Les essais de presse d'époque — un tourisme rapide plutôt qu'une vraie sportive
Un accueil critique en demi-teinte dès le lancement
La presse automobile n'accueille pas le GT de série avec un enthousiasme unanime. Le magazine italien Style Auto le désigne certes voiture de production la mieux dessinée de 1969, mais plusieurs essayeurs jugent la version commercialisée moins aboutie visuellement que le concept de 1965 (voir Du concept à la série (1965-1968) — une fidélité stylistique rare, mais pas totale), et un certain snobisme transparaît régulièrement face aux origines Kadett de la mécanique — un reproche que d'autres essayeurs relativisent aussitôt en rappelant qu'à cette époque, bien peu de sportives abordables échappaient à ce type de filiation avec une berline de grande série.
« Plus Buick que bavaroise » : le jugement le plus souvent cité
La formule la plus reprise par les rétrospectives ultérieures, forgée par la presse américaine d'époque et relayée par Ate Up With Motor, résume le comportement routier du GT comme « plus Buick que bavarois » : la direction précise et la boîte de vitesses au maniement soigné laissent espérer un tempérament sportif que le châssis ne confirme pas totalement, le sous-virage prononcé et le manque de grip des pneumatiques d'origine étant le plus souvent mis en cause plutôt que l'architecture du train roulant elle-même (voir Suspension, freins et l'histoire du moteur reculé de 40 cm).
Un vrai satisfecit sur la tenue de route, signé Paul Frère
Ce jugement mérite cependant d'être nuancé par un compte rendu plus favorable, tout aussi souvent cité : celui du pilote-journaliste belge Paul Frère pour le magazine britannique Motor, en mars 1969, qui salue au contraire un comportement « extrêmement bien élevé », une tenue de cap neutre jusqu'à des vitesses de passage en courbe élevées, et une direction à crémaillère légère mais précise. Cette évaluation positive, signée par l'un des essayeurs les plus respectés de sa génération (également pilote automobile professionnel), pèse significativement dans la réputation ultérieure du modèle et contredit en partie l'image d'une voiture purement esthétique dénuée de vraies qualités dynamiques.
Une évaluation plus enthousiaste sur le rôle de voiture de tourisme
Sur un plan plus général, l'essai de Road & Track de juin 1969 — qui mesure un 0 à 96 km/h en 10,8 secondes et une vitesse de pointe de 182 km/h — insiste sur un confort de suspension jugé bien supérieur aux attentes pour une voiture à vocation sportive, en cohérence avec la plupart des essais de l'époque qui présentent le GT davantage comme un coupé de tourisme rapide et confortable que comme une véritable sportive. L'habitacle, malgré une ventilation jugée insuffisante par temps chaud (un défaut également relevé sur la Corvette C3 contemporaine, voir GT et Corvette C3 — deux « Coke bottle » nées la même année chez General Motors) et une ergonomie de pédalier diversement appréciée, est unanimement salué pour la qualité de sa finition, ses sièges baquets confortables et son instrumentation complète — un point sur lequel la GT/J dépouillée fait sciemment l'impasse (voir Évolution du GT au fil des millésimes et la version GT/J (1969-1973)).
Un jugement rétrospectif plus indulgent que celui de l'époque
Le recul des décennies a globalement adouci le jugement porté sur le GT : l'article de synthèse d'Ate Up With Motor conclut que la voiture aurait techniquement mérité, avec un peu plus d'investissement en développement mécanique, de rivaliser bien plus longtemps avec ses concurrentes les plus véloces — un jugement à mettre en regard direct avec l'échec commercial documenté face à la Datsun 240Z (voir L'arrivée de la Datsun 240Z, rivale fatale du GT).
Voir aussi
- Site source
- ateupwithmotor.com
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- Du concept à la série (1965-1968) — une fidélité stylistique rare, mais pas totaleOpel GT · Histoire et modèles
- Performances, vitesse et consommation par versionOpel GT · Moteur
- Évolution du GT au fil des millésimes et la version GT/J (1969-1973)Opel GT · Histoire et modèles
- GT et Corvette C3 — deux « Coke bottle » nées la même année chez General MotorsOpel GT · Carrosserie design
- Suspension, freins et l'histoire du moteur reculé de 40 cmOpel GT · Freins trains pneus
- L'arrivée de la Datsun 240Z, rivale fatale du GTOpel GT · Histoire et modèles
- L'arrivée de la Datsun 240Z, rivale fatale du GTOpel GT
- Les phares escamotables à commande manuelle par levierOpel GT
- Suspension, freins et l'histoire du moteur reculé de 40 cmOpel GT
- Les moteurs du GT — un 1,1 l Kadett et un 1,9 l « CIH » venu du RekordOpel GT
- Boîtes de vitesses, pont et différentiel autobloquant en optionOpel GT
- Performances, vitesse et consommation par versionOpel GT
- L'absence de coffre extérieur — un compromis assumé pour préserver la ligneOpel GT