Les Peugeot 304 Coupé et Cabriolet, dessinés par Pininfarina
Lancés en mars-avril 1970, le coupé 2+2 et le cabriolet 2 places de la gamme 304 forment le dernier duo de carrosseries de loisir « petite Peugeot » avant une longue interruption : après leur disparition en 1975, il faudra attendre les coupés/cabriolets 205 puis les séries CC (206 CC notamment) pour que Peugeot propose à nouveau une petite automobile décapotable ou fastback de ce type — voir Histoire générale de la Peugeot 304 (1969-1980) pour resituer ce fait dans la carrière d'ensemble du modèle.
Une adaptation directe des carrosseries 204, dessinées par Pininfarina
Le coupé et le cabriolet 304 reprennent, à l'identique, les carrosseries du coupé et du cabriolet 204 : seules la face avant (reprise de la 304 berline, à phares trapézoïdaux inspirés de la 504) et, sur le coupé, des feux arrière de forme carrée inédite, les distinguent visuellement de leurs devancières. Cette carrosserie est l'œuvre du studio turinois Pininfarina, sous la direction du styliste Aldo Brovarone — figure majeure de l'atelier italien, également responsable du dessin de la Ferrari Dino et de la Lancia Gamma, et qui signera peu après la 504 elle-même. La collaboration entre Peugeot et Pininfarina, engagée dès 1955 avec la 403, est retracée dans le détail dans Le partenariat Peugeot-Pininfarina — situer la 304 dans un demi-siècle de collaboration ; elle explique pourquoi ces petits cabriolets « populaires » partagent leur studio de style avec les grandes berlines et les coupés plus prestigieux de la marque.
⚠️ Nuance à conserver : une source spécialisée en histoire du design automobile (carrozzieri-italiani.com) qualifie la carrosserie du coupé/cabriolet 304 de « pure création Pininfarina », alors que le corpus consacré à la 204 attribue le dessin du coupé/cabriolet 204 dont elle dérive directement au styliste maison Paul Bouvot (voir La genèse stylistique de la 204 — entre influence Pininfarina et style maison Paul Bouvot, corpus peugeot-204/). Il est possible que Pininfarina ait fourni des éléments de style ou de mise au point repris ensuite par les équipes internes de Peugeot, la frontière entre les deux contributions n'étant pas toujours documentée avec précision par les sources anglophones consultées pour ce dossier — voir sources/verification-croisee.md.
Techniquement, la carrosserie du cabriolet est fabriquée dans les ateliers Pininfarina de Turin puis acheminée pour assemblage final à l'usine Peugeot de Sochaux — une organisation industrielle plus légère que celle retenue pour les 404 et 504 Coupé/Cabriolet, entièrement construits et assemblés en Italie (voir Le partenariat Peugeot-Pininfarina — situer la 304 dans un demi-siècle de collaboration).
Caractéristiques distinctives
Construits sur le même empattement raccourci que les 204 CC dont ils dérivent, le coupé et le cabriolet 304 se distinguent de la berline par une commande de boîte de vitesses désormais placée au plancher (contre une commande au volant sur la berline 304 jusqu'en 1973), pour une position de conduite plus sportive. Le cabriolet conserve une ligne tricorps et propose, en plus de sa capote en toile, un hardtop amovible en option ; le coupé, lui, adopte une carrosserie de type hatchback à hayon, permettant un chargement nettement plus pratique que celui d'une berline classique. Les vitesses de pointe annoncées par le constructeur sont légèrement supérieures à celles de la berline : 150 et 152 km/h selon les sources.
