Le retour inattendu — la cinquième génération dévoilée en septembre 2026, après cinq ans d'absence
Une annonce qui change la lecture de la fin de carrière de 2021
Ce corpus documente ailleurs l'arrêt complet de la production du Pajero en mars 2021 comme la clôture d'une carrière de trente-neuf ans (voir La quatrième génération (2006-2021) — quinze ans de carrière et une fin en deux temps et 2009 — pourquoi Mitsubishi a quitté le Dakar au sommet de son palmarès). Un développement d'actualité extrêmement récent au moment de la rédaction de cette fiche vient nuancer significativement cette lecture : Mitsubishi Motors a officiellement dévoilé le 2 septembre 2026 — moins de deux semaines avant la date d'extraction de cette fiche — une toute nouvelle cinquième génération du Pajero, mettant fin à une interruption commerciale de cinq années tout juste. Cette annonce n'était pas anticipée par la documentation générale consacrée au modèle jusqu'ici : la coupure 2021-2026 apparaît donc rétrospectivement comme un hiatus, et non comme un arrêt définitif de la lignée.
Un lancement en plusieurs vagues, l'Europe explicitement laissée de côté
Selon le communiqué officiel de Mitsubishi Motors et un article de Wikipédia francophone publié dans la foulée de l'annonce, le nouveau Pajero sera fabriqué en Thaïlande et commercialisé dans un premier temps sur ce marché, puis au Japon et en Australie au cours de l'exercice fiscal 2026 (avril 2026-mars 2027), avant un déploiement progressif dans une centaine de pays à partir de l'exercice 2027, incluant l'Asie du Sud-Est, l'Amérique latine et le Moyen-Orient. Wikipédia francophone précise un point que le communiqué international ne formule pas explicitement mais que la liste des marchés visés confirme en creux : l'Europe, marché sur lequel le Pajero s'était déjà retiré fin 2018 (voir La quatrième génération (2006-2021) — quinze ans de carrière et une fin en deux temps), n'est pas incluse dans ce plan de relance. Le nom Montero est explicitement annoncé comme devant perdurer sur certains marchés ; le sort du nom Shogun au Royaume-Uni n'est en revanche précisé par aucune des sources consultées pour cette fiche, un marché de toute façon absent du plan de déploiement à ce stade.
Un retour en arrière technique assumé : le châssis-échelle et l'essieu rigide reviennent
Le choix technique le plus commenté de cette cinquième génération est un net retour en arrière par rapport à l'architecture monocoque RISE qui caractérisait les troisième et quatrième générations (voir Du châssis-échelle au monocoque RISE, et retour — le pendule structurel du Pajero) : Mitsubishi revient à un châssis-échelle séparé (« body-on-frame »), identique dans son principe à celui des toutes premières générations d'avant 1999, décrit par le communiqué officiel comme « forgé par des décennies d'expérience en rallye-raid et de développement en conditions extrêmes ». Plus notable encore au regard de la philosophie de confort routier documentée dans Une suspension arrière indépendante née en compétition, dix ans avant ses rivaux et Un tout-terrain pensé pour la route dès 1982 — le positionnement singulier du Pajero face à ses rivaux : l'essieu arrière abandonne la formule indépendante multi-bras en vigueur depuis 1999 au profit d'un essieu rigide à cinq bras inédit, associé à un train avant à double triangulation indépendant. Ce choix peut se lire comme une réponse tardive au débat opposant confort routier et robustesse tout-terrain extrême, déjà documenté par ce corpus côté Toyota Land Cruiser et Nissan Patrol (voir Un tout-terrain pensé pour la route dès 1982 — le positionnement singulier du Pajero face à ses rivaux) : après avoir été précurseur de l'indépendante à l'arrière pendant plus de vingt ans, Mitsubishi choisit cette fois explicitement le camp de la robustesse articulatoire pure pour son modèle-phare.
