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§ 01 · Histoire et modèles

1962 — la 300H et le lancement de la « Sport Series » : le début de la dilution

Chrysler 300 (letter series) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

La fin des ailerons, la fin d'une exclusivité

1962 marque un tournant esthétique pour toute la gamme Chrysler : les ailerons arrière, signature stylistique de Virgil Exner depuis 1956, disparaissent d'un coup. Mais le changement le plus lourd de conséquences pour l'avenir de la lignée n'est pas stylistique : il est commercial. Chrysler lance cette année-là une nouvelle « 300 Sport Series » dépourvue de lettre, positionnée entre la Newport et la New Yorker, en lieu et place de la Windsor supprimée (elle-même avait recueilli l'année précédente l'héritage de la Saratoga, elle-même récupérant peu avant la place laissée vacante par la disparition de la marque DeSoto). Cette nouvelle 300 « ordinaire » partage l'essentiel de sa carrosserie avec la 300H « à lettre », dont elle ne se distingue extérieurement que par l'absence du badge « H » sur les ailes arrière — l'écart se jouant surtout à l'intérieur, où la Sport Series reçoit des banquettes avant et arrière (comme la Newport) quand la 300H conserve les sièges baquets avant et arrière avec console pleine longueur.

Une 300H plus légère, mais déjà moins exclusive

Techniquement, la 300H bénéficie du empattement raccourci de 122 pouces désormais partagé avec la Newport et la Dodge Custom 880, ce qui lui fait perdre environ 135 kg par rapport à la 300G — combiné à une légère hausse de puissance du V8 413 ci, elle affiche le meilleur rapport poids/puissance de la lignée à cette date. L'admission « Cross-Ram » devient optionnelle plutôt que systématique, le moteur de base revenant à la configuration à double carburateur en ligne de la 300E ; une version « short ram » à 405 ch existe en option, le plus souvent montée par les concessionnaires plutôt qu'en usine. C'est également la dernière année du tableau de bord « AstraDome », abandonné dès le millésime suivant.

Le paradoxe qui scelle le sort de la lignée

Le problème pour Chrysler n'est pas que la 300H se vende mal dans l'absolu, mais que la quasi-totalité de ses équipements distinctifs — moteur, suspension, freins, boîte — puisse désormais s'obtenir en option sur la Sport Series, à un tarif inférieur et sans les contraintes de la version à lettre (sièges baquets obligatoires, prix de base plus élevé). Ce mécanisme, documenté explicitement par Wikipédia EN et par Allpar, explique la chute sensible des ventes de la 300H, confirmée par les trois sources consultées mais avec des écarts non négligeables sur le détail : le Chrysler 300 Club International et Allpar convergent sur 435 coupés et 123 cabriolets (558 exemplaires), quand Wikipédia EN indique 435 coupés mais 135 cabriolets, soit 570 au total — un écart de douze unités sur le seul chiffre des cabriolets. Dans tous les cas, il s'agit à l'époque du plus bas total de vente jamais enregistré par la lignée à lettre, un record de faiblesse qui ne durera cependant qu'un an, la 300J de 1963 faisant encore moins bien.

Le mécanisme de la dilution, documenté sur toute la décennie

Ce lancement de 1962 inaugure un mécanisme de dilution commerciale qui va s'amplifier tout au long des années 1960 : la 300 « ordinaire », d'abord simple gamme parallèle, va progressivement absorber l'essentiel du prestige et des équipements de la lignée à lettre jusqu'à la rendre commercialement superflue en 1965 — voir le récit complet de cette trajectoire dans La 300 « sans lettre » (1962-1979) — comment le nom a survécu à sa propre exclusivité. Le tarif de la 300H recule d'ailleurs légèrement par rapport à 1961 (5 090 $ pour le coupé), signe que Chrysler tente déjà, sans succès décisif, de contenir l'érosion des volumes par le prix plutôt que par l'exclusivité.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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