi total. Le rejet de la Banshee par la direction de General Motors en 1965 s'accompagne d'une instruction explicite adressée à Bill Mitchell : recycler les thèmes stylistiques abandonnés dans une version « acceptable » chez Chevrolet plutôt que de les perdre purement et simplement — c'est cette même réutilisation qui donne naissance au Mako Shark II, puis à la C3, tandis que MacKichan et Erhard Schnell développent en parallèle et de façon largement autonome le futur GT sous la même influence diffuse de Mitchell.

Le témoignage direct de Bob Lutz et Chuck Jordan

L'historien automobile Mike Lamm, qui a personnellement interviewé Clare MacKichan avant sa mort en 1996 et correspondu avec Bob Lutz, a recueilli un témoignage de première main sur cette généalogie partagée, republié par Curbside Classic. Un collaborateur de MacKichan resté à Opel, Ed Taylor, y est nommément crédité d'avoir eu pour mission spécifique d'« américaniser » certains détails du GT afin de le rapprocher davantage de la C3 en cours de développement — en relevant notamment l'arête des ailes avant et en retravaillant les feux de position et les pare-chocs. Bob Lutz résume la relation entre les deux voitures en expliquant qu'aucune des deux n'a précédé ni suivi l'autre : toutes deux procèdent d'une vision commune incarnée par le Mako Shark II, Bill Mitchell jouant le rôle de chef d'orchestre à distance entre Rüsselsheim et Détroit. Chuck Jordan, de son côté, nuance nettement l'idée d'une influence significative dans l'autre sens (du GT vers la Corvette) : selon lui, les stylistes américains regardaient alors leurs homologues allemands avec un certain dédain, et le principal vecteur d'influence resterait l'attachement personnel de MacKichan pour la Corvette, qu'il suivait de longue date en compétition à Elkhart Lake.

Une divergence de perception entre l'Europe et les États-Unis

Il convient de noter que cette parenté stylistique, aujourd'hui présentée comme une évidence par la plupart des rétrospectives, n'était pas perçue à l'identique de tous côtés lors du dévoilement du concept en 1965 : selon Bob Lutz, la version originale du concept de Francfort (avant l'« américanisation » de la version définitive) avait un aspect plus germanique, plus plat et plus large, que Lutz rapproche davantage d'un style « à la Porsche » que de la future Corvette C3, dont le dessin définitif n'était d'ailleurs pas encore arrêté au moment du Salon de Francfort.

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Provenance de cette fiche
Site source
curbsideclassic.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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