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§ 09 · Conduite

La Traction et l'hiver — chauffage, dégivrage, antigel, neige

Citroën Traction Avant · 1934–1957 · 4 min de lecture · extraite le 11 sept. 2026

1. Le chauffage d'origine

  • Avant novembre 1938 : rien du tout. On se couvre (chancelière déconseillée au conducteur — gênante pour les pédales ; couverture pour les passagers arrière).
  • À partir de novembre 1938 : système rudimentaire mais inusable — prise d'air chaud derrière le radiateur (avec écran occultant en partie basse), conduit tôle vers les pieds du conducteur seulement. Commun 4 et 6 cylindres ; à démonter l'été. Une écope sur le radiateur capte un peu d'air de la marche.
  • Obturation « tout ou rien » par bouchon tôle 329.880, jusqu'aux malles bombées (printemps/été 1952) : alors bouton rotatif au tableau actionnant un clapet caoutchouc (bruit très caractéristique).
  • Une note technique permettait aux concessionnaires d'adapter le nouveau chauffage aux modèles antérieurs.
  • Efficacité correcte en croisière à deux conditions :

A. Moteur à bonne température

  • Circuit conçu pour refroidir au maximum (ventilateur permanent, pas de thermostat) → l'hiver, le moteur ne chauffe pas assez, catastrophique pour la mécanique.
  • < 10 °C (préconisation Citroën) : monter l'écran occultant le bas du radiateur (pattes d'attache des lanières caoutchouc de chaque côté). Sur 15-Six : écran abandonné en décembre 1950 au profit d'un couvre-calandre externe.
  • Il a existé d'astucieux couvre-radiateurs à enrouleur — dont un accessoire optionnel d'origine documenté dans la notice de la « 7 » (jamais mentionné par les historiens !), et des versions d'accessoiristes avec thermomètre.
  • Froid plus intense : couvre-calandre externe (innombrables variantes à volets, pressions, fermetures éclair — ou simple carton artisanal). Protège aussi l'huile de boîte du sur-refroidissement.

B. Flux d'air suffisant

Astuce de tractionniste : ouvrir la vitre arrière droite de l'épaisseur d'un doigt → aspiration qui accélère le flux du chauffage sans refroidir l'habitacle.

2. Autres chauffages

  • Bouillottes et chaufferettes (héritées des calèches) : eau chaude, charbon, réchauds à catalyse (dangereux en cas de choc) — chaleur dégressive, trajets courts.
  • Chauffages accessoires à demeure :
    • à eau chaude (lents, exigent un thermostat) ;
    • à air réchauffé par l'échappement : efficaces mais extrêmement dangereux, voire mortels en cas de fuite — « ERCHO » (collecteur à double paroi), « GD 53 » Gabriel Dumery (carters de tôle autour de l'échappement) ;
    • le DUCELLIER, à succès, imposait de percer la cloison moteur.

3. Les dégivreurs

  • Aucun renvoi d'air vers le pare-brise sur le chauffage d'origine. Deux types de dégivreurs électriques d'époque :
    • réglette chauffante en bas de pare-brise (convection) ;
    • glace chauffante (principe des lunettes dégivrantes actuelles).
  • Très gourmands (jusqu'à la consommation des deux phares) : batterie et circuit de charge parfaits, usage intermittent.

4. Chaînes et pneus neige

  • Chaînes « à échelles » les plus répandues (montage universel mais peu pratique) ; la roue Pilote exigeait un équipement spécifique.
  • Juillet 1952 : les 4 fentes des roues BM servent précisément au montage facile de chaînes à éléments séparés (fonction mystérieuse pour beaucoup).
  • Pneus « neige » proposés par chaque marque (montage saisonnier ou jeu de jantes dédié).

5. Antigel

  • À l'époque : circuits remplis d'eau → risque d'éclatement des blocs moteur au gel. Les additifs antigel, chimiquement instables, imposaient une vidange au printemps ; les fournisseurs vendaient des étiquettes « antigel » pour bouchon/radiateur.
  • L'alcool, recommandé par le constructeur lui-même (notice de la « 7 »), s'évaporait vite → proportions à refaire régulièrement.
  • Aujourd'hui : liquide permanent de qualité, renouvelé tous les 2-3 ans. Le circuit des 4 cylindres n'a aucun aluminium ; celui des 15-Six si (corps de pompe, pipes de sortie sur bloc et culasse).
  • Batterie : aucun additif ! Sa résistance au gel dépend de sa charge (concentration de l'électrolyte) — « plus c'est chargé, plus c'est protégé » ; sa capacité baisse avec le froid.
  • Usages d'époque pour démarrages matinaux garantis : chaufferette à catalyse sous le moteur, ou résistance chauffante à demeure dans le circuit d'eau, branchée sur le secteur.

6. Conduite sur neige et glace

  • La Traction est excellente sur neige : répartition des masses, pneus fins, roues avant motrices — « on passe très loin sans chaînes là où d'autres ont déclaré forfait ».
  • Style : souplesse et modération sur chaque manœuvre, ré-embrayage doux, freinage minimal avec grande anticipation, bien placer le train avant — le reste suit.
  • (Au Monte-Carlo, l'équipement spécial d'un équipage se résumait, photo à l'appui, à une paire de « Big Balls » !)
  • La suite de l'histoire : la DS/ID sera l'arme absolue sur neige (motricité + suspension mi-haute + clous).

Images de la source

25 images : 11 Légère sur le Canal du Midi gelé (janv. 1956), catalogues « saison froide », éclaté du chauffage, note technique, couvre-calandres, dégivreurs, chaînes, étiquettes antigel…

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
rouler-en-traction-avant.blog4ever.com
Date d'extraction
11 sept. 2026
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