Les autres Bugatti d'avant-guerre — panorama des types 30 à 59
Entre la Type 35 de course (voir Bugatti Type 35 — la voiture de course la plus titrée de l'histoire, modèle par modèle), la Type 41 Royale de prestige absolu (voir Type 41 « Royale » — la voiture la plus chère et la plus démesurée jamais construite) et la Type 57 de grand tourisme (voir Type 57 — la stratégie du modèle unique déclinée en variantes, signée Jean Bugatti), la gamme Bugatti d'avant-guerre compte une dizaine d'autres modèles moins connus du grand public, mais qui jalonnent tout autant l'évolution technique et stylistique de la marque.
Type 30 (1922) — la porte d'entrée du huit-cylindres
Premier modèle Bugatti à huit cylindres commercialisé, la Type 30 introduit également les freins hydrauliques sur une automobile de la marque — une nouveauté technique majeure pour l'époque. Pierre de Vizcaya, fils du banquier espagnol qui avait financé les débuts de Bugatti à Molsheim (voir 1909 — la fondation de Bugatti à Molsheim, en Alsace allemande), termine deuxième au volant d'une Type 30 au Grand Prix de l'A.C.F. à Strasbourg.
Type 37 et Type 40 (1926) — les petites sœurs de la Type 35
Conçues par Ettore et Jean Bugatti en parallèle de la Type 41 Royale, ces deux modèles reprennent l'architecture générale de la Type 35 dans des versions plus modestes destinées à une clientèle sportive moins fortunée.
Type 43 et Type 44 (1927) — le sport-tourisme s'installe
La Type 43, à moteur huit cylindres, atteint une vitesse jugée hallucinante pour l'époque : 170 km/h. La Type 44, plus orientée vers une clientèle de tourisme, rencontre un net succès commercial avec plus de 1 000 exemplaires vendus — un des plus gros volumes de toute la production Bugatti d'avant-guerre.
Type 45 (1929) — l'expérimentation du seize-cylindres
Dessinée par Jean Bugatti, la Type 45 pousse l'expérimentation technique à son maximum avec un moteur seize cylindres, 48 soupapes et une double suralimentation par compresseurs — une architecture démesurée qui restera sans suite commerciale mais témoigne de l'appétit de la maison pour les configurations mécaniques extrêmes, dans la même veine que le moteur d'avion seize-cylindres conçu par Ettore pendant la Première Guerre mondiale (voir Bugatti pendant la Première Guerre mondiale — moteurs d'avion et exil).
Type 46 (1929-1936) — la « petite Royale »
Dernier modèle conçu personnellement par Ettore Bugatti avant que Jean ne prenne pleinement en main le style de la gamme, la Type 46 reprend, à une échelle réduite, l'esprit de démesure de la Royale : un huit-cylindres de 5,3 litres, vendu à environ 500 exemplaires — un très net succès comparé aux six Royale produites. Toutes les Bugatti postérieures à la Type 46 seront dessinées par Jean Bugatti.
Type 49, Type 50 et Type 55 — la transition vers le double arbre à cames
La Type 49 assure la transition stylistique et technique entre les modèles de la fin des années 1920 et la future Type 57. La Type 50 introduit un compresseur, un double carburateur et deux soupapes par cylindre en configuration V ; la Type 55, châssis sport-tourisme directement dérivé de la Type 51 de compétition (voir Bugatti Type 35 — la voiture de course la plus titrée de l'histoire, modèle par modèle pour la filiation technique avec la Type 35), conserve le même huit-cylindres à double arbre à cames en tête (voir Des moteurs pensés comme des objets — les particularités techniques des moteurs Bugatti d'avant-guerre).
Type 59 (1933) — la dernière grande monoplace de Grand Prix d'avant-guerre
Dernière évolution majeure de la lignée de monoplaces de Grand Prix initiée par la Type 35, la Type 59 constitue le dernier grand espoir compétitif de Bugatti face à la concurrence italienne et allemande montante dans les années 1930. C'est un châssis de Type 59, associé à un moteur de Type 50B, que Jean-Pierre Wimille présente lors du premier événement international du Bugatti Owners' Club à Prescott en 1939 (voir Prescott — le club et le trust britanniques gardiens de la mémoire Bugatti depuis 1929) — une monoplace jugée peu adaptée à l'exercice de la course de côte, ce qui vaudra à Jean Bugatti de promettre, quelques semaines à peine avant sa mort, d'apporter l'année suivante une voiture plus légère.
Voir aussi
- Bugatti Type 35 — la voiture de course la plus titrée de l'histoire, modèle par modèle
- Type 41 « Royale » — la voiture la plus chère et la plus démesurée jamais construite
- Type 57 — la stratégie du modèle unique déclinée en variantes, signée Jean Bugatti
- Des moteurs pensés comme des objets — les particularités techniques des moteurs Bugatti d'avant-guerre
- Prescott — le club et le trust britanniques gardiens de la mémoire Bugatti depuis 1929
- Jean Bugatti — le fils designer qui a façonné les plus belles Bugatti
- Site source
- enthousiastes-bugatti-alsace.com
- Auteur du site
- Club Enthousiastes Bugatti Alsace (EBA)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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