Avant la Samurai officielle, l'importation parallèle américaine par IEC (années 1970)
Onze ans avant l'arrivée officielle de la Samurai aux États-Unis (1985, voir 1985-1988 — l'ascension fulgurante de la Samurai aux États-Unis), Suzuki elle-même ne croyait pas à un débouché américain pour son petit tout-terrain. Ce sont des importateurs indépendants qui ont ouvert la voie.
Une affaire de famille : IEC et les frères Sharp
Le site américain lj10.com, dédié à l'histoire de la LJ10/LJ20, a retrouvé et interrogé directement l'ancien propriétaire de la société d'importation à l'origine de cette diffusion précoce, désignée tantôt « International Equipment Co. », tantôt « Intercontinental Equipment Corporation » (IEC) selon les sources. L'entreprise était tenue par deux frères, Tim et Steve Sharp, épaulés par leur père Don Sharp, lui-même parmi les tout premiers concessionnaires Volkswagen/Porsche aux États-Unis. Tim Sharp, interrogé par le site des décennies plus tard, précise que lui et son frère géraient l'ensemble de l'activité au quotidien : mise aux normes de sécurité américaines, contractualisation avec le Japon, importation, réseau de concessionnaires, formation, distribution de pièces, publicité et relations presse, activités de club, salons automobiles. Tim Sharp poursuivra ensuite une carrière de pilote automobile (dix titres SCCA et IMSA, trente records au tour, engagé notamment en Groupe A FIA InterTech au Japon en 1987), avant de devenir pilote d'essai pour Lexus et Ford.
Des ventes croissantes, jusqu'à ce que Suzuki reprenne la main
Selon les chiffres recueillis par lj10.com auprès de Tim Sharp lui-même :
- environ 175 véhicules vendus la première année d'importation ;
- 800 la deuxième année ;
- 2 500 la troisième année ;
- 3 500 la quatrième et dernière année, en 1974, avant que Suzuki USA — voyant enfin l'existence d'un marché qu'elle avait négligé — ne rachète l'activité à IEC.
- Au total, entre 3 300 et 3 500 LJ10/LJ20 auraient été écoulées par IEC jusqu'en 1974.
L'arrivée de nouvelles réglementations américaines sur les émissions, combinée à des considérations internes à Suzuki, met fin aux importations de LJ après ce rachat — il n'y aura plus de Jimny vendu aux États-Unis avant la Samurai de 1985. Le site mentionne également qu'une poignée de LJ auraient trouvé preneur au Mexique via ce même circuit d'importation.
Détails techniques liés à ce marché
Deux options spécifiques au marché nord-américain méritent d'être notées : des jantes blanches en aluminium proposées en option par IEC provenaient du fabricant Tacoma Wheel, et les porte-roues de secours annexes étaient produits par House of Steel, un atelier de San Diego. Une motorisation alternative, un 4-cylindres 800 cm³ Daihatsu, aurait été envisagée par Suzuki pour la LJ20 nord-américaine mais n'a jamais été retenue.
⚠️ L'ensemble de ces chiffres et détails reposent sur une seule source (une interview menée par le site lui-même), non recoupée par une seconde source indépendante au cours de cette recherche — un gisement pour une session future serait de retrouver une trace documentaire de Suzuki USA ou de la presse spécialisée américaine des années 1970 confirmant ces volumes.
Voir aussi
- Site source
- lj10.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://www.lj10.com/lj_history/ ↗