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§ 01 · Histoire et modèles

Le lancement de la SM au Salon de Genève 1970 — « Sa Majesté » fait sensation

Citroën SM · 1970–1975 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un dévoilement soigneusement mis en scène

La Citroën SM est officiellement présentée au public en mars 1970, au Salon international de l'automobile de Genève. Citroën, coutumier d'un secret quasi total durant toute la gestation d'un nouveau modèle, distille dans les mois précédents des bribes d'informations savamment dosées à la presse spécialisée, entretenant les hypothèses les plus diverses sur l'apparence et la fiche technique exacte du futur coupé. La documentation de présentation d'époque revendique sans détour l'ambition du projet : réunir pour la première fois « le grand luxe uni à la grande vitesse, les performances sportives alliées au confort, la sécurité ajoutée au raffinement », le tout dans un langage stylistique qui renoue avec la tradition des grands carrossiers français d'avant-guerre construisant leurs bolides à l'unité.

D'où vient le nom SM

Le sigle accole le « S » du Projet S initial (voir Genèse de la SM — du Projet S de 1961 à l'échec coûteux du Projet F) et le « M » de Maserati, affichant sans ambiguïté la double filiation technique de la voiture. Le succès médiatique est immédiat : la presse et le public surnomment très vite le coupé « Sa Majesté », un clin d'œil à la fois au sigle SM et au caractère résolument haut de gamme de la voiture, tandis que certains journalistes la qualifient de « Concorde de la route », en écho à l'aéronef supersonique franco-britannique alors en plein développement et à la silhouette aérodynamique de la SM elle-même (voir Le design de Robert Opron — une carrosserie sculptée par le vent).

Un accueil critique triomphal

L'accueil de la presse automobile est unanimement enthousiaste. André Costa, journaliste vedette de L'Auto-Journal, publie dès décembre 1970 un banc d'essai complet : d'abord dérouté par la direction DIRAVI (voir La direction DIRAVI — née sur la SM, l'invention de Paul Magès), il se déclare conquis après 2 000 km au volant. L'Automobile Magazine organise de son côté un comparatif face à la Mercedes 280 SE 3,5, la Fiat Dino 2400 et la Porsche 914/6, concluant que la SM propose « un nouvel art de conduire » (voir La SM face à sa concurrence — comparatifs de presse et Voiture de l'année 1971). Jacques Duval, dans Le Guide de l'auto 1972, ouvre son essai par la formule « Citroën réinvente l'automobile », saluant un confort de roulement qui éclipse selon lui toutes les autres voitures de l'époque.

Un tarif de lancement déjà élevé

Le prix de lancement de la SM avoisine les 46 000 francs, soit environ deux fois et demie le tarif d'une DS 21 — un positionnement délibérément haut de gamme qui la rapproche des grandes GT européennes et américaines importées, sans toutefois atteindre les sommets tarifaires d'une Maserati ou d'une Ferrari de la même époque.

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Provenance de cette fiche
Site source
projet-s.fr ; retropassionautomobiles.fr (Philippe Roche)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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