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§ 02 · Moteur

Le moteur Diesel de la 304 — XL4D et XiDL/XID, dernier avatar du Diesel pionnier de la 204

Peugeot 304 · 1969–1980 · 5 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

La motorisation Diesel de la 304 s'inscrit dans la continuité directe de celle inaugurée par la 204 en 1966-1967, alors le plus petit moteur Diesel de série au monde monté sur une automobile particulière (voir Le moteur Diesel XLD/XL4D — la motorisation pionnière de la 204, corpus peugeot-204/). Mais son calendrier de déploiement sur la gamme 304 réserve une surprise : contrairement au moteur essence, disponible dès le lancement de la 304 en 1969, le Diesel n'apparaît sur cette gamme qu'à partir de 1975-1976, et seulement sur certaines carrosseries dans un premier temps.

Un déploiement progressif, carrosserie par carrosserie

Le Diesel équipe d'abord le break et la fourgonnette 304, avant de gagner la berline à partir de 1975-1976 seulement — un ordre de priorité industriel qui privilégie les usages professionnels et utilitaires, plus consommateurs de kilomètres et donc plus sensibles à l'économie de carburant Diesel. 🗳️ Fait confirmé sans ambiguïté par la communauté de propriétaires (forum boletus-satanas.org) : aucune version Diesel n'a en revanche jamais existé sur le coupé ou le cabriolet 304, carrosseries de loisir pour lesquelles une motorisation Diesel, plus lourde et moins nerveuse, n'avait pas de justification commerciale — voir Les Peugeot 304 Coupé et Cabriolet, dessinés par Pininfarina.

XL4D : 1357 cm³, 45 ch DIN

Le moteur XL4D, déjà monté sur la 204 break Diesel, équipe la 304 à cylindrée inchangée : 1357 cm³ pour 45 ch DIN, une vitesse de pointe annoncée de 130 km/h. C'est la motorisation Diesel très largement majoritaire sur la 304 tout au long de sa carrière, du milieu des années 1970 jusqu'à la toute fin de la production.

XiDL/XID : 1548 cm³, 47 ch DIN, la toute dernière évolution (1979-1980)

Sur les tout derniers exemplaires du millésime 1979-1980, un moteur Diesel de cylindrée supérieure fait son apparition : 1548 cm³ pour 47 ch DIN, reconnaissable à un capot légèrement bombé pour dégager la hauteur du bloc. ⚠️ Divergence mineure d'appellation consignée : l'article Wikipédia consacré à la 304 nomme ce moteur « XID », tandis que le tableau de numéros de série détaillé publié par ma204.free.fr (Pierre Jullien) l'identifie comme « XiDL » — les deux désignations semblent renvoyer au même moteur (même cylindrée, même puissance, même période d'apparition), l'écart relevant probablement d'une variation d'appellation commerciale ou d'une coquille plutôt que d'une réelle divergence technique, mais aucune des deux sources ne permet de trancher avec certitude (voir sources/verification-croisee.md).

Un bloc dérivé de l'essence, fragilité identifiée par la communauté

Un fil de discussion long et actif du forum boletus-satanas.org, consacré aux Diesel 204 et 304, confirme par un large consensus communautaire un taux de compression de 23,3:1 pour ces moteurs et souligne une fragilité relative du bloc, directement dérivé de celui du moteur essence plutôt que conçu ab initio pour l'usage Diesel plus contraignant — un point de vigilance à connaître pour l'entretien et la restauration, cohérent avec les diagnostics déjà établis pour le Diesel de la 204 (voir Le moteur Diesel XLD/XL4D — la motorisation pionnière de la 204, corpus peugeot-204/).

Un moteur qui a aussi couru : les records de Montlhéry

Le Diesel de cette famille technique a également été engagé en compétition sous forme de prototype : en juin 1973, une 304 Diesel bat, sur l'autodrome de Linas-Montlhéry, certains des records du monde d'endurance établis quelques jours plus tôt par une 204 Proto Diesel — voir le détail de cet épisode dans La 304 en compétition — Tour de Corse 1970, records Diesel de Montlhéry, Critérium de Provence et La 204 en compétition — Safari Rally, records Diesel de Montlhéry et Tour Auto (corpus peugeot-204/).

Rareté et fiabilité comparative : le témoignage de la communauté

Un fil de discussion consacré conjointement aux Diesel 204 et 304 sur le forum boletus-satanas.org confirme, dès son ouverture, le fait technique déjà établi ci-dessus (taux de compression de 23,3:1 contre 8,8:1 pour l'essence) et souligne la rareté relative de ces motorisations dans le parc de collection actuel : sur 321 véhicules 204/304 recensés par les membres de l'Amicale 204-304 à un instant donné, un seul était un Diesel. Plusieurs propriétaires expérimentés (dont un possédant simultanément quatre Diesel 204/304) témoignent d'une pratique répandue de conduite volontairement prudente par mesure de longévité — vitesse de croisière autolimitée à 100 km/h sur XL4D et 105 km/h sur XiDL/XID — sans empêcher pour autant la survenue de pannes de joint de culasse, y compris chez ces propriétaires expérimentés. Un témoignage allemand indépendant relève par ailleurs une parenté technique frappante avec le petit Diesel 1,5 l de Volkswagen (T3/Golf, à partir de 1976) : lui aussi dérivé d'un bloc essence existant selon la même logique économique, et présentant selon plusieurs témoins les mêmes faiblesses caractéristiques qu'un tel choix industriel implique — voir aussi Pannes classiques du bas et du haut moteur XL3/XL5 — corrosion du bloc et usure du vilebrequin pour les faiblesses répertoriées côté bloc essence de la même famille.

Pour l'identification administrative précise des différentes versions Diesel (types Mines, étiquette réglementaire d'opacité des fumées), voir Types Mines et étiquettes réglementaires de la 304 Diesel. Pour le circuit électrique de préchauffage et le neiman spécifique à ces motorisations, voir Circuit électrique du Diesel 304 — préchauffage, neiman spécifique et ventilateur débrayable. Pour un cas détaillé de remise en route après longue immobilisation, voir Remise en route d'une 304 GLD après 27 ans d'immobilisation.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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