L'interlude NSU-Fiat puis Neckar (1932-1957) — un quart de siècle sans automobile NSU
Après la cession de son usine automobile de Heilbronn à Fiat en 1932 (voir Des machines à tricoter à l'automobile — la fondation de NSU (1873-1932)), la marque NSU elle-même disparaît des catalogues automobiles pendant vingt-cinq ans. L'usine de Heilbronn continue cependant de tourner : elle assemble des Fiat pour le marché allemand sous le badge NSU-Fiat, une dénomination qui perdure jusqu'en 1957, année où la gamme est rebaptisée Neckar — un nom qui restera associé aux Fiat produites sous licence en Allemagne jusqu'à la fin des années 1960. Pendant ce temps, NSU elle-même se consacre entièrement à la moto et au vélo, seuls domaines où la marque continue de produire sous son propre nom.
La parenthèse de la Seconde Guerre mondiale
Le conflit détourne une nouvelle fois l'outil industriel de NSU vers un usage militaire bien particulier : la marque devient le principal fabricant du Kettenkrad (désignation officielle Sd.Kfz. 2), un curieux engin hybride associant un avant-train de moto à un train de chenilles arrière, conçu et breveté dès juin 1939 et engagé pour la première fois lors de l'invasion de l'Union soviétique (opération Barbarossa) en 1941. NSU produit également pendant la guerre la motocyclette militaire 251 OSL.
La reconstruction d'après-guerre
Dès décembre 1946, la presse automobile allemande (Das Auto) rapporte que NSU a repris la fabrication de bicyclettes et de vélomoteurs à Neckarsulm — une reprise d'activité remarquable compte tenu de l'état de l'usine, alors largement détruite. Un nouveau conseil de direction est nommé dès juillet 1946, présidé par Walter Egon Niegtsch, un dirigeant qui avait auparavant passé dix-sept ans chez Opel. La production motocycliste redémarre avec des modèles d'avant-guerre remis au catalogue (Quick, OSL, Konsul), tandis que le Kettenkrad continue même d'être commercialisé par NSU dans une version civile, comme véhicule tout-terrain.
Le premier modèle réellement conçu pour l'après-guerre est la NSU Fox de 1949 (disponible en versions deux-temps et quatre-temps), suivie en 1953 par la NSU Max, une 250 cm³ à arbre à cames en tête dont le mécanisme d'entraînement par tiges oscillantes — une solution technique élégante déjà utilisée par Bentley sur ses 6½ litres puis 8 litres des années 1920-1930 — équipe un cadre monocoque en tôle emboutie avec suspension arrière centrale, une architecture innovante pour l'époque. C'est sous la direction technique d'Albert Roder, ingénieur en chef considéré comme l'artisan de ce redressement, que NSU referme cette parenthèse en devenant, en 1955, le premier constructeur mondial de motocyclettes — l'histoire sportive et les records de vitesse de cette période sont détaillés dans NSU, pionnier de la moto — du premier vélomoteur au premier rang mondial (1901-1957) et Liegestuhl, Blauwal, Delphin — la chasse aux records de vitesse de NSU dans les années 1950.
C'est cette assise industrielle et financière retrouvée qui permettra à NSU, en 1957, de revenir enfin à l'automobile avec le lancement de la Prinz — voir Le retour à l'automobile — la NSU Prinz et sa descendance (1957-1972).
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org (+ recoupements ateupwithmotor.com)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/NSU_Motorenwerke ↗
- Liegestuhl, Blauwal, Delphin — la chasse aux records de vitesse de NSU dans les années 1950NSU Ro 80 · Culture documentation
- NSU, pionnier de la moto — du premier vélomoteur au premier rang mondial (1901-1957)NSU Ro 80 · Culture documentation
- Des machines à tricoter à l'automobile — la fondation de NSU (1873-1932)NSU Ro 80 · Histoire et modèles
- Le retour à l'automobile — la NSU Prinz et sa descendance (1957-1972)NSU Ro 80 · Histoire et modèles