La Sierra hors d'Europe — Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Amérique du Nord et Amérique du Sud
Afrique du Sud : un V8 maison et un badge « Sapphire » sans lien avec le Cosworth britannique
Assemblée à partir de janvier 1983 à l'usine de Silverton (Pretoria) par Samcor, la Sierra sud-africaine développe sa propre identité. Faute d'accès aux V6 Cologne 2,8/2,9 litres réservés à l'Europe, le marché sud-africain conserve le V6 Essex 3,0 litres hérité de la Cortina, decliné en Sierra XR6. Plus notable encore : entre juin 1984 et 1988, Ford produit localement une série limitée de 250 Sierra XR8, homologuée pour la compétition en Groupe A, équipée du V8 302 ci (4,9 l) de la Ford Mustang américaine et d'une boîte Borg-Warner T5 renforcée — une réponse sud-africaine bien plus proche, dans son esprit d'homologation à tirage limité, de la démarche britannique de la Sierra RS Cosworth (voir Le Groupe A expliqué — pourquoi 5 000 exemplaires, pourquoi 500 de plus pour le RS500) que du reste de la gamme locale. Une berline appelée simplement « Ford Sapphire » apparaît sur ce marché au deuxième trimestre 1989 — une appellation homonyme de la Sapphire européenne mais sans le moindre lien avec la déclinaison Cosworth, le marché sud-africain n'ayant jamais reçu le moteur turbo YB.
Nouvelle-Zélande : le break providentiel et l'anecdote du Premier ministre
En Nouvelle-Zélande, Ford avait remplacé la Cortina par la gamme Telstar dès 1983, mais sans version break disponible immédiatement : pour combler ce vide, Ford importe et assemble localement, à partir de kits CKD, un break Sierra à compter de 1984 — malgré les réticences initiales de Ford Asia Pacific et du siège de Détroit. Ce break connaît un succès local notable, au point d'être un mois donné le modèle le plus vendu du pays toutes gammes confondues. Le Premier ministre néo-zélandais de l'époque, Sir Robert Muldoon, utilise à titre personnel une Sierra (une version hayon importée spécialement) pour se rendre à son bureau, en remplacement de sa précédente Triumph 2000. La Nouvelle-Zélande reste le seul marché au monde où la Telstar (dérivée de la Mazda 626) et la Sierra ont été commercialisées simultanément et en concurrence directe.
Amérique du Nord : la Sierra vendue sous le badge Merkur
En Amérique du Nord, la Sierra n'est jamais commercialisée sous son propre nom — celui-ci étant déjà déposé par General Motors comme nom de finition sur ses pick-up — mais sous la marque Merkur, créée spécifiquement par Ford pour l'occasion et distribuée dans le réseau Lincoln-Mercury. La version commercialisée, le Merkur XR4Ti (1985-1989), reprend la carrosserie 3 portes de la XR4i mais avec un 4 cylindres 2,3 litres turbocompressé (le bloc dit « Lima », également utilisé sur la Ford Mustang, où il développe davantage de puissance grâce à un intercooler) plutôt que le V6 européen. Handicapé par des normes de sécurité et d'émissions américaines coûteuses à satisfaire, par des taux de change défavorables et par la concurrence interne de la Mercury Sable vendue dans les mêmes concessions à un tarif inférieur, le XR4Ti reste un succès commercial limité. Il occupe néanmoins une place technique importante dans l'histoire de la Sierra Cosworth : plusieurs éléments de préparation développés pour sa carrière en compétition nord-américaine (championnat IMSA, avec le préparateur américain Jack Roush) sont directement réemployés sur la future RS Cosworth européenne (voir Le projet Motorsport de Stuart Turner — reconquérir la compétitivité de Ford en Europe).
Argentine et Venezuela : des gammes locales prolongées après l'arrêt européen
En Argentine, la Sierra est assemblée à partir de l'été 1984 en hayon 5 portes, puis en break (« Sierra Rural », reprenant une appellation déjà utilisée localement pour la Taunus) à partir de septembre 1985 ; une XR4 3 portes, non injectée et équipée d'un 4 cylindres Pinto/Taunus de 2,3 litres, y est produite jusqu'en 1991. Fait notable, le restylage européen de 1987 n'atteint jamais ce marché, où la gamme conserve jusqu'au bout une face avant proche de celle du Merkur XR4Ti. Au Venezuela, où l'assemblage local démarre en 1985, le V6 2,8 litres est proposé de série y compris sur des versions d'entrée de gamme, et la berline restylée y est commercialisée sous le nom de « Sierra 300 Sapphire ». Dans les deux pays, comme en Afrique du Sud, la déclinaison Cosworth proprement dite ne fait pas partie de la gamme commercialisée.
Voir aussi
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Ford_Sierra ↗
- La Sierra Mk I (1982-1987) et ses déclinaisons sportives non-Cosworth — XR4i et XR4x4Ford Sierra / Sierra RS Cosworth · Histoire et modèles
- La gamme moteur « ordinaire » de la Sierra — Pinto, CVH, V6 Cologne/Essex et dieselsFord Sierra / Sierra RS Cosworth · Moteur
- Le projet Motorsport de Stuart Turner — reconquérir la compétitivité de Ford en EuropeFord Sierra / Sierra RS Cosworth · Compétition
- Le Groupe A expliqué — pourquoi 5 000 exemplaires, pourquoi 500 de plus pour le RS500Ford Sierra / Sierra RS Cosworth · Compétition
- Le break et le fourgon dérivé — la Sierra utilitaire, loin de l'image sportive du CosworthFord Sierra / Sierra RS Cosworth
- La gamme moteur « ordinaire » de la Sierra — Pinto, CVH, V6 Cologne/Essex et dieselsFord Sierra / Sierra RS Cosworth
- Genèse du moteur YB — comment un bloc Pinto de série est devenu le cœur de la Sierra CosworthFord Sierra / Sierra RS Cosworth
- La Sierra Mk I (1982-1987) et ses déclinaisons sportives non-Cosworth — XR4i et XR4x4Ford Sierra / Sierra RS Cosworth