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§ 01 · Histoire et modèles

Lancement de la 928 — un accueil critique nettement plus partagé que ne le suggère son palmarès

Porsche 928 · 1977–1995 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Des récompenses immédiates, mais une réception de presse mitigée

Livrée aux clients à partir de l'automne 1977, la 928 recueille d'emblée plusieurs distinctions : les lecteurs du magazine stuttgartois mot l'élisent voiture de sport la plus raisonnable de l'année, elle reçoit une médaille d'or de l'Institute of British Carriage and Automobile Manufacturers au salon automobile de Birmingham, avant de décrocher, en 1978, le titre envié de Voiture européenne de l'année — traité en détail dans Voiture européenne de l'année 1978 — la 928, toujours la seule sportive lauréate en 2026, à un cheveu près.

Ce palmarès flatteur masque cependant un accueil critique nettement plus contrasté au moment même du lancement. Le style, en particulier, divise ouvertement : certains observateurs saluent la pureté des lignes, d'autres la jugent au mieux trop proche de celle de la 924 nettement moins chère, au pire « bulbeuse » et disgracieuse. Le comportement routier et le freinage ne suscitent guère de réserves, mais la voiture est unanimement jugée dépourvue de l'exaltation procurée par la 911 Turbo (930) contemporaine — un compromis assumé entre sportivité et confort qui ne convainc pleinement ni les amateurs de sensations fortes ni les acheteurs de grand tourisme de luxe déjà fidèles à une Mercedes 450SLC ou une Jaguar XJ-S.

La comparaison americano-centrée à la Corvette

Nombre de critiques de l'époque, notamment nord-américains, rapprochent spontanément la 928 de la Chevrolet Corvette : toutes deux sont des grand tourisme V8 de gabarit comparable, bien que la Corvette reste un strict biplace à carrosserie en fibre de verre quand la 928 est une 2+2 à carrosserie acier/aluminium. Une source de fond indépendante souligne que cette comparaison, mal vécue par les puristes de la marque, n'était pas dénuée de fondement commercial : les ventes de la Corvette progressaient alors régulièrement en dépit de prix en hausse et de performances en retrait, preuve qu'un marché existait bel et bien pour des grand tourisme V8 relativement civilisés — un segment sur lequel Porsche espérait précisément se positionner avec la 928.

Des ventes initiales décevantes qui scellent, en pratique, le sort du projet de remplacement

Vendue nettement plus cher que la 911 qu'elle devait à terme remplacer, freinée par un style qui ne fait pas l'unanimité, la 928 s'écoule initialement à un rythme d'à peine 5 000 exemplaires par an — largement éclipsée aussi bien par la 911 que par la 924, pourtant bien moins onéreuse. Ce chiffre suffit à assurer à la 928 une place pérenne dans la gamme, mais s'avère nettement insuffisant pour justifier l'arrêt de la 911 initialement envisagé par Fuhrmann : selon une source de fond indépendante, c'est dès ce moment, par la seule sanction commerciale du marché et avant même l'épisode plus tardif et plus célèbre du changement de direction chez Porsche, que les projets de remplacement de la 911 sont discrètement mis de côté. Voir Pourquoi la 928 n'a jamais vraiment remplacé la 911, en pratique pour le développement complet de cet angle.

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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