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§ 01 · Histoire et modèles

Genèse de la Peugeot 404 — succession de la 403 et style Pininfarina

Peugeot 404 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le déclic de la DS

En avril 1955, Peugeot dévoile la 403 au Palais de Chaillot. Six mois plus tard à peine, Citroën frappe un grand coup avec la DS, présentée au Salon de l'automobile du Grand Palais et véritable démonstration de force technologique (suspension hydropneumatique, freins assistés, direction assistée). La direction de Peugeot, à Sochaux, réagit vite : dès la fin de l'année 1955, l'étude d'une remplaçante de la 403 est lancée en urgence, sous le nom de code « projet 103 », aussi appelé « 404 N ». Un moment envisagée, une motorisation V8 associée à des suspensions hydrauliques ou oléopneumatiques est vite abandonnée — la complexité technique et l'existence de brevets déjà déposés par Citroën pèsent lourd dans cet arbitrage. Peugeot fait alors le choix, à contre-courant de la fuite en avant technologique, de préserver ce qui a fait le succès de la 403 : une mécanique fiable et solide, sans prise de risque, tout en s'ouvrant davantage au style.

Un contrat d'exclusivité avec Pininfarina

Satisfaite d'une première collaboration réussie avec le carrossier italien Pininfarina pour la ligne de la 403, la direction de Peugeot lui confie également l'étude de la carrosserie de la 404, avec un délai de conception particulièrement resserré. Le 1er avril 1957, les deux entreprises signent un contrat d'exclusivité de cinq ans.

Le style Peugeot interne, dirigé à l'époque par Paul Bouvot à La Garenne-Colombes, entretient une rivalité feutrée avec le carrossier turinois tout au long de cette collaboration.

La ligne Florida, un dessin déjà largement diffusé

Pininfarina s'inspire directement de la ligne Florida, un prototype conçu pour Lancia qui préfigurait la berline Flaminia — une synthèse de l'école stylistique italienne mâtinée de codes américains typés « Googie » (pare-brise panoramique enveloppant, ailerons arrière effilés). Homme d'affaires avisé, Battista Pininfarina rentabilise ce dessin en le proposant à plusieurs constructeurs : Fiat (1800/2100), le groupe britannique BMC (Austin Cambridge et Westminster, Morris Oxford Farina), le japonais Isuzu (berline Bellel), et même Cadillac pour sa monumentale « Jacqueline ». La parenté stylistique entre la 404 et la Fiat 1800/2100 est particulièrement nette, au point qu'aujourd'hui encore beaucoup pensent, à tort, que Fiat aurait copié Peugeot — c'est en réalité l'urgence du calendrier (et l'entremise de Pininfarina, qui diffuse le même dessin à plusieurs clients) qui explique cette ressemblance.

Pour éviter une trop grande similitude entre les modèles dérivés de la Florida, quelques ajustements sont apportés à chaque déclinaison. Sur la 404, Peugeot impose ses propres retouches : la marque renonce aux nombreux chromes que Pininfarina souhaitait lui appliquer, et revoit le dessin de la calandre ainsi que les bandeaux d'aluminium strié de la jupe arrière. Résultat : une face avant moins plongeante que sur la Fiat, des ailerons arrière plus fins mais plus hauts, un profil plus élancé — un mélange assumé de style français, italien et américain, comparable dans son esprit à ce que fait Simca à la même période.

La carrosserie de la 404 est finalisée en un temps record : trois mois. Pininfarina livre un premier prototype à Peugeot en octobre 1957. L'année suivante, en 1958, ce prototype relie par la route les bureaux de Pininfarina à Turin jusqu'à l'usine de Sochaux — un galop d'essai grandeur nature avant la mise en production.

Une base mécanique héritée de la 403, perfectionnée

Côté technique, Peugeot limite les risques en reprenant la base de la 403 plutôt qu'en repartant de zéro : bloc-moteur en fonte, quatre cylindres en ligne, culasse en alliage léger Alpax à chambres de combustion hémisphériques, distribution par arbre à cames latéral. Le bureau d'études améliore néanmoins ce socle : vilebrequin et embiellage revus, nouvelle culasse, et surtout la cylindrée est portée à 1,6 litre grâce à un alésage augmenté de 4 mm et surtout à une inclinaison du bloc à 45° sur la droite (bloc « couché »). Cette configuration permet d'atteindre 65 ch DIN (72 ch SAE) à l'origine. Peugeot conserve par ailleurs, pour ne pas trop dépayser sa clientèle fidèle, l'architecture générale de la 403 : propulsion, essieu arrière rigide, boîte de vitesses au volant — seule la suspension avant à ressorts hélicoïdaux est entièrement revue, apportant à la nouvelle berline une tenue de route et un confort inconnus jusqu'alors chez Peugeot.

Un « salon roulant »

Au-delà de la mécanique, Peugeot soigne particulièrement l'aménagement intérieur pour asseoir le positionnement de la 404 : chauffage-ventilation perfectionné, montre électrique, thermomètre d'eau, compteur kilométrique totalisateur et partiel, éclairage de tableau de bord à intensité variable, essuie-glaces avec lave-glace à deux jets, pare-soleil avec miroir côté passager, vide-poches, deux cendriers (avant et arrière) et éclairage plafonnier automatique — une profusion d'équipements qui permet à la marque de qualifier sa nouvelle berline de véritable « salon roulant ». Voir Lancement de la Peugeot 404 — présentation officielle de mai 1960 pour la présentation officielle et La berline Peugeot 404 — versions, finitions et équipements (1960-1975) pour le détail des versions qui en découlent.

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Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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