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§ 07 · Carrosserie

Carrosserie polyester sur châssis-poutre — le savoir-faire composite hérité de l'aérospatiale

Matra Bagheera · 1973–1980 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une structure caissonnée en acier, une peau en polyester armé

La Bagheera repose sur une structure caissonnée en acier, autoportante, qui constitue la véritable colonne vertébrale mécanique de la voiture : c'est sur cette coque en tôle emboutie et soudée que sont fixés le train avant de la Simca 1100, le train arrière et l'ensemble de la mécanique (voir Trains roulants, freins et pneumatiques de la Bagheera). Sur cette ossature métallique viennent ensuite se fixer, par rivetage ou par collage, les éléments de carrosserie en polyester armé de fibres de verre, à l'aide de résines choisies pour leurs propriétés auto-extinctrices — un souci de sécurité incendie déjà présent dans les priorités de conception. Ce principe de construction, hérité directement de la Djet puis de la 530 (voir La Matra 530, l'échec fondateur qui a rendu la Bagheera nécessaire), permet de limiter les coûts d'outillage par rapport à un emboutissage classique de tôle et de faciliter les restylages successifs du modèle en cours de carrière (voir La Bagheera seconde génération (1977-1980) — restylage, X, Jubilé et fin de carrière) — deux avantages industriels décisifs pour un constructeur aux volumes de production limités comme Matra.

Un savoir-faire composite antérieur à la Bagheera

Cette maîtrise des matériaux composites ne naît pas avec la Bagheera : elle provient directement de l'expérience accumulée par Matra dans l'aéronautique et l'armement (voir Matra, des missiles à l'automobile — genèse d'un constructeur atypique), formalisée dès avant le rachat de René Bonnet par la filiale Générale d'Application Plastique (GAP), déjà installée à Romorantin. C'est cette double expérience — composites aérospatiaux d'un côté, carrosserie de compétition de l'autre, la Djet ayant déjà expérimenté ce principe de construction dès le début des années 1960 — qui permet à Matra de industrialiser cette technique sur une voiture de plus grande diffusion que ses devancières.

Une architecture aérodynamique soignée

Le soubassement largement caréné de la Bagheera participe à un coefficient de traînée de 0,33 en première génération (0,35 après le restylage de 1977, du fait de pare-chocs plus enveloppants), une valeur saluée par la presse d'époque comme remarquable pour une carrosserie aussi large et courte. La répartition des masses qui en résulte, nettement orientée vers l'arrière du fait de la position centrale du moteur, fait l'objet d'une divergence de sources documentée dans Trains roulants, freins et pneumatiques de la Bagheera.

Un procédé qui refera surface, en plus grand, avec l'Espace

Ce même savoir-faire en carrosserie composite sur structure métallique portante se retrouvera, une décennie plus tard, sur le Renault Espace, conçu par les mêmes équipes Matra sous la direction de Philippe Guédon (voir Bilan de Matra Automobile — de la Djet à l'Avantime, un million de voitures et Philippe Guédon, l'ingénieur derrière la 530, la Bagheera et l'Espace) — la Bagheera n'étant, de ce point de vue, qu'une étape dans une continuité industrielle qui trouve son aboutissement commercial avec le monospace. Le dossier consacré à ce modèle n'existe pas encore dans ce corpus au moment de la rédaction de cette fiche ; en attendant son ouverture, deux points d'ancrage existent déjà ailleurs dans le corpus : la fiche consacrée au Matra-Simca Rancho, qui documente cette même filiation Matra-Espace du point de vue de la Simca 1100 (voir Le Matra-Simca Rancho, précurseur du SUV de loisirs (1977-1984)), et celle consacrée à la Renault 16, présentée par la presse rétrospective comme l'ancêtre conceptuel du monospace côté habitacle (voir La Renault 16, ancêtre conceptuel du monospace et de l'Espace).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
sitematrarama.free.fr (André Dewael), reproduction d'un essai de « Sport Moteur » n°354 (1973), autocollec.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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