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§ 01 · Histoire et modèles

Comobil et Comotor — les coentreprises NSU-Citroën autour du moteur Wankel

NSU Ro 80 · 1967–1977 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Dès 1964, alors que NSU peaufine encore le développement de son propre moteur Wankel pour la future Ro 80 (voir Du Typ 80 à la Ro 80 — la genèse d'un pari industriel (1962-1967)), la marque noue avec le constructeur français Citroën un partenariat industriel resté aujourd'hui l'un des épisodes les plus documentés de la brève histoire du moteur rotatif automobile. Deux structures naissent de cette alliance : Comobil, dédiée aux applications automobiles légères, et surtout Comotor, coentreprise à parts égales chargée de développer et produire toute une famille de moteurs Wankel destinés aux deux marques. Cette participation croisée vaudra même un temps à Citroën de détenir environ 10 % du capital de NSU — une participation revendue à Fiat dès 1968, avant que Volkswagen ne rachète NSU l'année suivante (voir Le rachat par Volkswagen et la fusion avec Auto Union (1969) — la naissance d'Audi NSU Auto Union).

Deux automobiles françaises pour deux moteurs distincts

Côté Citroën, le détail complet de ce pari industriel — le projet L (futur CX), l'abandon du Wankel au profit du seul moteur à pistons, et la mécanique elle-même du birotor Comotor — est déjà traité en profondeur dans le dossier citroen-cx/, notamment dans Genèse de la CX — le projet L, le pari Wankel et le choc pétrolier de 1973 et Le moteur qui n'a jamais équipé la CX — le projet Wankel/Comotor, dont cette fiche ne reprend pas le détail afin d'éviter toute redite. On en retiendra ici l'essentiel côté NSU : Comobil ne produira in fine qu'un seul modèle, la Citroën M35, une Ami 8 confidentiellement rééquipée d'un monorotor Wankel comme banc d'essai routier grandeur nature (quelques centaines d'exemplaires seulement), tandis que Comotor développe un birotor de 995 cm³ — le KKM 622 — directement dérivé du KKM 612 qui équipe la Ro 80 (voir Le moteur KKM 612 de la Ro 80 — fiche technique et évolutions (1967-1977)), mais qui n'équipera finalement qu'un seul modèle de série, la Citroën GS Birotor, commercialisée fin 1973 pendant seulement dix-huit mois avant son retrait précipité du marché.

Un investissement resté sans retour pour les deux partenaires

Aucun des deux moteurs birotors envisagés initialement pour le futur haut de gamme Citroën — un birotor de 995 cm³ et surtout un trirotor de 1 493 cm³ dérivé du même principe — n'équipera finalement la Citroën CX, dont le développement est réorienté dans l'urgence sur un simple quatre-cylindres conventionnel après l'abandon du pari Wankel, précipité par le choc pétrolier de 1973 et par les déboires de fiabilité déjà bien documentés du moteur birotor de la Ro 80 elle-même (voir La crise des joints d'apex — quand la garantie de la Ro 80 a failli couler NSU) — l'échec commercial de la GS Birotor n'ayant fait que confirmer, aux yeux des deux constructeurs, le diagnostic déjà posé sur le terrain par la Ro 80. Pour NSU comme pour Citroën, le projet de vente du moteur Comotor à d'autres constructeurs — un temps envisagé pour amortir les coûts de développement — ne se concrétisera jamais. L'aventure Comotor s'éteint ainsi sans avoir produit le succès commercial escompté par aucun des deux partenaires, mais elle laisse un témoignage technique révélateur : les mêmes causes (joints d'étanchéité fragiles, consommation excessive) ont produit, chez deux constructeurs différents et sur deux marchés distincts, un échec quasiment identique.

Voir aussi

Voir aussi, dans le dossier citroen-cx/ (lecture croisée, ne pas dupliquer) : Genèse de la CX — le projet L, le pari Wankel et le choc pétrolier de 1973 et Le moteur qui n'a jamais équipé la CX — le projet Wankel/Comotor.

Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com (+ recoupements en.wikipedia.org)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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