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§ 01 · Histoire et modèles

Le partenariat Peugeot-Pininfarina — situer la 304 dans un demi-siècle de collaboration

Peugeot 304 · 1969–1980 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le coupé et le cabriolet 304 (voir Les Peugeot 304 Coupé et Cabriolet, dessinés par Pininfarina) ne sont pas un épisode isolé, mais un chapitre parmi bien d'autres d'une collaboration entre Peugeot et le studio turinois Pininfarina qui s'étend sur près de cinquante ans, de 1955 à la fin des années 2000.

Origines : la 403 et la naissance d'un « tandem »

La collaboration industrielle naît au début des années 1950, lorsque Peugeot, dont le style interne dirigé par Henri Thomas produit alors des automobiles jugées compétentes mais conservatrices, se tourne vers Battista « Pinin » Farina pour donner un supplément d'élégance à sa nouvelle berline. Le lien remonte en réalité plus loin : Farina avait déjà habillé, à la fin des années 1920, quelques exemplaires de la petite Quadrilette Peugeot pour le compte de Robert Peugeot. Cette première collaboration ponctuelle porte ses fruits avec la 403, dévoilée sous la Tour Eiffel en avril 1955 : plus d'1,2 million d'exemplaires vendus jusqu'en 1966, un rayonnement mondial (exportation jusqu'en Australie et en Argentine), et une place dans la culture populaire grâce au cabriolet 403 du détective Columbo. Peugeot devient ainsi le premier constructeur français à confier le style de son modèle phare à un studio italien.

La 404 : le studio devient aussi un site de production

La réussite de la 403 pousse Peugeot à confier à Pininfarina, en 1956, le dessin du cabriolet 403 (moins de 2 600 exemplaires), puis en 1960 celui de la 404, dont les lignes plus tendues et modernes lui valent le surnom de « Mercedes française » dans la presse d'époque. À partir de 1962-1963, le coupé et le cabriolet 404 ne sont plus seulement dessinés mais entièrement construits par Pininfarina à Turin : les planchers nus, expédiés par le rail depuis Sochaux, y reçoivent carrosserie, peinture et intérieur avant de repartir en France pour la pose du groupe motopropulseur — une organisation industrielle bien plus intégrée que celle retenue plus tard pour la 304. Environ 17 000 exemplaires de 404 Coupé et Cabriolet cumulés sortiront de cette collaboration.

La 204, puis la 304 : Pininfarina descend en gamme

En 1965, Pininfarina signe également le style de la 204, première traction avant Peugeot, dans un esprit plus rond et plus accessible que celui de la 404 — un choix qui contribuera à en faire la voiture la plus vendue de France. ⚠️ Point à recouper avec prudence : cette même source attribue à Pininfarina le dessin du coupé et du cabriolet 204, alors que des sources françaises spécialisées déjà exploitées dans ce corpus (voir La genèse stylistique de la 204 — entre influence Pininfarina et style maison Paul Bouvot, corpus peugeot-204/) créditent le styliste maison Paul Bouvot pour ce même dessin — une divergence non tranchée, consignée dans sources/verification-croisee.md. En 1970, la même question se pose pour la 304 : cette source qualifie sans ambiguïté le coupé et le cabriolet 304 de « pures créations Pininfarina », tandis que la berline 304 elle-même serait restée, selon cette même analyse, un simple restylage interne à Peugeot — une répartition des rôles cohérente avec l'attribution du dessin du coupé/cabriolet 304 au styliste Pininfarina Aldo Brovarone (voir Les Peugeot 304 Coupé et Cabriolet, dessinés par Pininfarina).

Le sommet de la collaboration : la 504

En 1968-1969, la 504 — dessinée sous la direction d'Aldo Brovarone, le même styliste que celui du coupé/cabriolet 304 — marque l'apogée de la collaboration : voiture de l'année en Europe en 1969, slogan publicitaire assumé (« style italien, âme française »), plus de 23 000 coupés et 8 000 cabriolets construits sur quatorze ans (dessinés cette fois par un autre styliste maison Pininfarina, Franco Martinengo). C'est dans le sillage direct de ce succès que le studio turinois se voit confier, la même année, le dessin des versions à carrosserie de loisir de la petite 304.

Après la 304 : une collaboration qui ne faiblit pas

Le fil ne s'arrête pas à la 304 : Pininfarina contribue à la mise au point de la 104 (1972), dessine intégralement les 604 (1975), 305 (1977) et participe à la conception de la 505 (1979), avant de continuer sur les 205 Cabriolet (1985), 405 (1987, dessinée en parallèle de l'Alfa Romeo 164), 605 (1989), 306 Cabriolet (1994) et surtout le 406 Coupé (1997), considéré par beaucoup comme l'aboutissement esthétique de toute la collaboration. Celle-ci s'achève discrètement au milieu des années 2000, après la petite citadine 1007 (2005), lorsque le groupe PSA décide d'internaliser entièrement le style et l'industrialisation de ses modèles.

Ce que cette lignée dit de la place de la 304

Resituée dans cette chronologie longue, la 304 Coupé/Cabriolet apparaît comme un jalon mineur en termes de volumes (18 647 cabriolets, un chiffre de coupé non établi avec précision — voir Les Peugeot 304 Coupé et Cabriolet, dessinés par Pininfarina) mais cohérent dans son positionnement : au même titre que les 204 CC avant elle, elle témoigne de la volonté de Peugeot d'étendre la « signature » Pininfarina jusqu'aux carrosseries de loisir de ses modèles les plus populaires, et non de la réserver aux seules grandes routières.

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Provenance de cette fiche
Site source
carrozzieri-italiani.com
Auteur du site
Andreas Scheidl (carrozzieri-italiani.com), site spécialisé dans l'histoire des carrossiers italiens
Date d'extraction
12 sept. 2026
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