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§ 04 · Carrosserie et carrossiers

Figoni & Falaschi — les sculpteurs italiens du style aérodynamique français

Delahaye et Delage (135, 165, D8) · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Aucun carrossier n'est aussi étroitement associé à l'image de la Delahaye Type 165 que ce duo italo-français, dont l'atelier de Boulogne-sur-Seine a redéfini, le temps d'une décennie, ce qu'une automobile de luxe pouvait avoir l'air de faire : voler plutôt que rouler.

Deux tempéraments complémentaires

Giuseppe Figoni, d'origine italienne, s'installe à Boulogne-sur-Seine dans les années 1920 et s'y fait remarquer par son travail sur des châssis Alfa Romeo et Delage — une première proximité avec l'une des deux marques centrales de ce dossier, bien avant que Delage ne devienne une filiale de Delahaye (voir Le rachat de Delage par Delahaye en 1935 — une fusion industrielle plus qu'une absorption pure). Figoni possède un œil réputé infaillible pour les lignes et les proportions. En 1935, il s'associe à Ovidio Falaschi, entrepreneur italien passionné d'automobile, qui lui apporte le sens du raffinement commercial et de la relation avec une clientèle huppée. De cette association naît la société Figoni et Falaschi.

Une philosophie assumée : l'aérodynamisme comme esthétique

Leur ambition est explicite : transformer l'automobile en œuvre d'art roulante, en lui donnant les lignes fluides des avions à une époque où la vitesse devient synonyme de modernité. Figoni croit fermement à la valeur fonctionnelle, et non simplement décorative, de l'aérodynamisme. La signature stylistique du duo se reconnaît à ses lignes en goutte d'eau, ses ailes effilées, ses pare-brise inclinés et ses passages de roues aux courbes presque liquides — un vocabulaire formel détaillé dans Du « Narval » à la Type 165 — l'évolution du style « goutte d'eau ».

Delahaye, Talbot-Lago, Bugatti : la clientèle de l'âge d'or

Dans les années 1930, les plus grands noms de l'automobile française et européenne de prestige — Bugatti, Delahaye, Talbot, Delage, Hispano-Suiza — fournissent leurs châssis à des carrossiers indépendants comme Figoni & Falaschi pour y sculpter l'élégance. Au-delà de la Delahaye 135M et de la Type 165, le duo habille également des châssis Talbot-Lago T150C SS (la fameuse « Teardrop », considérée par beaucoup comme l'une des plus belles voitures du monde) et quelques châssis Bugatti Type 57 — des réalisations aujourd'hui si rares qu'elles s'échangent pour plusieurs millions d'euros aux enchères.

Le déclin d'un art artisanal

La Seconde Guerre mondiale met un coup d'arrêt brutal à cet âge d'or : à la Libération, la reconstruction prime sur le luxe, les grandes marques de prestige s'éteignent peu à peu, et la carrosserie sur mesure ne peut rivaliser avec la production de masse. Figoni tente de relancer son activité dans les années 1950, mais le monde a changé — un déclin qui suit presque exactement le calendrier de la disparition de ses plus grands clients, documentée dans 1954 — l'absorption par Hotchkiss met fin à Delahaye et Delage pour Delahaye et Delage, et dans Talbot-Lago (1935-1959) — l'âge d'or sportif avant la vente à Simca pour Talbot-Lago.

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Provenance de cette fiche
Site source
cultureauto.fr
Auteur du site
Pierre Favero (CultureAuto)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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