L'épisode Muhammad Ali — une Puma pour l'Arabie saoudite, via une improbable « Ali Vehicle Industry »
Un projet né dans la période la plus trouble de l'histoire de la marque
Peu avant la reprise de la licence Puma par Alfa Metais (voir Treize années de sursis dans le Paraná — Araucária puis Alfa Metais (1986-1999)), l'entreprise Araucária — alors aux commandes de la marque — s'associe à un projet d'exportation pour le moins inattendu, rapporté en détail par Lexicar Brasil à partir du témoignage du journaliste brésilien Roberto Nasser.
Une chaîne d'intermédiaires improbable
À l'initiative du représentant de Puma aux États-Unis, un projet voit le jour impliquant l'ancien champion du monde de boxe Cassius Clay, devenu Muhammad Ali après sa conversion à l'islam, comme investisseur. L'objectif : produire, à partir du cabriolet P-018 (voir Le déclin — crise économique, incendies, inondations et faillite (1980-1985)), une version modifiée et particulièrement luxueuse, destinée à l'exportation vers les pays du Moyen-Orient. Le plan initial prévoyait une triangulation commerciale coûteuse et complexe : la voiture devait transiter par les États-Unis, où elle recevrait moteur, transmission et freins d'une Porsche 911, avant de repartir vers les pays arabes. Une coentreprise est constituée à cet effet sous le nom The Ali Vehicle Industry, réunissant Araucária, Cassius/Ali et l'importateur américain, avec un objectif commercial ambitieux de 1 440 véhicules.
Le nom « Al Fassi »
Le nom donné au projet, selon Lexicar Brasil, dérive de celui d'un investisseur saoudien associé à l'opération, un certain al-Fassi — d'où le baptême du modèle « Al Fassi ». Wikipédia (pt), de son côté, rapporte une version légèrement différente de l'épisode sous le nom « Alaface », évoquant la visite au Brésil de Muhammad Ali lui-même et l'intérêt affiché par l'un de ses associés, un investisseur saoudien nommé « Muhammad al-Fassi », pour la revente de modèles Puma aux États-Unis, avec une commande spécifiant plus de 200 modifications par rapport au modèle de série (nouveaux phares rectangulaires, garnissage en bois précieux). Les deux versions s'accordent sur le nom de famille « al-Fassi » à l'origine du baptême du modèle et sur l'implication de Muhammad Ali, mais divergent sur le rôle exact joué par chacun des protagonistes et sur la mécanique finalement envisagée (voir sources/verification-croisee.md).
Un projet qui tourne court
Dans les faits, la triangulation via les États-Unis et la mécanique Porsche 911 initialement envisagées ne voient jamais le jour : deux exemplaires seulement sont produits au Paraná, envoyés en Arabie saoudite avec leur moteur boxer Volkswagen de série (1,7 litre, 75 ch) plutôt qu'avec la mécanique Porsche promise. En quelques mois, Cassius/Ali se retire du projet, qui s'effondre — une troisième carrosserie, moulée mais jamais achevée, reste comme seul témoin matériel de cette aventure avortée. Selon Wikipédia (pt), des problèmes juridiques liés à l'avocat de Muhammad Ali auraient précipité l'abandon du projet.
Un épisode révélateur du désarroi de la fin des années 1980
Au-delà de son caractère rocambolesque, cet épisode illustre bien la nature des projets, souvent démesurés au regard des moyens réels de l'entreprise, que Puma multiplie durant sa période la plus critique — une caractéristique déjà relevée pour d'autres initiatives avortées de la même période, comme le projet de mini-voiture Daihatsu Cuore (voir Au-delà des sportives — cabines de camion, poids lourds Puma et le rêve avorté du Mini-Puma).
Voir aussi
- Site source
- Lexicar Brasil / Wikipédia (pt)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://www.lexicarbrasil.com.br/puma-i/ ↗
- Le déclin — crise économique, incendies, inondations et faillite (1980-1985)Puma GT · Histoire et modèles
- Au-delà des sportives — cabines de camion, poids lourds Puma et le rêve avorté du Mini-PumaPuma GT · Histoire et modèles
- Treize années de sursis dans le Paraná — Araucária puis Alfa Metais (1986-1999)Puma GT · Histoire et modèles