La deuxième génération (1968-1970) — la ligne « Coke bottle » qui transforme l'échec en triomphe commercial
Une refonte totale de la caisse B, un pari qui paie immédiatement
Toute la gamme de carrosserie B de Chrysler est redessinée pour 1968, et le Charger en profite pour se différencier plus nettement encore de la Coronet dont il partage la base. Le nouveau style, conçu par l'équipe détaillée dans Les six designers du Charger 1968 — un récit de l'intérieur, entre génie collectif et carrière brisée, abandonne le toit fastback de la première génération au profit d'une ligne de caisse « Coke bottle » (galbes prononcés à l'avant et à l'arrière) et d'un toit en « double arceau » rappelant celui de la Pontiac GTO 1966-1967. Dodge avait initialement prévu une production de 35 000 exemplaires pour ce restylage ; la demande réelle porte le total à 96 100 unités — un bond spectaculaire par rapport aux 15 788 exemplaires de l'année précédente (voir La première génération (1966-1967) — un accueil commercial mitigé qui force Dodge à tout repenser).
Une identité visuelle affirmée : phares, calandre, feux
La calandre pleine largeur à phares escamotables est conservée, mais le mécanisme électrique rotatif de la première génération cède la place à un capotage actionné par dépression. Les anciens feux arrière continus sur toute la largeur sont remplacés par deux blocs ronds distincts, sur instruction directe du vice-président du style Chrysler, Elwood P. Engel. Deux « scallops » (creux de carrosserie) ornent portes et capot. À mi-année 1968, le six-cylindres « Slant-Six » de 225 pouces cubes (3,7 L) devient disponible comme motorisation d'entrée de gamme, en remplacement du V8 318 2 corps (voir La gamme intermédiaire 1968-1970 — le Slant-Six rarissime et les deux visages du 383).
Le paquet R/T et la campagne « Scat Pack »
Un nouveau paquet haute performance, le R/T (« Road/Track » — sans rapport avec le magazine Road & Track), est introduit avec le 440 Magnum de série et le 426 Hemi en option ; selon Wikipédia EN, cette combinaison fait du Charger R/T la plus aboutie des « muscle cars » jamais produites par Chrysler à cette date. La même année, Chrysler lance sa campagne « Scat Pack », représentée par une abeille dessinée avec un moteur sur le dos, qui orne désormais la Coronet R/T, la Super Bee, la Dart GTS et le Charger R/T de bandes « bourdon » (deux fines rayures encadrant deux larges), proposées en rouge, blanc ou noir, ou supprimables sans supplément. Plus de 17 000 des 96 100 Charger 1968 sont des R/T.
1969 : la Special Edition, un cinéma qui entre dans la légende
L'année 1969 introduit une nouvelle calandre à division centrale, des feux arrière longitudinaux (dessinés par Harvey J. Winn) et un nouveau niveau de finition, la Special Edition (SE), combinable avec le R/T. Un toit ouvrant apparaît au catalogue mais reste rarissime (260 exemplaires commandés seulement). La production totale avoisine 89 199 unités. C'est également en 1969 qu'un Charger R/T noir de 1968 devient l'un des deux véhicules vedettes de la course-poursuite du film Bullitt (voir La Charger noire de Bullitt (1968) — la voiture des tueurs à gages, plus rapide que la Mustang qui la poursuit), et qu'un Charger 1969 orange, immatriculé quelques années plus tard sous le nom de « General Lee », commence sa carrière de star de télévision (voir La General Lee — pourquoi le Charger plutôt qu'une Pontiac Firebird pour Shérif, fais-moi peur).
1970 : dernière année, teintes « High Impact » et pistolet Hurst
Pour son dernier millésime, la génération reçoit un pare-chocs chromé enveloppant plus massif, des trappes de phares désormais électriques (au lieu du système à dépression), et de nouvelles teintes tapageuses baptisées « High Impact » (voir Les teintes « High Impact » — Plum Crazy, Panther Pink et l'explosion chromatique de 1970). Le levier de vitesses « pistolet » (Pistol Grip) fait son apparition, de même qu'une banquette avant en option — une première pour le Charger. Le tout nouveau moteur 440 Six Pack rejoint la gamme (voir Le 440 Six Pack — le triple carburateur qui n'équipe le Charger qu'une seule année). Malgré ces nouveautés, la production recule à 46 576 unités, principalement du fait de la concurrence interne de la toute nouvelle Dodge Challenger et de la flambée des primes d'assurance qui commence à peser sur l'ensemble du segment (voir Le déclin du muscle car vu depuis le Charger — un pic de ventes 1973 qui masque un effondrement réel).
Voir aussi
- Les six designers du Charger 1968 — un récit de l'intérieur, entre génie collectif et carrière brisée
- Le Charger 500 (1969) — un correctif aérodynamique de transition, entre l'échec NASCAR de 1968 et la Daytona
- Les teintes « High Impact » — Plum Crazy, Panther Pink et l'explosion chromatique de 1970
- La General Lee — pourquoi le Charger plutôt qu'une Pontiac Firebird pour Shérif, fais-moi peur
- La Charger noire de Bullitt (1968) — la voiture des tueurs à gages, plus rapide que la Mustang qui la poursuit
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Dodge_Charger_(1966) ↗
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