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§ 01 · Histoire et modèles

La genèse de l'Esprit — de la Maserati Boomerang à la « Silver Car » de Turin (1970-1975)

Lotus Elan & Lotus Esprit · 1962–1975 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Projet M70 : succéder à l'Europa

L'histoire de l'Esprit commence en 1970, lorsque Tony Rudd, arrivé chez Lotus l'année précédente, propose deux nouveaux projets de développement. Le premier, M50, donnera l'Elite de 1974 (deuxième voiture à porter ce nom chez Lotus, sans rapport avec celle de 1957). Le second, M70, doit donner un successeur au coupé central-arrière Europa, sous la même forme générale : un coupé biplace à moteur central.

Giugiaro entre en scène par l'entremise d'un designer maison

La rencontre entre Colin Chapman et Giorgetto Giugiaro est organisée en 1971 par Oliver Winterbottom, designer interne à Lotus, qui suggère également à Giugiaro de s'inspirer de son propre concept-car Maserati Boomerang pour la nouvelle Lotus. Le travail débute au milieu de l'année 1971 par une maquette au quart. Selon Italdesign, Chapman se montre déçu par les résultats des essais en soufflerie menés sur cette maquette et interrompt le projet — mais le carrossier turinois poursuit néanmoins le travail de son côté, construisant une maquette grandeur nature sur un châssis d'Europa allongé et modifié.

La « Silver Car » de Turin (1972)

Ce prototype sans nom officiel, resté connu sous le simple surnom de « Silver Car », est exposé sur le stand Italdesign du Salon de Turin en novembre 1972. Son accueil très favorable convainc finalement Chapman de donner son feu vert à la poursuite du développement. Un second prototype, fonctionnel celui-là et immatriculé « IDGG 01 », surnommé la « Red Car », prend ensuite le relais pour la mise au point mécanique — laquelle n'est pas encore achevée au moment de l'annonce officielle de la voiture.

Du Salon de Paris 1975 à la chaîne de production

L'Esprit est dévoilée au Salon de Paris en octobre 1975 et entre en production en juin 1976, remplaçant l'Europa au catalogue Lotus. Sa carrosserie en fibre de verre à arêtes vives, montée sur un châssis-poutre en acier directement hérité de la philosophie de l'Elan (voir Le châssis-poutre en acier (« backbone chassis ») — l'ossature de la philosophie Chapman), pèse moins de 1 000 kg. Le moteur Lotus 907 de 1 973 cm³ (voir La famille de moteurs « 900 series » — du bloc Vauxhall au V8 maison de l'Esprit), monté longitudinalement en position centrale arrière, est associé à une boîte-pont Citroën C35 à 5 rapports — la même transmission que celle utilisée sur la Citroën SM et la Maserati Merak.

Un dessin fondateur du style « origami »

L'Esprit compte parmi les tout premiers exemples du style anguleux, en arêtes vives et parfois en coin (« wedge »), qui deviendra la signature de Giorgetto Giugiaro sur de nombreux projets ultérieurs pour d'autres constructeurs — un langage stylistique que ce corpus retrouve, sous d'autres formes, chez La genèse du design — Giugiaro, Italdesign et la naissance de la silhouette Golf (Volkswagen Golf I) et La genèse du design — Giugiaro et la philosophie « jean utilitaire » de la Panda (Fiat Panda), tous deux dessinés par le même designer à quelques années d'intervalle. Le rapprochement complet entre ces trois projets contemporains de Giugiaro est développé dans Giugiaro et le style « origami » — l'Esprit face à la Golf I et la Fiat Panda.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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