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§ 11 · Compétition

Sept ans de suprématie sur le sable — la 300 aux Daytona Speed Weeks, 1955-1961

Chrysler 300 (letter series) · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une épreuve de mile lancé sur la plage, avant le circuit

Avant l'ouverture du Daytona International Speedway en 1959, les célèbres Daytona Speed Weeks se déroulaient directement sur le sable dur de la plage de Daytona Beach, en Floride, où les constructeurs et écuries venaient chronométrer leurs voitures sur un mile lancé (« Flying Mile »), généralement mesuré dans les deux sens de circulation pour neutraliser l'effet du vent. La Chrysler 300, dès son année de lancement, y trouve un terrain de démonstration idéal pour asseoir son slogan publicitaire de « voiture de série la plus rapide d'Amérique ».

1955-1957 : trois années, trois records consécutifs

En 1955, la C-300 termine première, deuxième et troisième de l'épreuve du mile lancé, Warren Koechling établissant un nouveau record à 127,58 mph — une valeur reprise à l'identique par l'ensemble des sources consultées (Ate Up With Motor, Allpar, Chrysler 300 Club International), ce qui en fait l'un des chiffres les mieux établis de toute la chronologie de la 300 en compétition. Tim Flock, sur une autre 300, termine second de la course Grand National de Daytona Beach avant d'en être déclaré vainqueur après la disqualification du premier, Fireball Roberts (Buick). En 1956, la 300B améliore ce record : Ate Up With Motor indique 139,549 mph, le Chrysler 300 Club International 139,373 mph — un écart mineur mais documenté, possiblement lié à une différence d'arrondi entre les deux sources. Vicki Wood établit sur la même voiture le record féminin. En 1957, la 300C, testée en configuration strictement de série (contrairement au record officieux obtenu peu avant sur l'anneau privé du Chelsea Proving Grounds, en configuration allégée), établit un nouveau record à 134 mph — voir « America's Most Powerful Car » à l'épreuve de la presse et des chronomètres, 1955-1965 pour la distinction entre ces deux types de records.

1960 : l'apogée organisée par Burton Bouwkamp

L'année 1960 marque le sommet absolu de cette tradition, avec un résultat entièrement préparé et raconté de l'intérieur par l'ingénieur Burton H. Bouwkamp, chargé par Robert Rodger lui-même de planifier l'intégralité de l'opération près d'un an à l'avance. Bouwkamp fait construire cinq 300F spécialement préparées plus un prototype d'ingénierie, recrute leurs propriétaires-pilotes en grande partie par démarchage téléphonique direct auprès d'anciens participants des années précédentes (l'un d'eux, Gregg Ziegler, racontera avoir eu l'impression de « gagner à la loterie » en recevant cet appel), et supervise leur préparation technique complète — voir L'admission « Cross-Ram » des 300F/300G — un effet de suralimentation sans compresseur pour le détail des modifications moteur. Le résultat dépasse toutes les attentes : les 300F raflent les six premières places du classement général et les sept premières de leur catégorie, Gregg Ziegler établissant la meilleure marque à 143,9 mph, devant Brewster Shaw à 1,5 mph près. Une anecdote savoureuse illustre l'état d'esprit amateur mêlé à la rigueur de préparation de l'époque : Bud Fauble, directeur commercial d'un concessionnaire de Pennsylvanie venu participer en famille pour un voyage combinant Daytona et Cuba (avant la révolution castriste), n'est autorisé à piloter le prototype d'ingénierie de Bouwkamp qu'à la condition expresse de se retirer discrètement s'il finissait par gagner — afin de ne pas priver de leur victoire légitime les propriétaires ayant payé pour leur propre voiture. Sur le plan de l'accélération pure, la meilleure marque de l'année (88,2 mph pour Brewster Shaw) reste néanmoins battue de loin par une mystérieuse Pontiac de catégorie 6 pilotée par Bob Pemberton à 93,8 mph — une performance jamais reproduite les années suivantes et dont Allpar souligne elle-même le caractère resté inexpliqué.

1961 : le dernier record, puis la fin d'une époque

La 300G établit en 1961 un ultime record à 143 mph selon le Chrysler 300 Club International (144 mph selon la synthèse d'Allpar). C'est la dernière année où les essais de vitesse se déroulent sur le sable de Daytona Beach : dès 1962, cette tradition s'interrompt définitivement, remplacée par d'autres formats d'épreuves sur le circuit permanent inauguré en 1959 — refermant, la même année que le lancement de la « Sport Series » diluant la lignée à lettre (voir 1962 — la 300H et le lancement de la « Sport Series » : le début de la dilution), un second chapitre fondateur de l'image de la 300.

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Provenance de cette fiche
Site source
allpar.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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