Le moteur XL3, puis la version S en 1972
À leur lancement, coupé et cabriolet reçoivent le moteur essence XL3 (1288 cm³, 65 ch DIN — voir Les moteurs essence de la 304 — XL3, XL3S, XL5, XL5S, XK5). En avril 1972, ils sont les premières carrosseries de la gamme 304 à recevoir la version sportive S, un an avant la berline S : moteur XL3S à carburateur double corps Solex 35 EEISA (voir Le carburateur double corps Solex 35 EEISA des versions S) développant 74,5 ch DIN pour une vitesse de pointe annoncée de 160 km/h, suspensions affermies, compte-tours rapporté en haut à gauche du tableau de bord, appuis-tête, jantes « 20 trous » et calandre noir mat à lion doré — voir la chronologie complète de cette déclinaison dans La déclinaison sportive « S » de la 304 — chronologie complète. Aucune version Diesel n'a jamais existé sur coupé ou cabriolet 304 : le sujet, occasionnellement évoqué par des propriétaires sur le forum communautaire boletus-satanas.org (à l'occasion, par exemple, de l'achat isolé d'un cabriolet Diesel dont la carte grise d'origine a suscité l'incrédulité des membres les plus anciens de l'Amicale 204-304), y est unanimement écarté comme n'ayant jamais existé de série.
Production : deux chiffres à recouper
⚠️ Divergence consignée : selon une fiche de référence en histoire du design (carrozzieri-italiani.com/Pininfarina), le cabriolet 304 a été produit à 18 647 exemplaires sur ses cinq années de carrière (1970-1975), dont un petit nombre en conduite à droite pour l'export vers le Royaume-Uni et d'autres marchés. Le même chiffre n'est pas connu séparément pour le coupé seul dans les sources consultées ; en revanche, une source française de vulgarisation automobile (lautomobileancienne.com) avance un total combiné coupé + cabriolet d'« environ 60 000 unités » sur la période 1970-1975. Ces deux chiffres ne se contredisent pas frontalement (60 000 combinés est cohérent avec 18 647 cabriolets si le coupé, plus abordable et plus pratique grâce à son hayon, en représente le solde, dans la continuité de la 204 CC dont le coupé s'était déjà mieux vendu que le cabriolet), mais aucune source ne documente le chiffre du coupé seul de façon indépendante — gisement de recherche resté ouvert pour une future session (voir le README du dossier).
Restylage de 1973 et fin de carrière
Comme le reste de la gamme, coupé et cabriolet reçoivent en 1973 un nouveau tableau de bord (montre rectangulaire remplaçant le compte-tours sur les versions S) et, en juillet 1974, des feux de recul qui passent de l'orange au blanc. Coupé et cabriolet disparaissent tous deux de la gamme en juillet 1975, remplacés dans l'esprit — mais pas directement dans la carrosserie — par les nouveaux coupés 104 ZS, de conception entièrement différente. C'est la fin définitive, pour de longues années, des petites Peugeot à carrosserie de loisir.
Postérité culturelle
Un coupé 304 S est aujourd'hui exposé de façon permanente au Musée de l'Aventure Peugeot à Sochaux. Plus inattendu : l'animatrice de télévision Julie Andrieu utilise, pour ses déplacements dans l'émission culinaire Les Carnets de Julie (France 3), un cabriolet 304 rouge de 1971 devenu quasiment aussi identifiable à l'écran que l'animatrice elle-même ; la carrosserie de ce véhicule a fait l'objet d'une restauration complète documentée par l'émission Vintage Mecanic (RMC Découverte, diffusion du 14 mars 2018), avec la participation de François Allain, auteur de référence sur la 204/304 déjà cité dans ce corpus au sujet du Tour Auto (voir La 204 en compétition — Safari Rally, records Diesel de Montlhéry et Tour Auto, corpus peugeot-204/).
Voir aussi
- Histoire générale de la Peugeot 304 (1969-1980) · Le partenariat Peugeot-Pininfarina — situer la 304 dans un demi-siècle de collaboration · La déclinaison sportive « S » de la 304 — chronologie complète
- Les moteurs essence de la 304 — XL3, XL3S, XL5, XL5S, XK5 · Le carburateur double corps Solex 35 EEISA des versions S · Démontage d'une portière et de son garnissage — exemple du cabriolet 304
- Michèle Mouton fait ses débuts en compétition sur une 304 S au Monte-Carlo 1973 · Exportations de la 304 — États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Australie
- La Peugeot 204 Coupé et Cabriolet (corpus
peugeot-204/) · La genèse stylistique de la 204 — entre influence Pininfarina et style maison Paul Bouvot (corpuspeugeot-204/)
- Site source
- carrozzieri-italiani.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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