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§ 12 · Culture documentation

La Peugeot 404 à l'East African Safari Rally — palmarès et récits d'épreuve

Peugeot 404 · 6 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une épreuve né du couronnement d'Elizabeth II

Créé en 1953 sous le nom de « Coronation Safari » pour commémorer le couronnement de la reine Élisabeth II, ce rallye prend ensuite le nom d'East African Safari après l'indépendance du Kenya, pour des raisons politiques évidentes. Le principe reste constant sur toute la période : un départ de Nairobi, deux étapes distinctes (l'une vers l'Ouganda, l'autre vers le Tanganyika, futur Tanzanie), environ 3 000 miles parcourus en cinq jours, majoritairement sur pistes non revêtues. Jusqu'en 1962, l'épreuve reste dominée par des équipages et véhicules allemands ; les pilotes étrangers y réussissent en général moins bien que les équipages locaux, rompus aux conditions extrêmes du terrain. À partir de 1963, le Safari intègre le tout nouveau trophée du Championnat du Monde des rallyes pour constructeurs (RAC), aux côtés du Shell 4000 canadien, du Marathon de la Route Liège-Sofia-Liège, du Rallye du Soleil de Minuit et du RAC Rally britannique.

Le palmarès de la 404 (classement général)

Les sources recoupées convergent sur quatre victoires au classement général : 1963, 1966, 1967 et 1968 — voir le détail édition par édition ci-dessous. Peugeot n'est officiellement engagé en usine que de façon indirecte : les 404 africaines sont préparées par l'importateur local Tanganyika Motors ou Marshalls (importateur au Kenya), voire par des équipages privés (« corsaires »).

⚠️ Divergence documentée sur le résultat 1961 : la source mecanicus.com, dans son seul tableau de synthèse (mais pas dans son récit détaillé), revendique une 1ʳᵉ place au classement général dès 1961. Deux autres sources contredisent ce chiffre de façon concordante : parisbalade.fr ne mentionne pour 1961 qu'une victoire de catégorie, et ixocollections.com (magazine du fabricant de miniatures IXO, sourcé sur les archives photographiques Peugeot) précise que la 404 fait ses débuts au Safari en 1961 et n'y termine que 3ᵉ de sa catégorie — loin d'une victoire, toutes catégories confondues. Voir sources/verification-croisee.md pour le détail de cette divergence, non tranchée à ce stade par les sources consultées.

1961-1962 : les débuts, sans victoire au général

La 404 débute au Safari en 1961, où elle ne termine que 3ᵉ de sa catégorie. Dès 1962, l'équipage Zbigniew Nowicki - Paddy Cliff — qui s'illustrera par la suite à deux reprises — termine 2ᵉ au classement général, offrant à Peugeot le classement par équipe (trophée constructeurs).

1963 : la première victoire au général, dans le chaos

Huit équipes Peugeot sont engagées, sur un parcours de 3 189 miles à travers Kenya, Ouganda et Tanganyika. Une pluie diluvienne dès le départ élimine une Volkswagen et une 403 ; six autres abandons rapides suivent. Le Suédois Erik Carlsson (vainqueur du Monte-Carlo, sur Saab 92) mène la course jusqu'à un choc avec un oryctérope (fourmilier géant) qui détruit sa suspension avant, l'écartant définitivement de la victoire. Sur les 7 voitures encore en course à l'arrivée (contre 43 au départ de la mi-course à Nairobi), la victoire finale revient à l'équipage kényan Nick Nowicki - Paddy Cliff sur 404, devant une Ford Anglia, une Mercedes-Benz 220 SEb, une Fiat 2300, une seconde 404 (Lionnet-Philip) et une Peugeot 403.

1964-1965 : deux éditions moins favorables

En 1964, Ford UK mène un assaut majeur sur l'épreuve ; une Cortina GT l'emporte, l'équipage Bert Shankland - Ken Kassum se contentant pour Peugeot d'une victoire de catégorie D, largement saluée par la presse de l'époque selon ixocollections.com. En 1965, dans une édition moins internationale (dominée par Ford et neuf Citroën DS19), ce sont les héros locaux kényans Joginder et Jaswant Singh qui l'emportent sur Volvo 544 ; l'équipage Ian Jaffray - Simon Bathurst offre à Peugeot une belle 2ᵉ place générale sur 404 Injection, et la marque remporte de nouveau la coupe des constructeurs.

