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§ 07 · Carrosserie

Carrosserie polyester sur châssis galvanisé — le procédé Matra qui corrige le défaut de la Bagheera

Renault Espace · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une filiation directe avec la Bagheera, mais un défaut historique corrigé

Le procédé de construction de l'Espace — une coque métallique porteuse habillée de panneaux de carrosserie en matériau composite — prolonge directement le savoir-faire déjà mis en œuvre par Matra sur la Bagheera puis le Rancho (voir Carrosserie polyester sur châssis-poutre — le savoir-faire composite hérité de l'aérospatiale et Le Matra-Simca Rancho, précurseur du SUV de loisirs (1977-1984)), lui-même hérité de l'expérience aérospatiale du groupe (voir Matra, des missiles à l'automobile — genèse d'un constructeur atypique). Mais l'Espace corrige, dès sa conception, le talon d'Achille documenté de la Bagheera : la corrosion précoce de sa structure métallique porteuse, restée en acier non traité (voir La corrosion précoce de la Bagheera — polyester increvable, châssis acier fragile). Sur l'Espace, ce châssis en cage de tôles d'acier embouties est traité par galvanisation à chaud : 30 kg de zinc sont déposés sur une couche de 65 microns, procédé qui améliore par ailleurs la rigidité de la caisse de 60 % en torsion et de 20 % en flexion, au point de permettre l'utilisation de tôles plus fines que celles initialement prévues. Selon Motorlegend, cette galvanisation par immersion dans un bain de zinc en fusion offre une garantie de protection anticorrosion de quinze ans — un atout qui explique le bon vieillissement des Espace de première génération encore en circulation aujourd'hui, quarante ans après leur sortie d'usine.

Ce même procédé de galvanisation systématique n'apparaît, côté Matra, qu'à partir de 1981 sur la Murena (voir La Murena (1980), remplaçante de la Bagheera et premier châssis galvanisé de série) — l'Espace en généralise donc l'application à une échelle industrielle bien supérieure trois ans plus tard.

Un procédé composite salué jusque chez la concurrence allemande

La carrosserie proprement dite est réalisée en panneaux de polyester stratifié et fibre de verre, un matériau par nature incorrodable qui complète la protection du châssis. Grâce au brevet Matra SMC (Sheet Moulding Compound, un composite fabriqué à haute pression dans des moules métalliques — voir L'évolution du composite — du stratifié artisanal au SMC pressé à chaud sur l'Espace II pour son évolution sur l'Espace II), l'Espace parvient au fil des années à une qualité de surface et de peinture jugée équivalente à celle de la tôle classique. Selon Motorlegend, des ingénieurs de BMW, venus s'informer directement à Romorantin dans les années 1990, auraient jugé cette qualité digne de leur propre Série 7 — une reconnaissance industrielle notable pour un procédé né chez un constructeur confidentiel français.

Une carrosserie non structurelle, un choix industriel autant que technique

Comme sur la Bagheera, la carrosserie composite n'a pas de rôle porteur : elle se fixe sur la coque métallique galvanisée, seule responsable de la tenue structurelle du véhicule (voir Un monospace sans plate-forme à lui — quatre générations de mécaniques d'emprunt pour la filiation mécanique complète de cette coque à travers les générations). Ce principe permet de limiter les coûts d'outillage par rapport à un emboutissage classique de tôle et facilite les restylages successifs — deux avantages industriels décisifs pour un partenaire comme Matra, dont les volumes de production, bien que considérables à l'échelle de l'Espace, restent inférieurs à ceux des grands constructeurs généralistes.

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Provenance de cette fiche
Site source
motorlegend.com (Saga Matra, Gilles Bonnafous), fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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