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§ 01 · Histoire et modèles

Le tournant du V6 (1976) — comment l'arrivée du PRV transforme l'A310

Alpine A310 · 1971–1984 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un correctif attendu après cinq ans de sous-motorisation reconnue

Après cinq années de commercialisation d'une A310 dont le déficit de puissance par rapport à son gabarit et son positionnement tarifaire est largement reconnu par la presse et la clientèle (voir Le moteur 4 cylindres 1600 Cléon-Alu de l'A310 (1971-1976) — une motorisation jugée insuffisante), Alpine et Renault dévoilent en septembre 1976, au Salon de Paris, la version qui va profondément changer la nature de la voiture : l'A310 V6, équipée du tout nouveau moteur V6 PRV de 2 664 cm³ (voir Le V6 PRV 2,7 litres sur l'A310 — application spécifique d'un bloc partagé entre trois constructeurs pour la généalogie complète de ce moteur, partagée avec d'autres constructeurs). automobile-sportive.com résume la situation avec une formule éclairante : le 4-cylindres avait fait de l'A310 « un modèle de liaison entre l'esprit voiture de sport et les GT » ; il fallait un moteur à la hauteur pour faire véritablement entrer Alpine dans le monde des grandes routières.

Un événement au Salon de Paris 1976

L'arrivée du V6 s'accompagne d'une refonte structurelle non négligeable de la voiture, suffisamment importante pour constituer, selon lesalpinistes.com, un véritable événement lors de cette édition du Salon de Paris. Le châssis-poutre central, conservé dans son principe, est renforcé pour accueillir un moteur plus lourd et plus volumineux que le quatre-cylindres (voir Châssis, suspensions et répartition des masses — l'équilibre bouleversé par le V6) ; la face avant est retouchée (voir Le restylage de 1976 — quatre phares, becquet et un nouvel habitacle pour le lancement du V6) ; l'habitacle gagne en équipement.

Un bond de performance immédiat et mesurable

Avec ses 150 ch DIN à 6 000 tr/min contre environ 125 ch pour le 4-cylindres, le V6 PRV permet à l'A310 d'atteindre 225 km/h et de descendre sous la barre des 29 secondes au kilomètre départ arrêté. Elle devient à ce moment le fer de lance des performances chez Renault, dépassant même la Porsche 911 2.7 contemporaine en vitesse de pointe (225 contre 210 km/h) malgré une puissance nominale inférieure (150 contre 165 ch), un écart que l'A310 compense par un poids inférieur d'environ 130 kg à celui de la Porsche.

Un effet immédiat sur les ventes

L'effet commercial de ce changement de motorisation est net et rapide : sur le seul exercice 1976, la production 4-cylindres tombe à 329 unités quand les tout premiers exemplaires V6 (produits en toute fin d'année) atteignent déjà 140 unités ; dès l'année pleine suivante, 1977, la production V6 bondit à 1 220 exemplaires, un volume que le 4-cylindres n'avait jamais approché sur une seule année (voir Les chiffres de production de l'A310 — un total qui varie selon les sources). carjager.com souligne à ce sujet, chiffres à l'appui, que l'arrivée du V6 n'a nullement sonné le déclin de la gamme A310, contrairement à une idée parfois répandue : les ventes annuelles progressent au contraire fortement par rapport à la période 4-cylindres.

Un moteur qui ne fait pourtant pas l'unanimité

Ce tournant n'est cependant pas exempt de zones d'ombre, documentées avec précision par automobile-sportive.com : le V6 PRV monté sur l'A310, dérivé de celui de la Renault 30 TS, reste alimenté par deux carburateurs Solex (un simple corps et un double corps) plutôt que par une injection, ce qui lui vaut d'être jugé « rugueux » et à la « sonorité peu agréable » par ce même testeur, qui regrette explicitement l'absence d'une solution à injection électronique comparable à celle déjà utilisée sur certaines GT concurrentes de l'époque. Le déplacement du centre de gravité vers l'arrière, avec une répartition des masses passant de 40/60 à 33/67 (avant/arrière), dégrade également l'équilibre dynamique par rapport au 4-cylindres — un revers de la médaille documenté en détail dans Châssis, suspensions et répartition des masses — l'équilibre bouleversé par le V6 et La polémique de 1977 sur la tenue de route du V6 — André Costa dans L'Auto-Journal.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0), automobile-sportive.com (auteur Sébastien Dupuis), lesalpinistes.com, carjager.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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