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§ 01 · Histoire et modèles

Le concept Boomerang (1971) : le manifeste stylistique de Giugiaro sur base Bora

Maserati Bora et Merak · 1971–1978 · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Une étude stylistique construite sur le châssis de la Bora

Parallèlement à la présentation de la Bora, Giorgetto Giugiaro profite de son statut de figure montante du design automobile turinois pour proposer, en 1971, une relecture radicalement futuriste de sa propre création : le concept-car Boomerang. Construit sur la base mécanique de la Bora (V8 4,7 litres de 310 ch), il pousse à l'extrême le vocabulaire anguleux déjà amorcé sur la voiture de série, avec un parti pris esthétique unique : proue et pavillon reliés par un seul et même plan continu englobant pare-brise et ligne de capot, sans rupture visible. Cette silhouette en coin doit beaucoup, selon plusieurs commentateurs, à l'influence de deux autres concepts signés Marcello Gandini à la même période, l'Alfa Romeo Carabo et la Lancia Stratos Zéro.

D'abord une coquille vide, puis une voiture roulante

Le Boomerang est d'abord montré au Salon de Turin de 1971 sous forme de simple étude de style, dépourvue de moteur. Ce n'est qu'au Salon de Genève de l'année suivante qu'il apparaît sous une forme roulante et fonctionnelle, avant d'entamer une tournée des grands salons européens (Paris, Londres, Barcelone) où son audace stylistique impressionne durablement la presse spécialisée.

Une seconde vie espagnole, puis un retour en grâce muséal

À l'issue de sa tournée, le Boomerang reste en Espagne, où il est acquis par un entrepreneur de spectacles de Benidorm — une pratique courante à l'époque, les carrossiers vendant volontiers leurs propres show-cars une fois leur carrière d'exposition terminée. Revendu et restauré en 1980, il retrouve les concours d'élégance internationaux les plus prestigieux, dont Pebble Beach et le concours de Bagatelle à Paris en 1990, où Giorgetto Giugiaro lui-même siège au jury cette année-là. Mis aux enchères par Christie's à l'occasion de Rétromobile le 12 février 2003, le Boomerang change une dernière fois de mains pour 1 108 250 € frais compris — une pièce de musée qui reste, fait rare pour un concept-car, immatriculée et parfaitement roulante.

Un héritage stylistique qui dépasse largement Maserati

Le Boomerang ne reste pas une simple curiosité de salon : sa silhouette en coin influence directement la suite de la carrière de Giugiaro. C'est en s'inspirant explicitement de ce concept — sur suggestion du designer maison de Lotus, Oliver Winterbottom, qui met en relation Giugiaro et Colin Chapman en 1971 — que naît la « Silver Car » présentée à Turin en 1972, prototype fondateur de ce qui deviendra la Lotus Esprit (voir La genèse de l'Esprit — de la Maserati Boomerang à la « Silver Car » de Turin (1970-1975) dans lotus-elan/). Le même vocabulaire anguleux se retrouve, décliné pour des usages radicalement différents, sur la Volkswagen Golf I dessinée par le même Giugiaro quelques années plus tard (voir La genèse du design — Giugiaro, Italdesign et la naissance de la silhouette Golf dans volkswagen-golf-1/).

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Provenance de cette fiche
Site source
motorlegend.com ; en.wikipedia.org ; driventowrite.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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