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§ 01 · Histoire et modèles

Histoire générale de la Peugeot 304 (1969-1980)

Peugeot 304 · 1969–1980 · 5 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Présentée en octobre 1969 et produite jusqu'en 1980, la Peugeot 304 occupe une place singulière dans l'histoire de la marque au Lion : dérivée directe de la Peugeot 204 dont elle reprend la cellule centrale, elle a pourtant connu une carrière commerciale plus longue et, au total, presque aussi dense que celle de son aînée, tout en restant durablement perçue comme un simple « modèle dérivé » plutôt que comme une automobile à part entière.

Genèse : combler l'écart entre la 204 et la 504

Au milieu des années 1960, Peugeot ne dispose que d'une gamme à deux étages : la 204, best-seller populaire lancée en 1965, et la 504, nouvelle berline haut de gamme dévoilée en 1968. Un vide sépare les deux, que le bureau d'études sochalien étudie dès 1967 sous le nom de code D18. L'idée retenue est d'une grande économie industrielle : plutôt que de développer une plateforme entièrement neuve, Peugeot réutilise l'intégralité de la cellule centrale de la 204 et se contente d'en modifier les extrémités avant et arrière pour l'allonger — une recette déjà éprouvée par Renault en 1966 lorsque la marque au losange avait fait naître la 10 à partir de la 8. La 304 est ainsi officiellement présentée au Salon de Paris d'octobre 1969, un an après la 504, en même temps que sa principale rivale française, la Renault 12 (voir La 304 face à ses concurrentes du segment 7 CV — Renault 12 et Simca 1301 pour le détail de cette concurrence).

Une 204 rallongée, mais pas seulement

L'allongement porte sur deux centimètres à l'avant et treize centimètres à l'arrière, entièrement au bénéfice du volume de coffre (326 dm³, très supérieur à celui de la 204, souvent critiqué). Peugeot habille cette opération de rationalité économique d'une face avant à phares trapézoïdaux directement inspirée de celle de la 504, dans le but assumé de brouiller la filiation avec la 204 et de donner à la nouvelle venue un supplément de prestige. Sous le capot, la 304 reçoit un moteur inédit, le XL3 (1288 cm³, 65 ch DIN), directement dérivé de l'architecture du moteur XK de la 204 mais à cylindrée augmentée (voir Les moteurs essence de la 304 — XL3, XL3S, XL5, XL5S, XK5) ; la boîte de vitesses, le pont et l'essentiel du train roulant restent en revanche ceux de la 204 (voir Suspension, berceau et direction de la 304 — du pseudo-MacPherson au vrai MacPherson de la 305). Un tableau de bord entièrement nouveau différencie l'habitacle de celui de la 204, laquelle héritera d'ailleurs en retour de certains de ces aménagements intérieurs.

Une gamme complète, construite carrosserie après carrosserie

Comme la 204 avant elle, la 304 déploie progressivement une gamme complète de carrosseries :

Le détail chronologique complet des évolutions techniques et esthétiques, salon par salon, est rassemblé dans Le restylage de 1973 — pavillon, tableau de bord et levier au plancher et dans Repères de millésimes — quelle carrosserie 304 pour quelle année ?.

Une carrière commerciale solide, mais dans l'ombre de la 204 puis de la 104

La 304 rencontre un succès commercial réel : elle contribue, aux côtés de la 204, à faire de Peugeot le numéro deux du marché français devant Citroën durant les années 1970. Mais elle n'a jamais eu la reconnaissance culturelle de son aînée, dont le lancement en 1965 avait constitué une rupture technique radicale pour la marque (traction avant, moteur transversal en alliage léger — voir Le groupe motopropulseur de la 204 — moteur transversal, boîte et pont sous carter commun) : arrivée cinq ans plus tard sur une plateforme déjà amortie, la 304 a longtemps été perçue par la presse et le grand public comme une simple 204 rallongée et « habillée » façon 504, un raccourci que les journalistes automobiles reprennent encore aujourd'hui avec des formules comme « la 504 du pauvre » ou une « 204 déguisée ». Elle doit aussi composer, dès 1972, avec l'arrivée de la 104 sur le segment inférieur, qui capte une partie de la clientèle jusque-là partagée entre 204 et 304. La 304 finit néanmoins par survivre à la 204 elle-même (arrêtée en 1976) et devient, entre 1976 et 1979, l'unique petite Peugeot de milieu de gamme en fabrication, bénéficiant même de motorisations et de versions simplifiées reprises de la 204 défunte (moteur XK5, break GL — voir Les moteurs essence de la 304 — XL3, XL3S, XL5, XL5S, XK5).

Chiffres de production

Confirmé par deux sources indépendantes : la production totale de la 304 s'élève à 1 178 425 exemplaires entre 1969 et 1980, selon l'article Wikipédia consacré au modèle et selon carjager.com. ⚠️ Divergence mineure consignée : lautomobileancienne.com et le site du fabricant de coussinets embiellage-collector.com (dont l'article reprend largement la même trame narrative) avancent de leur côté le chiffre de 1 178 423 exemplaires — un écart de deux unités seulement, qui n'affecte pas l'ordre de grandeur mais mérite d'être consigné (voir sources/verification-croisee.md). Ce total, réparti sur onze années, reste inférieur à celui de la 204 (1 604 296 exemplaires en onze ans également) mais dépasse la durée de carrière de cette dernière de quatre années.

Fin de carrière et succession partagée

La production s'arrête en deux temps : l'été 1979 pour la berline, le printemps 1980 pour le break et la fourgonnette. Contrairement à la 204, remplacée en douceur par la conjonction de la 104 (dès 1972) et de la 304 elle-même, la 304 n'a pas de remplaçante directe et immédiate unique : sa succession est partagée entre la 104, déjà en gamme depuis 1972 sur un positionnement plus compact, et la 305, lancée en 1977 et directement dérivée de la 304 selon la même recette économique qui avait donné naissance à cette dernière — voir le détail de cette double succession dans Fin de carrière de la 304 — une succession partagée entre 104 et 305.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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