Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

La 304 face à ses concurrentes du segment 7 CV — Renault 12 et Simca 1301

Peugeot 304 · 1969–1980 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

La 304 n'est pas née dans le vide : elle est présentée au Salon de Paris de septembre-octobre 1969 au même moment que sa rivale la plus directe, la Renault 12, dans un segment français de catégorie fiscale 7 CV alors disputé par trois constructeurs nationaux.

Trois tempéraments différents pour un même segment

Une synthèse d'histoire de marque consacrée à la Renault 12 résume avec netteté le positionnement de chacune des trois concurrentes françaises de la catégorie : la Citroën GS incarne la sophistication technique (suspension hydropneumatique, moteur à plat), la Simca 1301 mise sur l'esprit familial traditionnel, tandis que la Peugeot 304 occupe le créneau « bourgeois » — une image de sérieux et de standing qui doit beaucoup à sa face avant directement inspirée de la 504 (voir Histoire générale de la Peugeot 304 (1969-1980)). La Renault 12, de son côté, se positionne sur un rapport prix/practicité plus favorable.

Un écart de prix significatif au lancement

Le même comparatif situe le prix de lancement de la Renault 12 à un niveau proche de ceux de la Fiat 124 et de la Ford Escort, et environ 10 % moins cher que la Peugeot 304 — un écart notable pour deux voitures directement concurrentes sur le papier (même catégorie fiscale, même année de lancement, gabarit comparable). Ce différentiel tarifaire, cohérent avec le positionnement plus haut de gamme assumé par Peugeot pour sa 304 par rapport à la 204 dont elle dérive, explique en partie le succès commercial supérieur de la Renault 12 sur la durée, la Simca 1301 peinant de son côté à résister à la concurrence conjointe des deux autres modèles.

Une rivalité qui s'inscrit dans la durée

Renault 12 et Peugeot 304 partagent, au-delà de leur concurrence commerciale directe, une trajectoire industrielle étonnamment parallèle : toutes deux seront remplacées, à la fin des années 1970, par un modèle directement dérivé de leur propre plateforme plutôt que par une conception entièrement nouvelle — la Renault 18 succédera à la 12 sur des bases techniques apparentées, tout comme la 305 succède à la 304 (voir Fin de carrière de la 304 — une succession partagée entre 104 et 305). Ce parallélisme illustre une contrainte industrielle commune aux constructeurs généralistes français des années 1970, plus soucieux de rentabiliser leurs investissements que d'innover en continu sur ce segment intermédiaire du marché.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
sites.google.com (Association Renault Histoire, revue Synchro)
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci