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§ 01 · Histoire et modèles

Du concept à la série (1965-1968) — une fidélité stylistique rare, mais pas totale

Opel GT · 1968–1973 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un délai de développement inhabituellement long

Entre la présentation du concept à Francfort (octobre 1965) et l'arrivée en concession de la version de série (fin 1968), il s'écoule près de trois ans — un délai long au regard des standards de l'époque, où un concept-car reste le plus souvent un simple exercice de communication sans suite, ou alors rejoint la production en quelques mois à peine lorsque la décision est prise en amont. Ce délai s'explique par plusieurs obstacles concrets qu'il a fallu lever un par un : trouver une capacité industrielle disponible (Opel n'avait aucune chaîne libre pour un modèle à faible volume, d'où le recours à une carrosserie sous-traitée en France, voir Une carrosserie allemande fabriquée en France — Chausson et Brissonneau & Lotz), déterminer une base mécanique compatible avec un objectif de prix contenu (10 000 DM visés), et résoudre un désaccord interne sur la position du moteur (voir Suspension, freins et l'histoire du moteur reculé de 40 cm).

Un résultat jugé fidèle à l'esprit du concept

Malgré ce délai, le résultat final reste largement reconnaissable par rapport au concept de 1965 : silhouette fastback surbaissée, nez plongeant, arrière tronqué, phares escamotables. Le GT de 1968 est d'ailleurs présenté par plusieurs sources anglophones comme la toute première fois qu'un concept-car européen atteint la production en conservant l'essentiel de ses lignes d'origine — un cas suffisamment rare pour être régulièrement souligné dans la presse spécialisée qui lui a consacré des rétrospectives (Ate Up With Motor, Curbside Classic, Hagerty).

Une fidélité que les puristes ont pourtant nuancée dès l'époque

Ce satisfecit mérite cependant d'être nuancé : plusieurs critiques contemporains et rétrospectifs jugent la version de série moins pure que le concept d'origine. Le prototype de 1965 est repris avec un nez sensiblement plus massif, un bossage de capot imposé par l'encombrement du moteur 1,9 l (voir Les moteurs du GT — un 1,1 l Kadett et un 1,9 l « CIH » venu du Rekord), des naseaux d'aération ajoutés au-dessus du pare-chocs, un arrière plus découpé et une caisse rehaussée de 70 mm par rapport au prototype. La presse allemande et plus largement européenne d'époque a jugé la voiture de série moins « pure » que le concept ; le rédacteur du site Curbside Classic va jusqu'à regretter que la carrosserie ait dû être resserrée pour s'adapter à la largeur de la plateforme Kadett, ce qui, selon lui, nuit légèrement à l'équilibre visuel de l'ensemble par rapport aux photos du concept de 1965. Ce jugement reste toutefois minoritaire : la plupart des rétrospectives saluent au contraire un rare exemple de fidélité stylistique entre étude et série (voir sources/verification-croisee.md pour le détail de cette nuance).

Le passage de témoin Clare MacKichan → Chuck Jordan

Clare MacKichan quitte l'Allemagne en 1967, son mandat de cinq ans arrivant à échéance, et retourne aux États-Unis prendre la direction du style avancé de GM. C'est Chuck Jordan, directeur du style extérieur de GM depuis cinq ans, qui lui succède à Rüsselsheim et supervise la mise au point finale de la voiture — désormais simplement appelée Opel GT. Jordan est notamment crédité d'avoir modifié la ligne de toit lors de cette phase finale. Ce partage de responsabilités entre plusieurs stylistes successifs (MacKichan, Schnell, Jordan, avec la contribution ponctuelle d'un assistant américain chargé « d'américaniser » certains détails de la caisse) est développé dans À qui attribuer le dessin du GT ? MacKichan, Schnell, Jordan — une paternité partagée.

La grève générale de mai 1968 retarde le lancement

Le calendrier de mise en production est encore perturbé par la grève générale qui paralyse une large partie de l'industrie française en mai 1968 — un contretemps de taille puisque la carrosserie du GT est justement fabriquée en France (voir Une carrosserie allemande fabriquée en France — Chausson et Brissonneau & Lotz). Quelques centaines d'exemplaires de présérie sont malgré tout achevés durant l'été 1968, la production régulière ne démarrant qu'en septembre. Une GT de présérie est présentée sur le circuit de la Sarthe juste avant les 24 Heures du Mans 1968, conduite par le skieur olympique Jean-Claude Killy, alors récemment recruté comme ambassadeur par General Motors. La commercialisation européenne débute en octobre 1968, l'arrivée sur le marché américain suivant au printemps 1969.

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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