Treize années de sursis dans le Paraná — Araucária puis Alfa Metais (1986-1999)
Une marque, deux repreneurs successifs
Au lendemain de la faillite de Puma Indústria de Veículos S.A. (voir Le déclin — crise économique, incendies, inondations et faillite (1980-1985)), les moules, l'outillage et les droits de fabrication des automobiles et des camions sont rachetés par Araucária S.A. Indústria de Veículos, entreprise paranaense qui compte relancer la production à Curitiba. Cette première reprise se révèle de courte durée : dès 1988, incapable de gérer l'affaire, Araucária transfère à son tour la licence à Alfa Metais Veículos Ltda., également basée à Curitiba, entreprise du secteur des pièces automobiles dirigée par l'homme d'affaires Nívio de Lima. La chronologie précise de ces deux transferts diverge sensiblement selon les sources consultées (voir sources/verification-croisee.md) : Wikipédia situe le rachat par Araucária en 1987 et celui d'Alfa Metais en 1988, tandis que Lexicar Brasil évoque plutôt une cession dès 1985.
Araucária : le baptême « ASA » (1986-1988)
La production reprend en 1986 à Curitiba à partir de l'important stock de carrosseries déjà moulées, hérité de l'ancienne usine de São Paulo. Vingt-deux GTB sont ainsi achevés, rebaptisés ASA, avec la mécanique Chevrolet 4,1 litres (126 ch) inchangée, à l'exception de nouvelles poignées de porte reprises de l'Opala. Trente-deux carrosseries de cabriolet GTC sont également vendues en kit pour montage sur plateforme Brasília. Les ambitions affichées pour 1987 sont considérables sur le papier (création de 5 400 emplois, nouveaux modèles à mécanique Chevrolet Monza, projet de monospace « Pumavan », voiture urbaine à mécanique Citroën argentine) mais aucune ne se concrétise.
L'épisode Muhammad Ali
C'est durant cette période troublée que se noue l'un des épisodes les plus rocambolesques de l'histoire de la marque, impliquant le boxeur Muhammad Ali et un investisseur saoudien — détaillé dans L'épisode Muhammad Ali — une Puma pour l'Arabie saoudite, via une improbable « Ali Vehicle Industry ».
Alfa Metais : la dernière génération (1988-1999)
Reprenant la licence en 1988, Alfa Metais relance la production sous de nouveaux sigles : le P-018 (voir Le déclin — crise économique, incendies, inondations et faillite (1980-1985)) devient l'AM1 (coupé) et l'AM2 (cabriolet), avec quelques retouches esthétiques (poignées Opala, réservoir déplacé). Puis, en 1989, l'AM3 abandonne enfin le vieux moteur boxer refroidi par air au profit du moteur à quatre cylindres en ligne refroidi par eau AP 1600 de Volkswagen (le même bloc que la Gol), monté sur un nouveau châssis tubulaire intégré à une carrosserie monobloc en fibre de verre allongée de 10 cm — voir le détail technique dans L'évolution des cylindrées du flat-4 Volkswagen chez Puma (1493 à 2100 cm³). L'AM4, motorisé par l'AP 1800 du Volkswagen Santana, en constitue l'évolution ultime, tandis que le AMV perpétue la lignée GTB à moteur Chevrolet 4,1 litres, avec sellerie Recaro et nouvelles jantes. Au total, Alfa Metais produit environ 200 automobiles jusqu'en 1993, dont près des trois quarts d'AMV.
La fin, en deux temps
En 1990, un associé majeur de l'entreprise, Nívio de Paula, meurt dans un accident de la route, aggravant encore la situation financière de la société. La production d'automobiles de sport s'arrête en 1993 (le dernier exemplaire vendu sous la marque Puma, un AM4 Spyder, l'est en 1995) ; Alfa Metais se recentre alors exclusivement sur les carrosseries d'autobus et de camions, activité qu'elle poursuit jusqu'en 1999, année où les droits de la marque Puma reviennent formellement à Puma Indústria de Veículos S.A. En 1995, Ford of Europe rachète séparément les droits de la marque Puma pour l'Europe (voir Quand Ford rachète le nom Puma — un partage de marque resté circonscrit à l'Europe (1995)), tandis que les droits pour les Amériques restent la propriété de la famille Lima.
Voir aussi
- Le déclin — crise économique, incendies, inondations et faillite (1980-1985)
- L'épisode Muhammad Ali — une Puma pour l'Arabie saoudite, via une improbable « Ali Vehicle Industry »
- L'évolution des cylindrées du flat-4 Volkswagen chez Puma (1493 à 2100 cm³)
- Quand Ford rachète le nom Puma — un partage de marque resté circonscrit à l'Europe (1995)
- Le retour — Puma Automóveis Ltda et les prototypes P-052 à P-056 (2013-2022)
- Site source
- Lexicar Brasil / Wikipédia (pt/en)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://www.lexicarbrasil.com.br/puma-i/ ↗
- L'évolution des cylindrées du flat-4 Volkswagen chez Puma (1493 à 2100 cm³)Puma GT · Moteur
- Quand Ford rachète le nom Puma — un partage de marque resté circonscrit à l'Europe (1995)Puma GT · Culture documentation
- L'épisode Muhammad Ali — une Puma pour l'Arabie saoudite, via une improbable « Ali Vehicle Industry »Puma GT · Culture documentation
- Le déclin — crise économique, incendies, inondations et faillite (1980-1985)Puma GT · Histoire et modèles
- Le retour — Puma Automóveis Ltda et les prototypes P-052 à P-056 (2013-2022)Puma GT · Histoire et modèles
- Au-delà des sportives — cabines de camion, poids lourds Puma et le rêve avorté du Mini-PumaPuma GT
- Le déclin — crise économique, incendies, inondations et faillite (1980-1985)Puma GT
- Identifier une Puma — numéros de série, la particularité des moteurs Chevrolet et absence de registre centralPuma GT
- Une rupture technique totale — du deux-temps trois cylindres au flat-4 Volkswagen refroidi par airPuma GT
- Points de vigilance à l'achat — ce que l'histoire mouvementée de Puma impose de vérifierPuma GT
- L'épisode Muhammad Ali — une Puma pour l'Arabie saoudite, via une improbable « Ali Vehicle Industry »Puma GT
- Trois plateformes pour une carrosserie — châssis DKW, puis Karmann-Ghia, puis BrasíliaPuma GT
- Puma GTB — le « muscle-car » brésilien à mécanique Chevrolet Opala (1972-1987)Puma GT