1966 : le début du triplé, sous des trombes d'eau

Peugeot est bien représenté parmi les 88 engagés. Les 404 Injection de Bert Shankland et Chris Rothwell prennent la tête dès le départ. Les conditions extrêmes (pluie continue, boue profonde) éliminent de nombreux concurrents, dont plusieurs Peugeot elles-mêmes : l'eau boueuse s'infiltre par l'orifice de jauge à huile, alors situé très bas sur le bloc-moteur — un défaut identifié à cette occasion précise (voir La réputation d'increvabilité de la 404 — un argument marketing devenu réalité pour la correction apportée dès le millésime suivant). Shankland-Rothwell l'emportent néanmoins grâce à un travail d'imperméabilisation particulièrement soigné avant le départ. Le vainqueur résume l'épreuve : « Nous avons roulé dans la boue pendant des centaines de milles à la fois. À certains endroits, notre voiture nageait dans plus d'un mètre d'eau. »

1967 : la victoire la plus documentée, face à l'armada Ford

Ford engage ou soutient 21 équipages (dont 3 Lotus Cortina) face à 12 Peugeot 404 Injection, 2 404 à carburateur et 6 Peugeot 204 — 93 engagés au total, sur une édition disputée au sec (poussière plutôt que boue). Les Suédois Soderstrom-Palm (Ford Cortina GT) mènent trois jours durant, avant qu'une erreur de navigation ne les envoie dans une zone de travaux pourtant signalée, détruisant leur suspension. Shankland-Rothwell, réguliers, héritent de la première place sur leur 404 Injection, devançant deux Cortina. Sur les 49 concurrents ayant terminé l'épreuve (contre 93 au départ), le bilan Peugeot est éloquent : 11 des 12 404 Injection engagées terminent la course (contre seulement 9 des 21 Ford), et les cinq premières places comptent trois 404 Injection.

1968 : le triplé complet

Victoire au classement général de l'équipage Paddy Cliff - Zbigniew Nowicki, sur une 404 à injection — la même paire de pilotes, dans l'ordre inverse des rôles, qu'en 1963.

Une préparation adaptée, mais des bases de série

Les 404 alignées au Safari restent des berlines de série, à conduite à droite (marché oblige, ces pays étant d'anciennes colonies britanniques), auxquelles sont apportées des modifications ciblées : garde au sol rehaussée et renforts de structure, sans dénaturer la mécanique d'origine — une préparation somme toute mesurée, cohérente avec l'image de simplicité robuste du modèle plutôt que celle d'une voiture de compétition pointue (voir La réputation d'increvabilité de la 404 — un argument marketing devenu réalité).

Une histoire qui commence avec la 203 et se prolonge avec la 504

Le succès de la 404 au Safari s'inscrit dans une histoire de marque plus longue sur le continent africain : la Peugeot 203, dès l'immédiat après-guerre, s'illustre au Rallye Le Cap-Alger (1951), au Tour d'Algérie (1954), au Rallye du Maroc (1955) et au Rallye du Sénégal (1958), ainsi qu'au Safari lui-même (victoires de catégorie en 1954 et 1959) ; la 403 qui lui succède ne décroche en comparaison que des victoires de catégorie. Selon ixocollections.com, Peugeot remporte au total le Safari sept fois entre 1963 et 1978 — soit une édition sur deux pendant quinze ans — un chiffre qui n'est cohérent avec les quatre victoires 404 (1963, 1966-1968) qu'en y ajoutant les victoires ultérieures de sa remplaçante directe, la 504, notamment en 1975 et 1978 (voir Le déclin de la 404 et la relève par la Peugeot 504) : la légende de robustesse construite par la 404 se transmet ainsi directement, palmarès à l'appui, au modèle suivant.

Une réputation construite dans la durée

Au-delà du seul Safari, la 404 s'illustre sur d'autres rallyes africains (Rallye du Nil, Rallye d'Ouganda — voir Le palmarès rallye de la Peugeot 404 au-delà du Safari (1960-1969) pour le détail complet, épreuve par épreuve et année par année, toutes compétitions confondues). C'est ce palmarès répété, sur l'épreuve reconnue comme l'une des plus destructrices du calendrier mondial, qui explique la place centrale du Safari dans la légende de robustesse du modèle — voir la synthèse dans La réputation d'increvabilité de la 404 — un argument marketing devenu réalité.

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Provenance de cette fiche
Site source
mecanicus.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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