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§ 01 · Histoire et modèles

Le rachat d'Alpine par Renault (1972-1978) — de la grève à la prise de participation majoritaire

Alpine A110 (Berlinette) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

L'indépendance d'Alpine, entreprise artisanale fondée par un seul homme (voir Jean Rédélé, concessionnaire Renault et pilote — la genèse d'Alpine (1922-1955)), ne survit pas à la croissance de la marque dans les années 1970 — dans une coïncidence de calendrier presque ironique, elle s'achève l'année même du plus grand succès sportif de la marque.

Des liens anciens avec Renault, resserrés progressivement

Alpine s'associe à Renault dès 1965 : à partir de 1966, ses voitures sont distribuées par le réseau commercial de la régie, et les berlinettes peuvent pour la première fois arborer le losange Renault sur leur face avant (voir L'A110 1500 VA (1967-1968) — la berlinette de série la plus rare). Cette collaboration croissante permet à Alpine d'accéder aux moteurs les plus modernes du losange (voir Le moteur Cléon-Alu — de la Renault 16 à l'A110 1500 et 1600 (1967-1977)) tout en conservant, jusqu'au début des années 1970, son indépendance capitalistique et sa structure artisanale.

1972 : une grève qui fragilise l'entreprise

En 1972, une grève paralyse l'entreprise Alpine. Dans le contexte d'une demande croissante mais d'une structure de production restée à taille humaine (voir Les usines Alpine — Dieppe (avenue Pasteur puis avenue de Bréauté) et l'annexe de Thiron-Gardais), cet épisode social fragilise la capacité de la marque à financer seule son développement, alors même que son programme sportif atteint son apogée : Alpine vient de remporter, en 1971, son premier titre international des marques en rallye (voir Rallye de Monte-Carlo 1971 — la première victoire mondiale d'Alpine).

1973 : Renault prend une participation majoritaire

C'est dans ce contexte que Renault concrétise en 1973 une prise de participation à hauteur de 70 % du capital d'Alpine. Selon plusieurs synthèses de presse consacrées à cet épisode, c'est Pierre Dreyfus, alors P-DG de Renault, qui demande à Jean Rédélé de faire entrer Renault au capital de la marque dieppoise — Rédélé n'acceptant qu'à la condition expresse que l'emploi de ses ouvriers soit garanti pendant au moins quinze ans.

Le même millésime 1973 voit Alpine devenir le tout premier constructeur sacré champion du monde des rallyes (voir 1973 — Alpine, premier champion du monde des rallyes constructeurs) : le rachat industriel de la marque par Renault intervient donc très exactement au sommet de son prestige sportif, et non dans un contexte de déclin.

1978 : le départ de Jean Rédélé

Bien que resté un temps aux commandes après l'entrée de Renault au capital, Jean Rédélé, qui ne se sent plus véritablement maître à bord de l'entreprise qu'il a fondée, quitte Alpine en 1978 — en obtenant de Renault la confirmation de la promesse d'emploi de quinze ans négociée en 1973. Rédélé meurt le 10 août 2007, à l'âge de 85 ans.

Conséquences industrielles à long terme

Le rachat par Renault permet à Alpine de survivre bien au-delà de la seule berlinette A110 : l'A310 (1971), la GTA (1985) puis l'A610 (1991) prolongent la lignée jusqu'en 1995, date d'arrêt total de la marque avant sa renaissance en 2017. L'usine de Dieppe, après l'arrêt de l'A610, est réorientée par Renault vers l'assemblage de la gamme Renault Sport, ce qui lui évite un arrêt total d'activité. L'usine annexe de Thiron-Gardais, elle, avait cessé son activité dès 1974, un an après le rachat (voir Les usines Alpine — Dieppe (avenue Pasteur puis avenue de Bréauté) et l'annexe de Thiron-Gardais).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0), recoupé avec plusieurs synthèses de presse (ggpauto.fr, motorsactu.com)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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