L'usine annexe Panhard de Reims (1903-1992)
Fondation et évolution
Fin 1903, à l'étroit dans son usine parisienne du 19 avenue d'Ivry, Panhard & Levassor s'implante à Reims (proximité Paris par rail/voies navigables, approvisionnement en charbon, main-d'œuvre qualifiée). En 1905, la société achète le terrain et les bâtiments d'une ancienne filature rémoise, 83 rue Ernest Renan, d'abord pour l'usinage de pièces (décolletage, visserie, boulonnerie), puis étendue à la fonderie, l'usinage de cylindres et vilebrequins, et un atelier de réparation clientèle.
Guerres et reconstruction
Abandonnée pendant la Première Guerre mondiale, détruite par l'occupant allemand lorsque sa défaite est assurée. Reconstruite, elle reprend la production en 1920, pleinement opérationnelle en 1923. Dans les années 1930, elle fabrique des pièces pour les automitrailleuses AMX 1935 (encore en service en 1955).
Après-guerre : de la Dyna à Citroën-Peugeot-Talbot-Lotus-Fiat
Dans les années 1950, l'usine emploie plus de 1000 personnes (semaine de 47h30 sur 5 jours + samedi pour les ateliers, bruit assourdissant des machines), fabriquant des pièces pour la Dyna jusqu'en 1959. Reprise par Citroën en 1965 avec le même effectif, elle fournit ensuite des pièces à Peugeot, Talbot, Lotus et Fiat — notamment pour les boîtes de vitesses de la SM.
Souvenir personnel de l'auteur (1989) et fermeture (1992)
Invité le 21 mai 1989 au lancement de la Citroën XM dans cette usine, l'auteur (non encore passionné de Panhard à l'époque, donc sans réflexe de collecte de témoignages) raconte avoir lui-même démarré un modèle bordeaux exposé, clés sur le contact, provoquant un attroupement amusé. L'usine ferme définitivement en juin 1992 ; les bâtiments côté rue sont détruits (remplacés par une enseigne Metro), ceux côté canal aussi (magasin discount). Seuls subsistent les bâtiments originels à toiture en pans coupés, aujourd'hui divisés en box loués.
Retrouvailles 2024
Le 8 mars 2024, en marge du Salon Champenois du Véhicule de Collection de Reims, une 6DS type X71 de juillet 1936 (moteur sans soupapes 4,1L, plus de 1500km/an parcourus) est ramenée sur le site même où certaines de ses pièces furent fabriquées, 88 ans plus tôt.
Complément (12/09/2026) : la répartition des trois usines Panhard & Levassor
Le site du club Les Doyennes Panhard & Levassor (doyennes-panhard-levassor.fr, page « Les Usines », crawlé pour la première fois le 12/09/2026 — jusqu'ici le corpus ne s'appuyait que sur des sources le citant sans être le club lui-même) situe cette usine de Reims dans une répartition du travail à trois sites propre à la firme :
- Orléans (ex-usine Delaugère et Clayette, rachetée) : fabrication des carrosseries.
- Reims : fabrication puis usinage de certaines pièces mécaniques (fonderie, usinage de vilebrequins et de pièces de boîtes de vitesses) — cohérent avec le détail déjà donné ci-dessus.
- Paris (avenue d'Ivry) : assemblage final, finition et livraison des véhicules.
Cette répartition figurait à l'époque directement sur les bidons d'huile Panhard, selon le club. Les anciennes usines de l'avenue d'Ivry à Paris sont aujourd'hui réhabilitées en bureaux.
Voir aussi
- Site source
- jeromecollignon.blog4ever.com
- Auteur du site
- Jérôme Collignon
- Date d'extraction
- 11 sept. 2026