La HopeStar ON360, le prototype jamais vraiment abouti dont est né le Jimny
Fiche technique
Commercialisée à partir de décembre 1967 (période de vente officielle : décembre 1967 – août 1968 selon Wikipédia en japonais ; certaines sources anglophones parlent plutôt d'une disponibilité à partir d'avril 1968), la HopeStar ON型4WD, dite ON360, est un tout-terrain kei ouvert à deux places, sans portières :
- Moteur : bicylindre 2-temps refroidi par air Mitsubishi ME24, 359 cm³, 21 ch (PS) à 5 500 tr/min, 3,2 kg·m à 3 500 tr/min — un moteur acheté à Mitsubishi (à l'époque Shin-Mitsubishi Heavy Industries), Hope ne fabriquant pas ses propres moteurs.
- Transmission : boîte 4 vitesses avec démultiplicateur à 2 rapports.
- Châssis : châssis échelle classique, carrosserie en trois éléments assemblés presque intégralement à la main.
- Pièces recyclées d'autres constructeurs : essieu arrière de la Mitsubishi Colt 1000, roues de la Jeep produite sous licence par Mitsubishi, freins d'origine Daihatsu, pneus 6.00-16 identiques à ceux de la Jeep.
- Dimensions : empattement 1 950 mm, longueur 2 995 mm, largeur 1 295 mm, hauteur 1 765 mm, poids 620 kg, charge utile 250 kg à deux occupants.
- Performances : vitesse de pointe 70 km/h (30 km/h en mode 4 roues motrices).
Le véhicule est conçu et commercialisé pour un usage très ciblé — accès aux zones de montagne et aux régions enneigées, notamment pour les tournées de médecins de campagne.
Un échec commercial et un nombre d'exemplaires incertain
Les ventes sont un échec quasi total malgré la réalisation de catalogues et d'un film promotionnel 8 mm. Le nombre exact d'exemplaires construits varie fortement selon les sources :
- ~100 unités est le chiffre le plus souvent répété dans les sources anglophones (Wikipédia anglophone, Hope Motor Company), mais il correspond en réalité au nombre de moteurs achetés à Mitsubishi, pas au nombre de véhicules finis.
- Wikipédia en japonais avance un chiffre nettement plus bas et plus détaillé : 15 exemplaires à moteur Mitsubishi, auxquels s'ajoutent 3 exemplaires à moteur Suzuki construits à la demande de Suzuki pour évaluation lors des négociations de rachat (voir 1968, le pari méconnu d'Osamu Suzuki sur un tout-terrain que personne ne voulait) — soit une dizaine à peine plus de 18 unités identifiées avec certitude.
- Une autre source (lj10.com, citant un magazine japonais consacré à l'histoire de Hope) avance encore un troisième chiffre : 50 exemplaires au total (20 vendus au Japon, 30 exportés en Asie du Sud-Est).
- Une poignée d'exemplaires aurait été rachetée par des maisons de commerce pour l'export vers l'Asie du Sud-Est.
- Il ne resterait aujourd'hui que 3 exemplaires connus conservés au Japon.
⚠️ Ces trois fourchettes (environ 100 / une quinzaine à une vingtaine / une cinquantaine) ne se recoupent pas et aucune source ne semble s'appuyer sur un registre de production primaire retrouvé — voir le détail dans sources/verification-croisee.md.
Un jugement sévère et sourcé sur la qualité du véhicule
Au-delà du récit flatteur de « prototype pionnier », au moins un jugement technique très critique existe sur la qualité réelle de l'ON360. Le journaliste automobile Ishikawa Yuichi (石川雄一), alors rédacteur en chef des revues spécialisées 4x4 japonaises 4x4 Magazine et Cross Country Vehicle, a emprunté et utilisé pendant plusieurs mois un exemplaire survivant pour un reportage. Son verdict, publié dans le magazine Old-timer (n°143, août 2015, p. 134) : l'ON360 était « un produit raté, qui ne fonctionnait pas comme un produit », avec une « conception présentant des défauts structurels sur des organes de sécurité importants ». Parmi les défauts qu'il détaille :
- la jauge à carburant n'était qu'un simple tube en vinyle transparent fixé à l'extérieur du réservoir, à l'arrière du véhicule — un risque réel de fuite et d'incendie ;
- la fixation du mécanisme de direction au châssis présentait une fragilité structurelle, avec des conséquences potentiellement graves sur la sécurité ;
- en réparant ce point, il a découvert que l'épaisseur même de la tôle du châssis était insuffisante dès l'origine.
Ce jugement, rarement relayé dans les récits grand public sur la genèse du Jimny, éclaire une partie de la réalité industrielle de Hope au moment où elle cherche à vendre les droits de son véhicule : un prototype prometteur sur le papier (architecture tout-terrain sérieuse, transfert 2 rapports) mais dont la réalisation restait, de l'aveu même d'un expert qui l'a longuement utilisé, très en deçà des standards d'un produit de série.
Voir aussi
- Site source
- ja.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://ja.wikipedia.org/wiki/ホープスター・ON型4WD ↗
- Le châssis échelle du Jimny — un choix de simplicité à contre-courantSuzuki Jimny
- 1968, le pari méconnu d'Osamu Suzuki sur un tout-terrain que personne ne voulaitSuzuki Jimny
- La LJ10 (1970), premier 4x4 kei produit en série au mondeSuzuki Jimny
- Quatre générations, une seule philosophie — la longévité d'une recette mécanique datéeSuzuki Jimny
- Hope Motor Company, le petit constructeur à l'origine du JimnySuzuki Jimny