1983-1991 — trois moteurs, trois noms, comment Dacia a fait durer la même caisse
Faute de moyens financiers pour développer un modèle entièrement nouveau, Dacia choisit, tout au long des années 1980, de décliner sa berline unique en une multitude de versions distinguées surtout par leur motorisation — une stratégie de survie plus que d'innovation, mais qui permet à la marque de présenter, chaque année ou presque, une nouveauté à son catalogue.
1983-1984 : la naissance de la fratrie 1210/1310/1410
Le restylage de 1983 (présenté pour le millésime 1984 à la Foire internationale de Bucarest, TIB, d'octobre 1983) introduit une numérotation qui deviendra la marque de fabrique de la gamme jusqu'à la fin de sa carrière : le chiffre central du nom du modèle correspond directement à la cylindrée du moteur qui l'équipe. La Dacia 1210, positionnée en entrée de gamme, reçoit un moteur de 1 178 cm³ dont la puissance est diversement rapportée selon les sources (42 ou 48 chevaux) ; la 1310 conserve le 1 289 cm³ de 54 chevaux hérité de la Renault 12 ; la 1410 reprend le bloc de 1 397 cm³ développé pour le coupé Sport, ici crédité de 62 à 65 chevaux selon les sources et les années. Sur le plan esthétique, ce restylage ajoute un becquet de coffre, une nouvelle calandre et des optiques retouchées. La gamme se structure alors en pas moins de huit niveaux de finition distincts (MS, MLS, S, TL, TX, TLX, TLE...), chacun associé à un habillage et un niveau d'équipement précis — jusqu'à la couleur et le dessin des poignées de porte.
1987 : le pari manqué du hayon
En 1987, Dacia tente une diversification de carrosserie avec le lancement de la 1320, une berline cinq portes à hayon directement inspirée du dessin de la Dacia 2000 (voir 1320 puis Liberta — l'échec persistant du hayon face à la berline tricorps pour le détail de cette tentative et de son insuccès commercial, la clientèle d'Europe de l'Est continuant à préférer très largement les carrosseries tricorps classiques).
1988 : l'arrivée du diesel
C'est en 1988 que la gamme 1310 s'ouvre pour la première fois à une motorisation Diesel, fournie par un partenariat avec Volkswagen : un quatre cylindres turbocompressé de 1,6 litre développant environ 70 chevaux, identique à celui que l'on trouve alors sous le capot de la Golf allemande (voir Volkswagen, Peugeot puis Renault — la gamme Diesel de la 1310 a changé trois fois de fournisseur pour l'ensemble de la lignée Diesel de la gamme, qui évoluera ensuite vers des motorisations Peugeot puis Renault).
1990-1991 : la chute du régime rattrape la gamme
Le restylage suivant, mené en 1990 ou 1991 selon les sources, coïncide avec la chute du régime de Ceaușescu (voir 1989-1998 — Dacia orpheline de l'État, dix ans à chercher un repreneur occidental). Il abandonne les pare-chocs, calandre et entourages de phares en plastique noir hérités du restylage précédent — jugés a posteriori peu réussis sur le plan esthétique — au profit d'une face avant à phares carrés plus conforme aux tendances occidentales du moment, de pare-chocs peints de la couleur de la carrosserie et, sur certaines versions, de feux antibrouillard. C'est également à cette période que la version à hayon, jusqu'alors commercialisée sous le nom 1320, est rebaptisée 1325 Liberta.
1995 : la Nova, une remplaçante qui n'en est pas vraiment une
C'est seulement en 1995 que Dacia parvient à lancer un modèle réellement nouveau, la Nova — projet retardé de plusieurs années par les difficultés politiques et économiques du pays (voir 1989-1998 — Dacia orpheline de l'État, dix ans à chercher un repreneur occidental) au point d'être déjà techniquement daté à sa sortie. C'est sur cette gamme Nova, puis sur ses évolutions SuperNova et Solenza, qu'apparaît pour la première fois chez Dacia un badge « GTI » (une version à injection plus poussée), et non sur la 1310 elle-même : une précision utile, le mandat de recherche à l'origine de ce dossier mentionnant un « GTI » qu'aucune source consultée n'a permis de rattacher à la lignée 1300/1310 proprement dite. Faute de place suffisante, d'un habitacle jugé trop exigu et d'un prix plus élevé, la Nova ne remplace d'ailleurs jamais réellement la 1310 dans les faits : les deux gammes continuent de cohabiter au catalogue Dacia jusqu'à l'arrivée de la Logan en 2004 (voir 2004-2006 — la fin d'une lignée de 35 ans, un cas de longévité industrielle rare dans l'automobile).
Voir aussi
- 1979 — la 1300 devient 1310 et la Roumanie invente son propre coupé, la Brasovia
- 1320 puis Liberta — l'échec persistant du hayon face à la berline tricorps
- Volkswagen, Peugeot puis Renault — la gamme Diesel de la 1310 a changé trois fois de fournisseur
- 1989-1998 — Dacia orpheline de l'État, dix ans à chercher un repreneur occidental
- De 1 178 à 1 557 cm³ — la gamme complète des moteurs essence de la lignée 1300/1310
- 2004-2006 — la fin d'une lignée de 35 ans, un cas de longévité industrielle rare dans l'automobile
- Site source
- en.wikipedia.org, carjager.com, lautomobileancienne.com, retropassionautomobiles.fr
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Dacia_1310 ↗
- 1320 puis Liberta — l'échec persistant du hayon face à la berline tricorpsDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Carrosserie
- Volkswagen, Peugeot puis Renault — la gamme Diesel de la 1310 a changé trois fois de fournisseurDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Moteur
- 2004-2006 — la fin d'une lignée de 35 ans, un cas de longévité industrielle rare dans l'automobileDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Histoire et modèles
- De 1 178 à 1 557 cm³ — la gamme complète des moteurs essence de la lignée 1300/1310Dacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Moteur
- 1989-1998 — Dacia orpheline de l'État, dix ans à chercher un repreneur occidentalDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Histoire et modèles
- 1979 — la 1300 devient 1310 et la Roumanie invente son propre coupé, la BrasoviaDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Histoire et modèles
- De 1 178 à 1 557 cm³ — la gamme complète des moteurs essence de la lignée 1300/1310Dacia 1300 (Roumanie, 1969-2006)
- 2004-2006 — la fin d'une lignée de 35 ans, un cas de longévité industrielle rare dans l'automobileDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006)
- 1979 — la 1300 devient 1310 et la Roumanie invente son propre coupé, la BrasoviaDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006)
- Une sécurité passive figée en 1969 — freins, trains roulants et l'absence totale d'ABS ou d'airbagDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006)
- 1320 puis Liberta — l'échec persistant du hayon face à la berline tricorpsDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006)