Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

La première génération (1966-1967) — un accueil commercial mitigé qui force Dodge à tout repenser

Dodge Charger · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un lancement en cours d'année, puis une chute sévère

La Charger 1966 (voir sa genèse dans La genèse (1966) — un fastback personnel de luxe imposé par les concessionnaires Dodge) est commercialisée en cours d'année-modèle et totalise 37 344 exemplaires sur ce demi-exercice — un chiffre honorable pour un lancement partiel. Mais l'année suivante, en 1967, alors que le modèle est commercialisé sur une année pleine, les ventes s'effondrent à seulement 15 788 unités, soit environ la moitié du rythme de l'introduction. L'historien automobile Patrick Foster, cité par Wikipédia EN, résume le phénomène en associant explicitement le sort de la Charger à celui de l'AMC Marlin qui l'a inspirée : les deux carrosseries fastback auraient « fait un flop commercial, les acheteurs de voitures sportives montrant leur préférence pour les pony cars compactes ».

Des proportions jugées ratées par la critique

Plusieurs analyses rétrospectives, dont celle du site spécialisé Ate Up With Motor citée par Wikipédia, pointent un défaut de proportions plutôt qu'un défaut de style pur : les porte-à-faux avant et arrière de la carrosserie intermédiaire donnent au profil fastback un aspect trop haut, un effet aggravé par des voies (l'écartement entre les roues d'un même essieu) relativement étroites pour la longueur totale de la voiture. Le constat implicite est qu'un toit fastback conçu à l'origine pour une carrosserie compacte de type pony car ne se transpose pas simplement à une plateforme intermédiaire plus longue et plus large.

1967 : des ajustements mineurs, la naissance du R/T

L'année-modèle 1967 n'apporte que des retouches limitées : clignotants déplacés sur le sommet des ailes avant (le repère le plus fiable pour distinguer un millésime 1966 d'un 1967), toit vinyle disponible en option, et surtout simplification de la console pleine longueur d'origine — jugée trop encombrante pour l'accès aux places arrière par la clientèle — remplacée par une console de taille conventionnelle. C'est également en 1967 qu'apparaît le tout premier paquet R/T (« Road/Track »), qui deviendra la désignation performance de référence pour toute la lignée Charger. Côté mécanique, le V8 440 « Magnum » fait son entrée, le 383 remplace le 361 comme deuxième motorisation, et le 318 « LA » à chambres de combustion en coin remplace l'ancien bloc « poly » de 1966 (voir La gamme moteurs 1966-1967 — du V8 318 « poly » au 426 Hemi, une diffusion confidentielle).

Un aveu d'échec qui débouche sur la refonte de 1968

Ce retournement commercial en une seule année — de l'enthousiasme du lancement à la chute de moitié des ventes — convainc la direction de Dodge qu'un simple ajustement ne suffira pas : c'est ce constat qui déclenche, dès l'année-modèle suivante, la refonte complète confiée à une nouvelle équipe de style (voir Les six designers du Charger 1968 — un récit de l'intérieur, entre génie collectif et carrière brisée et La deuxième génération (1968-1970) — la ligne « Coke bottle » qui transforme l'échec en triomphe commercial), qui abandonnera entièrement le toit fastback au profit de la ligne « Coke bottle » qui fera l'histoire du modèle.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci