1959-1960 — la première tentative de l'El Camino, née en réplique au Ford Ranchero
Le Ford Ranchero a bien deux ans d'avance
Contrairement à une confusion parfois entretenue sur l'antériorité des deux modèles, toutes les sources consultées sont formelles : c'est Ford qui ouvre le segment américain du « coupé utilitaire » avec le Ranchero, lancé en 1957 sur la base de sa gamme pleine grandeur. Le concept lui-même n'est pas une invention nord-américaine : il descend directement des « utes » australiens, une carrosserie mise au point par le styliste Ford australien Lew Bandt dès 1934 à la demande, selon la légende de la marque, d'une fermière de l'État de Victoria souhaitant un véhicule capable de « l'emmener à l'église le dimanche et de transporter ses cochons au marché le lundi ». Chevrolet ne réagit qu'en 1959, avec un El Camino bâti sur la toute nouvelle plateforme B pleine grandeur (base Brookwood/Biscayne), affichant la sellerie du haut de gamme Bel Air et l'habitacle de l'entrée de gamme Biscayne.
Un lancement qui dépasse son rival, un déclin tout aussi rapide
Contre toute attente, l'El Camino déloge immédiatement le Ranchero de sa position dominante sur ce millésime précis : 22 246 exemplaires vendus contre 14 169 Ranchero pour la même année-modèle 1959 — Ford ayant alors basculé sa propre gamme sur la nouvelle compacte Falcon. Techniquement très proche d'une Chevrolet pleine grandeur (jusqu'au moteur V8 348 pouces cubes à triple carburateur double corps de 335 ch, ou au V8 283 à injection mécanique Ramjet), l'El Camino se distingue aussi par un plancher de benne en tôle d'acier ondulée plutôt qu'en bois — une première chez Chevrolet. Mais l'engouement retombe aussi vite qu'il est apparu : les commandes chutent d'un tiers dès 1960, à 14 163 exemplaires, pendant que Ford, reparti sur la base Falcon, écoule 21 027 Ranchero la même année. Chevrolet interrompt alors la production de l'El Camino, jugeant le concept mal aligné avec les attentes d'une clientèle familiale de l'époque (capacité de trois personnes à peine, volume de chargement inférieur à celui d'un vrai pick-up) et un marketing resté trop commercial pour convaincre au-delà d'une clientèle professionnelle.
Un intermède Corvair avant le retour sur base Chevelle
Entre l'arrêt de l'El Camino fin 1960 et son retour en 1964, c'est le Chevrolet Greenbrier — un dérivé utilitaire de la gamme Corvair à moteur arrière — qui occupe seul le créneau du « pick-up sur base voiture » chez Chevrolet. Le retour de l'El Camino en 1964 se fait sur des bases entièrement différentes, cette fois sur la toute nouvelle plateforme intermédiaire Chevelle (voir 1964-1972 — le retour de l'El Camino sur base Chevelle, jusqu'au LS6 454).
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Chevrolet_El_Camino ↗
- La conception du plateau El Camino — un « coupé utilitaire » plutôt qu'un pick-upChevrolet Chevelle et El Camino · Carrosserie
- 1964-1972 — le retour de l'El Camino sur base Chevelle, jusqu'au LS6 454Chevrolet Chevelle et El Camino · Histoire et modèles
- La genèse de la Chevelle (1964) — combler le vide entre Chevy II et ImpalaChevrolet Chevelle et El Camino · Histoire et modèles