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§ 01 · Histoire et modèles

Kragujevac, six ans après — le coût humain du bombardement raconté depuis l'usine

Zastava Zastava · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une ville qui vivait de Zastava

En 2005, la ville de Kragujevac compte environ 200 000 habitants, dont la vie économique reste largement dépendante du complexe Zastava (automobile, métallurgie et armement réunis). La chute est vertigineuse : la production, qui culminait à 200 000 véhicules par an en 1989, tombe à 14 000 unités en 1998, soit 7 % seulement de la capacité de l'usine, avant que le bombardement de l'OTAN des 9 et 11 avril 1999 (les dates données par ce reportage diffèrent légèrement de celles retenues par Wikipédia — 9 et 12 avril —, une divergence mineure consignée dans sources/verification-croisee.md) ne réduise le site à l'état de ruines et ne prive d'emploi les 36 000 salariés restants de Zastava.

Une ville de retraités et de réfugiés

Le reportage décrit une ville où les 36 000 employés de Zastava sont rejoints, dans la détresse économique, par 64 000 personnes à leur charge, 24 000 retraités et une population de réfugiés désormais proche de 10 % du total de la ville — 14 000 réfugiés serbes du Kosovo tout juste arrivés, auxquels s'ajoutent 5 000 réfugiés plus anciens de Croatie et de Bosnie. Le témoignage d'une ouvrière anonyme de l'usine d'armement Namenska, mise en congé forcé, illustre l'ampleur de la chute : d'un salaire mensuel de 1 500 marks allemands avant les guerres de dissolution yougoslave, elle ne perçoit plus, en 2005, qu'environ 25 marks allemands par mois en deux versements inégaux — n'ayant plus mangé de viande depuis un mois au moment de l'entretien, et achetant sa nourriture à crédit sur un carnet tenu par l'épicier du quartier, remboursé grâce aux revenus irréguliers de chauffeur de taxi de son mari.

Les cicatrices matérielles encore visibles

Six ans après les faits, les bâtiments de l'usine restent, selon le reportage, endommagés au-delà de toute réparation simple : murs encore debout mais toiture fondue en coulées d'acier, cratère de 30 mètres de diamètre devant le centre administratif du complexe, centre informatique de Zastava entièrement rasé. Le directeur technique de la centrale électrique, un certain Slobodan Milošević (sans lien de parenté avec le président du même nom), montre aux visiteurs des chaudières sous pression trouées et découpées par des éclats d'obus, réparables en théorie mais faute de financement disponible. Le gouvernement serbe promet alors 60 millions de marks allemands sur cinq mois pour la reconstruction — une somme que la direction de l'usine juge représenter à peine 5 % du montant réel des dégâts qu'elle évalue (voir Avril 1999 — le bombardement de l'OTAN sur le complexe industriel de Kragujevac pour le détail des deux chiffrages disponibles).

Une piste de partenariat avec Peugeot, restée sans suite connue

Fait resté sans postérité identifiée dans ce corpus, le reportage mentionne qu'avant la guerre, Zastava avait signé une lettre d'intention avec le constructeur français Peugeot en vue de relancer sa production automobile — accord dont les termes n'ont jamais été rendus publics et dont on ne trouve pas trace d'aboutissement dans les sources disponibles sur la suite de l'histoire de l'usine (voir 2005-2008 — la Zastava 10, dernier sursaut, puis la fin de la marque et le rachat par Fiat, qui documente l'accord finalement conclu, trois ans plus tard, avec Fiat).

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Provenance de cette fiche
Site source
iwpr.net
Date d'extraction
12 sept. 2026
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