S-AWC et Super Select 4WD-II combinés pour la première fois
Sur le plan de la motricité, la cinquième génération associe pour la première fois sur un Pajero les deux grands systèmes électroniques de la marque : le Super Select 4WD-II (SS4-II), avec ses quatre modes historiques (2H, 4H, 4HLc, 4LLc — voir Le Super Select 4WD — quatre modes pour concilier transmission intégrale permanente et enclenchable), et le S-AWC (Super All Wheel Control), système de contrôle dynamique intégré jusqu'ici réservé par Mitsubishi à des modèles à vocation moins strictement tout-terrain. Le communiqué officiel précise que l'Active Yaw Control (contrôle du couple entre roues gauche et droite par freinage sélectif), l'Active Stability and Traction Control et l'ABS sont désormais pilotés de façon intégrée par ce système, aux côtés de sept modes de conduite sélectionnables (normal, éco, gravier, neige, boue, sable, rocher).
Une motorisation exclusivement diesel au lancement, une transmission automatique inédite
Le nouveau modèle est propulsé par un diesel 2,4 litres à turbocompresseur à géométrie variable, développant un couple maximal de 480 Nm, associé à une toute nouvelle boîte automatique à 8 rapports. Ses dimensions (4 920 mm de longueur, 1 925 mm de largeur, 2 870 mm d'empattement) en font un véhicule sensiblement plus grand que la quatrième génération, avec une garde au sol de 230 mm et des angles d'attaque, de rampe et de fuite respectivement de 30,4°, 22,6° et 25,8°. Le design extérieur revendique explicitement un lien de filiation avec la toute première génération de 1982 : montant de custode inspiré de l'arceau de sécurité du modèle originel, motif hexagonal arrière évoquant la roue de secours montée sur le hayon des générations historiques — une continuité stylistique cohérente avec celle déjà repérée entre le concept Pajero II de 1978 et le modèle de série de 1982 (voir Des origines militaires de 1934 aux concepts de Tokyo — la genèse du Pajero avant 1982).
Voir aussi
- La quatrième génération (2006-2021) — quinze ans de carrière et une fin en deux temps
- 2009 — pourquoi Mitsubishi a quitté le Dakar au sommet de son palmarès
- Une suspension arrière indépendante née en compétition, dix ans avant ses rivaux
- Le Super Select 4WD — quatre modes pour concilier transmission intégrale permanente et enclenchable
- Un tout-terrain pensé pour la route dès 1982 — le positionnement singulier du Pajero face à ses rivaux
- Site source
- mitsubishi-motors.com (communiqué officiel) ; fr.wikipedia.org ; en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- La quatrième génération (2006-2021) — quinze ans de carrière et une fin en deux tempsMitsubishi Pajero · Histoire et genèse
- 2009 — pourquoi Mitsubishi a quitté le Dakar au sommet de son palmarèsMitsubishi Pajero · Compétition dakar
- Une suspension arrière indépendante née en compétition, dix ans avant ses rivauxMitsubishi Pajero · Transmission 4x4 châssis
- Le Super Select 4WD — quatre modes pour concilier transmission intégrale permanente et enclenchableMitsubishi Pajero · Transmission 4x4 châssis
- Un tout-terrain pensé pour la route dès 1982 — le positionnement singulier du Pajero face à ses rivauxMitsubishi Pajero · Histoire et genèse
- Des origines militaires de 1934 aux concepts de Tokyo — la genèse du Pajero avant 1982Mitsubishi Pajero · Histoire et genèse
- Du châssis-échelle au monocoque RISE, et retour — le pendule structurel du PajeroMitsubishi Pajero · Transmission 4x4 châssis
- La quatrième génération (2006-2021) — quinze ans de carrière et une fin en deux tempsMitsubishi Pajero
- Une réputation de robustesse construite loin des marchés maturesMitsubishi Pajero
- Montero, Shogun — comment Mitsubishi a dû renommer son propre modèle-phare dans une partie du mondeMitsubishi Pajero
- Du châssis-échelle au monocoque RISE, et retour — le pendule structurel du PajeroMitsubishi Pajero
- Une suspension arrière indépendante née en compétition, dix ans avant ses rivauxMitsubishi Pajero
- 2009 — pourquoi Mitsubishi a quitté le Dakar au sommet de son palmarèsMitsubishi Pajero
- Des origines militaires de 1934 aux concepts de Tokyo — la genèse du Pajero avant 1982Mitsubishi Pajero
- S'y retrouver dans les codes — générations, appellations commerciales et séries par marchéMitsubishi Pajero