Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

De l'usine d'aviation de guerre à l'usine automobile — Colibași devient Mioveni (1966-1968)

Dacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · 1969–2006 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le site industriel qui deviendra l'usine Dacia a une histoire bien antérieure à l'automobile. Dès 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale, les autorités roumaines font construire dans le petit village de Colibași, à une dizaine de kilomètres au nord de Pitești, des bâtiments destinés à la fabrication de moteurs et d'équipements pour avions (usine dite « Vasile Tudose »). Après-guerre, ces bâtiments en briques rouges connaissent plusieurs reconversions successives : dépôt de munitions, puis, à partir de 1949, ateliers de réparation de locomotives, avant de fabriquer, dès 1952, des pièces mécaniques pour des camions soviétiques et des tracteurs agricoles. En 1963, le site est renommé UPAC (Usine de Production de Pièces Automobiles Colibași) et emploie environ 4 300 salariés en 1965.

Le choix du site et le lancement des travaux

Le 16 septembre 1966, dix jours après la signature du contrat-cadre avec Renault (voir 1965-1966 — comment la Roumanie de Ceaușescu choisit Renault plutôt que Fiat, Peugeot ou Austin), les autorités roumaines décident de bâtir la future usine automobile directement en face des bâtiments existants de l'UPAC, afin de mutualiser les infrastructures déjà en place. La nouvelle entité, chargée de l'assemblage des véhicules, prend le nom d'UAP (Uzina de Autoturisme Pitești, « Usine automobile de Pitești »). Le contrat de fourniture des équipements nécessaires à l'assemblage est signé le 1ᵉʳ juin 1967 : Renault livre l'outillage et forme sur place les premiers ouvriers roumains, en partie rémunéré par la Roumanie sous forme de livraisons de boîtes de vitesses et de trains avant/arrière destinés à la Renault Estafette produite en France (23 000 véhicules français ainsi équipés).

Un chantier mené « en un temps record »

Les travaux de construction débutent au début de l'année 1967 et s'achèvent dès mai 1968, sous la supervision de cadres Renault — plusieurs sources qualifient ce délai de « temps record » compte tenu du niveau d'équipement industriel de la Roumanie de l'époque. Les essais à blanc des 217 postes de travail commencent le 1ᵉʳ juillet 1968, puis les tout premiers véhicules de pré-série (des Dacia 1100, copies de la Renault 8, en attendant l'arrivée de la future Renault 12) sortent des chaînes le 3 août 1968. L'inauguration officielle a lieu le 20 août 1968, en présence de Nicolae Ceaușescu lui-même, qui prend le volant d'une Dacia 1100 pour l'occasion — image qui deviendra l'une des plus reproduites de l'histoire de la marque. Les deux entités UPAC et UAP fusionnent en 1969 pour former Automobile Dacia Pitești.

Une usine, deux noms

Le complexe industriel s'étend, dans sa configuration originelle, sur plusieurs centaines d'hectares regroupant emboutissage, carrosserie, peinture, montage et une usine de mécanique produisant moteurs et boîtes de vitesses. Le village de Colibași, qui a donné son nom au site à ses débuts, est aujourd'hui intégré à la ville de Mioveni, distincte de Pitești (à une vingtaine de kilomètres) mais souvent confondue avec elle dans la documentation occidentale, qui parle indifféremment d'« usine de Pitești » ou d'« usine de Mioveni » pour désigner le même site.

Une affirmation du brief de recherche non confirmée

Le mandat initial de cette recherche mentionnait une participation de Citroën à la construction de l'usine, via des « compresseurs de la Saviem ». Aucune des sources consultées (associations d'histoire Renault, Wikipédia français et anglais, Renault Group, presse spécialisée) ne corrobore ce point : Saviem est bien une filiale de poids lourds de Renault (sans lien capitalistique avec Citroën à cette époque), mais aucune trace d'un rôle de Citroën dans l'équipement du site de Colibași n'a été trouvée. La véritable implication de Citroën en Roumanie est un projet distinct, postérieur d'une décennie et localisé dans une tout autre ville : l'usine Oltcit de Craiova (voir Oltcit — le rival domestique de Dacia, né du refus roumain de la Renault 5). Ce point est à considérer comme un gisement non confirmé plutôt que comme un fait établi.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org, renaultgroup.com, sites.google.com (Association Renault Histoire)
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci