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§ 01 · Histoire et modèles

Voiture européenne de l'année 1984 — la rivalité avec la Peugeot 205

Fiat Uno (1983-1995 en Europe, jusqu'en 2013-2014 au Brésil) · 1983–1995 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un sacre obtenu de justesse

En décembre 1983, la Fiat Uno est élue Voiture européenne de l'année pour 1984, devançant de peu la Peugeot 205, lancée tout juste un mois après la Uno et destinée à devenir sa grande rivale commerciale de la décennie. Ce calendrier serré — Uno en janvier 1983, 205 en février de la même année, tandis qu'Opel/Vauxhall vient de lancer la Corsa/Nova quelques semaines plus tôt — fait de 1983 l'une des années les plus denses de l'histoire du segment des petites polyvalentes européennes.

Une controverse de jury jamais tranchée

Un récit récurrent dans la presse automobile anglophone attribue la victoire de la Uno à un vote très marqué d'un juré britannique du prix, le critique L.J.K. Setright (collaborateur du magazine Car), qui aurait accordé l'intégralité de ses points à la Fiat et aucun à la Peugeot — un choix que Setright aurait justifié, dans sa chronique, par son aversion pour le levier de vitesses de la 205, qu'il jugeait inacceptable. Cette anecdote, largement reprise, n'est cependant documentée ici que par un seul article d'opinion, qui la présente lui-même comme un souvenir potentiellement approximatif de son auteur. Elle est donc traitée comme un débat de la culture automobile plutôt que comme un fait établi, faute d'une source primaire (le détail du vote du jury de l'année) recoupée lors de cette session.

Deux philosophies opposées, deux publics fidèles

Au-delà de l'anecdote de jury, la rivalité Uno/205 s'est prolongée sur le terrain pendant toute la décennie suivante, opposant deux approches de conception radicalement différentes : la carrosserie haute et cubique de la Uno, pensée avant tout pour l'habitabilité (voir Le design signé Giugiaro — de la Lancia Megagamma à la référence aérodynamique du segment), contre le dessin plus bas et plus travaillé de la 205, jugé par une partie de la presse plus séduisant visuellement mais moins pratique au quotidien. Sur la route, la Uno a longtemps été perçue comme handicapée par un châssis moins abouti que celui de sa rivale française : une direction plus sensible aux effets de couple moteur, un amortissement jugé moins raffiné, et une boîte de vitesses au maniement décrit comme « caoutchouteux » et imprécis par la presse britannique — des defauts particulièrement sensibles sur la version la plus performante de chaque camp, la Turbo i.e. (voir Le moteur de la Uno Turbo i.e. — un 1301 cm³ Lampredi suralimenté, et l'anecdote des 2 cm³ qui comptaient) affichant un comportement jugé moins policé et plus sujet au « torque-steer » que la légendaire 205 GTi.

Un palmarès commercial que l'image n'a pas toujours reflété

Si la réputation de la 205 GTi a fini par éclipser, dans la mémoire collective, celle de la Turbo i.e., les deux modèles se sont livré une bataille commerciale beaucoup plus équilibrée que ce contraste d'image ne le laisse penser : au Royaume-Uni notamment, la Uno a compté des défenseurs enthousiastes qui, comparant directement les deux modèles au quotidien, ont pu préférer sans détour la praticité et l'habitabilité de la Fiat au charme plus policé de la Peugeot. Le succès commercial global de la Uno, documenté dans Un succès commercial massif — de la domination italienne aux flottes de police, a d'ailleurs longtemps dépassé celui de sa rivale française sur le seul marché italien.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org, en.wikipedia.org, driventowrite.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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