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§ 01 · Histoire et modèles

Exportations de la 304 — États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Australie

Peugeot 304 · 1969–1980 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Si la 304 est restée d'abord et avant tout une automobile du marché domestique français et européen, elle a connu plusieurs aventures à l'export, documentées de façon inégale selon les marchés. Contrairement à sa devancière la 404, dont l'implantation industrielle en Afrique et en Amérique du Sud s'est prolongée pendant des décennies (voir Production, usines et exports de la Peugeot 204, corpus peugeot-204/), aucun montage local (CKD) de la 304 n'a été identifié lors des recherches menées pour ce dossier — un point qui reste, comme pour la 204, un gisement de recherche ouvert plutôt qu'une conclusion définitive.

États-Unis : une parenthèse de deux ans (1971-1972)

La 304 est commercialisée aux États-Unis pendant seulement deux années-modèles, 1971 et 1972, dans une version fédéralisée reconnaissable à ses doubles phares ronds scellés (« quad sealed beam »), qui remplacent les optiques composites européennes et donnent à la face avant américaine un air encore plus proche de celui de la 504. Le prix de lancement s'établit à 2 625 dollars. Berline, break et cabriolet sont proposés sur ce marché (le coupé et le cabriolet, en revanche, n'y sont officiellement pas vendus selon un témoignage de propriétaire recoupé sur cette même source ; un exemplaire de cabriolet américain photographié pour l'article laisse cependant penser que quelques unités ont malgré tout circulé, sans doute par importation parallèle). ⚠️ Chiffre à recouper avec prudence : une source française (lautomobileancienne.com) avance un total de 4 269 exemplaires vendus aux États-Unis sur l'ensemble de la période 1970-1972 ; ce chiffre n'a pas pu être confirmé de façon indépendante par une source américaine lors de ce crawl, mais rien ne le contredit non plus.

Une ironie du calendrier

Peugeot retire la 304 du marché américain après le millésime 1972, un an tout juste avant le premier choc pétrolier de 1973 — un timing unanimement jugé malheureux par les commentateurs américains spécialisés : une petite berline économe en carburant aurait probablement trouvé un accueil commercial très différent quelques mois plus tard, comme l'illustre le succès inattendu qu'a alors connu la 504 (et surtout sa version Diesel) sur ce même marché. Le rapport de force concurrentiel de 1971-1972 restait cependant défavorable à la 304 : à prix comparable, les Toyota Corona et Datsun 510 japonaises offraient un réseau de pièces et un service après-vente que Peugeot ne pouvait pas encore égaler aux États-Unis.

Un accueil critique mitigé

La revue Road & Track, dans un test d'époque cité par plusieurs propriétaires américains, relève un défaut de fatigue des freins particulièrement marqué lors de son essai standardisé (effort à la pédale multiplié par 2,5 après sollicitation répétée) — un point qui n'apparaît dans aucune des sources techniques françaises consultées pour ce dossier et qui pourrait relever d'un exemplaire d'essai mal préparé plutôt que d'un défaut structurel (voir Le système de freinage de la 304 — disques avant, tambours arrière, et la controverse Road & Track). À l'inverse, plusieurs témoignages de propriétaires ou de mécaniciens ayant pratiqué la 304 aux États-Unis et en Allemagne saluent un moteur particulièrement endurant, capable de très haut kilométrage, doté de chemises de cylindre humides facilitant la réfection, et « joueur » car montant volontiers dans les tours (voir Sensations de conduite et retours de propriétaires sur la 304 pour une synthèse complète de ces retours).

Royaume-Uni : de petites séries en conduite à droite

Un nombre restreint de cabriolets 304 a été construit en conduite à droite pour l'exportation vers le Royaume-Uni et d'autres marchés à conduite à droite, intégrés à la numérotation de série commune plutôt qu'à une séquence dédiée (voir Les Peugeot 304 Coupé et Cabriolet, dessinés par Pininfarina). La 304 a également circulé, de façon apparemment plus confidentielle, en conduite à droite sur des marchés comme l'Australie ou le Kenya, où la 404 gardait toutefois une présence commerciale bien plus affirmée.

Allemagne : un marché de niche apprécié

Plusieurs témoignages convergents (commentaires de propriétaires allemands ayant possédé deux exemplaires) décrivent la 304 comme une alternative bienvenue face aux Volkswagen à moteur arrière encore dominantes sur ce marché au début des années 1970, et plus confortable que les Ford et Opel allemandes concurrentes de gabarit comparable — la réputation de fragilité à la corrosion de la carrosserie française restant néanmoins un point de vigilance identifié par les mêmes témoins, en particulier au regard des exigences du contrôle technique allemand (TÜV). Voir Points de corrosion à vérifier avant achat d'une Peugeot 304 pour le détail de cette problématique.

Australie : une présence confidentielle

Contrairement aux Peugeot à propulsion (403, 404, 504), assemblées localement à Melbourne (Heidelberg), les 304 à traction avant n'ont apparemment jamais fait l'objet d'un montage local en Australie : les rares exemplaires connus des collectionneurs australiens actuels (dont un cabriolet 304 S photographié lors d'un rassemblement de la marque) semblent relever de l'importation privée plutôt que d'une distribution officielle organisée.

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Provenance de cette fiche
Site source
curbsideclassic.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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