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§ 01 · Histoire et modèles

Les séries spéciales de la Twingo I — de Kenzo à Tattoo

Renault Twingo · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

La politique de gamme unique voulue dès l'origine par Yves Dubreil (voir Yves Dubreil et le « design to cost » — la Twingo pensée comme un modèle unique) n'a pas empêché la Twingo de devenir, au fil de sa carrière, l'un des modèles Renault les plus déclinés en séries limitées : plus d'une cinquantaine de noms se sont succédé entre 1995 et 2012, certains commercialisés dans un seul pays. Loin de contredire l'esprit du projet, cette profusion s'inscrit dans la même logique commerciale : plutôt que de multiplier les options coûteuses à l'année, Renault habille périodiquement la même mécanique de base d'une identité éphémère.

L'anecdote Kenzo — un raté avec Christian Lacroix

La série Kenzo (1995, puis reconduite en 2004 sous le nom Kenzo II) est restée l'une des préférées de l'ancien directeur de projet Yves Dubreil, avec ses sièges à motifs floraux et son foulard en soie assorti offert à l'achat. Son origine tient pourtant d'abord d'un projet avorté : Renault avait initialement noué, par l'intermédiaire de l'agence Publicis, un partenariat avec le couturier Christian Lacroix autour de sa ligne « Bazar », destinée à une clientèle féminine mûre mais enjouée — un positionnement jugé en phase avec l'image de la Twingo. Le projet est abandonné à la demande du directeur financier de la maison Lacroix, inquiet des effets d'une association avec une petite citadine d'entrée de gamme sur l'image de la griffe. Renault reprend alors le même esprit avec la maison Kenzo.

Une profusion de partenariats et de déclinaisons locales

De nombreuses séries associent la Twingo à des marques ou univers extérieurs : United Colors of Benetton (1996, une association dont Dubreil dira a posteriori des réserves sur l'image de la marque de vêtements à cette période), Perrier, L'Oréal (Espagne uniquement), Tintin (Belgique uniquement), ou encore des thèmes plus génériques (Alizée, Elite, Jungle, Metropolis, Initiale en haut de gamme). Plusieurs séries à toit ouvrant en toile, Air puis Sari, mettent en avant l'option de toit découvrable manuel apparue en 1997. La liste complète, qui dépasse la cinquantaine de noms sur l'ensemble de la carrière européenne, comprend une proportion importante de déclinaisons commercialisées dans un seul marché (Allemagne, Italie, Autriche, Pays-Bas, Suisse), signe d'une politique marketing très décentralisée par filiale nationale.

Les dernières séries et l'adieu colombien

La carrière européenne se referme sur la série Collector (2007). En Amérique du Sud, où la production se poursuit jusqu'en 2012 à l'usine colombienne d'Envigado (voir La production internationale de la Twingo I — Flins, Valladolid, Envigado, Taichung, Montevideo), le tout dernier exemplaire produit porte le nom de série Tattoo, une déclinaison aux couleurs vives choisie à l'issue d'un concours de design local — un clin d'œil final à l'identité chromatique qui a défini la voiture depuis son lancement (voir Les couleurs de la Twingo I — une identité chromatique volontairement décalée), sur un total de 43 teintes de carrosserie proposées au cours des vingt années de commercialisation du modèle.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (+ entretien Yves Dubreil, lenouvelautomobiliste.fr)
Date d'extraction
13 sept. 2026
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