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§ 01 · Histoire et modèles

1973, fin de la production — les successeurs qui n'ont jamais vu le jour

Opel GT · 1968–1973 · 4 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un faisceau de raisons, pas une cause unique

La production du GT s'arrête en août 1973 (quelques exemplaires resteront en stock chez les concessionnaires jusqu'en 1974), pour une combinaison de raisons plutôt qu'un facteur isolé :

  • la refonte de la Kadett, qui passe à la génération C en 1973, aurait imposé une adaptation coûteuse du plancher du GT pour un modèle à faible volume ;
  • l'arrivée au 1er janvier 1974 de nouvelles normes américaines imposant des pare-chocs résistant à un choc à 8 km/h (5 mph), difficilement compatibles avec la ligne du GT sans une refonte esthétique majeure ;
  • la fin de l'accord de fabrication de carrosserie avec Brissonneau & Lotz, le groupe Renault ayant repris le contrôle de ce fournisseur et de Chausson dès 1970 et mis fin au contrat, jugeant le GT concurrent de sa propre Alpine A110 (voir Une carrosserie allemande fabriquée en France — Chausson et Brissonneau & Lotz — les sources anglophones et allemandes divergent sur le montage exact de cette reprise, voir sources/verification-croisee.md) ;
  • la hausse continue du deutsche Mark après la fin des accords de Bretton Woods au début des années 1970, qui renchérit le prix américain des voitures allemandes et fragilise déjà, pour les mêmes raisons, l'ensemble de la gamme Opel aux États-Unis ;
  • enfin des ventes déjà tombées à un niveau ne justifiant plus l'investissement nécessaire, sous la pression de la Datsun 240Z (voir L'arrivée de la Datsun 240Z, rivale fatale du GT).

Un débat non tranché : Corvette et GT étaient-elles vraiment rivales ?

Un débat récurrent, documenté notamment par Wikipédia (version allemande), agite depuis longtemps la communauté des passionnés du GT : General Motors aurait-il sciemment laissé mourir un modèle à succès pour protéger les parts de marché américaines de la Corvette, produite elle aussi par le groupe ? L'hypothèse reste séduisante compte tenu de la proximité stylistique des deux voitures (voir GT et Corvette C3 — deux « Coke bottle » nées la même année chez General Motors), mais elle est accueillie avec scepticisme par les sources les plus sérieuses : la Corvette, nettement plus puissante et bien plus chère, ne se trouvait pas véritablement sur le même segment commercial que le GT, ce qui rend une logique de cannibalisation directe peu probable. Aucune source consultée pour ce dossier ne permet de trancher définitivement la question — elle reste un sujet de discussion parmi les passionnés plutôt qu'un fait établi (voir sources/verification-croisee.md).

Trois projets de remplaçant restés à l'état de prototype

Contrairement à une idée reçue, Opel n'a pas renoncé sans y songer à un successeur direct du GT — plusieurs pistes ont été explorées au début des années 1970, sans qu'aucune n'aboutisse :

  • Le GT/W, un coupé à moteur Wankel. En 1971, le studio de style avancé de Clare MacKichan à Détroit développe le prototype américain XP-897GT, un coupé à moteur central bi-rotor destiné à une éventuelle Corvette « 2-Rotor » (présentée à Francfort en 1973 en collaboration avec Pininfarina). En parallèle, le studio d'Opel travaille sur sa propre déclinaison à moteur Wankel central, un projet interne nommé GT/W, dont les lignes rappellent fortement le prototype américain. L'abandon du programme de moteur rotatif par General Motors met fin au projet, qui n'a jamais dépassé le stade de maquette non roulante ; il sera montré au public en 1975 sous le nom d'Opel Genève.
  • La « Schwarze Witwe » (Veuve noire). Parallèlement, un projet interne de coupé 2+2 au fastback très arrondi, doté de montants de toit vitrés inclinés vers l'avant, est sérieusement envisagé pour la production sur base Kadett C, avant d'être annulé pendant le choc pétrolier de 1973-1974.
  • Le GT/2 (1975). Construit par le carrossier italien Michelotti sur la base mécanique du Manta B GT/E (moteur CIH 1,9 l à injection), ce concept nettement plus aérodynamique (Cx de 0,33 revendiqué) reprend un hayon et des portes coulissantes aux poignées dissimulées sous les rétroviseurs. Présenté à Francfort, Londres et Paris fin 1975, il n'aura pas davantage de suite commerciale.

Faute de successeur direct, c'est le Manta, déjà commercialisé depuis 1970 sur un positionnement de coupé quatre places plus généraliste, qui reprend seul le flambeau sportif de la gamme Opel — un rôle voisin mais distinct de celui du GT, sans jamais chercher à en reproduire la formule biplace pure (voir Histoire générale de l'Opel Manta (1970-1988), corpus opel-manta/).

Un retour tardif, sans filiation technique (2007-2009)

Le nom « Opel GT » réapparaît en 2007, mais sur un tout autre produit : un roadster deux places construit à Wilmington (Delaware, États-Unis), version rebadgée de la Pontiac Solstice et de la Saturn Sky, elles-mêmes bâties sur la plateforme Kappa de General Motors, avec en Corée du Sud une déclinaison supplémentaire commercialisée sous le nom GM Daewoo G2X. Seul le nom est repris : aucune parenté de conception, de plateforme ou de style ne relie ce roadster turbocompressé de 260 ch au coupé de 1968-1973. Sa carrière est brève (7 519 exemplaires entre 2007 et 2010) et s'arrête net avec la disparition des marques Pontiac et Saturn dans la restructuration de General Motors consécutive à la crise de 2008-2009. Un concept « GT » supplémentaire, sans lendemain commercial, est montré à Genève en 2016.

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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