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§ 01 · Histoire et modèles

Turbomanta et TE 2800 — les Manta A à moteur agrandi

Opel Manta & Opel Kadett C · 1970–1975 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Face à un Manta A dont le style sportif dépassait largement les performances réelles des quatre-cylindres de série (voir Histoire générale de l'Opel Manta (1970-1988)), deux projets indépendants ont tenté, au tout début des années 1970, de lui donner un moteur à sa mesure — sans jamais devenir des productions Opel officielles.

Le TE 2800 : un six-cylindres Commodore dans une caisse de Manta

La société belge Transeurop Engineering (TE) installe, à partir de 1971, le six-cylindres CIH 2,8 l du Commodore dans la caisse d'un Manta 1.9 SR. L'opération n'a rien d'un simple échange de moteur : radiateur, capot, supports moteur, une partie de la structure avant, le pont arrière et la transmission doivent être repris. TE fait appel au préparateur Opel de référence de l'époque, Steinmetz (voir Irmscher et Steinmetz, les deux grands noms de la préparation Opel), qui fournit un capot en fibre de verre bombé pour loger le moteur, des ailes élargies et un pare-chocs avant intégrant le becquet inférieur.

Le moteur retenu est le bloc Commodore GS à deux carburateurs Zenith (142 ch), préféré au bloc à injection GS/E pour des raisons de coût et de simplicité de mise au point aux normes antipollution. Avec la boîte 4 vitesses Commodore et un pont à développement court (3,18:1), le TE 2800 abat le 0 à 100 km/h en 7,6 secondes pour une vitesse de pointe annoncée de 207 km/h — au point de pouvoir tenir tête, selon Wikipédia (version anglaise), à une Porsche 911 Carrera de 1973 ou à une BMW 2002 Turbo de la même année, pourtant plus puissantes et deux fois plus chères.

Opel et sa filiale belge General Motors Continental devaient initialement fournir les caisses et moteurs pour une cadence de cinq voitures par jour ; le choc pétrolier de 1973 et des changements de direction chez Opel comme chez GM Continental ont eu raison de cette ambition. Au total, 79 exemplaires seulement sont construits et vendus via Steinmetz en Allemagne, sous la seule appellation « TE2800 » — Opel ayant refusé que son propre badge figure sur des voitures qu'elle ne cautionnait pas officiellement. Transeurop Engineering dépose le bilan en 1975.

Le Turbomanta : suralimentation britannique

Le Turbomanta naît d'un projet parallèle mené côté britannique par le préparateur Broadspeed, à la demande d'Opel AG elle-même, qui souhaitait évaluer cinq prototypes à conduite à gauche. Broadspeed associe un turbocompresseur Holset 3LDG à un carburateur logé dans une grande chambre de tranquillisation, sur une base de Manta SR 1973 à moteur 1,9 l « S » (90 ch d'origine) ; le taux de compression est abaissé à 7,6:1 via un joint de culasse en cuivre plus épais. Résultat : 116 kW/156 ch et un 0 à 60 mph (97 km/h) en 7,6 secondes. Les cinq prototypes, tous peints en jaune GM « Signalgelb » avec de larges bandes noires portant l'inscription « Turbomanta », souffrent toutefois d'une consommation doublée par rapport à la version atmosphérique et d'un temps de réponse du turbo jugé décevant — voire dangereux en virage sur une voiture aussi légère, sujette au décrochage brutal de l'arrière. Opel abandonne le projet après ces cinq exemplaires.

Un ingénieur britannique du Dealer Opel Team (D.O.T.), importateur et préparateur officieux d'Opel au Royaume-Uni, séduit par le concept, fait toutefois construire 28 exemplaires supplémentaires sur base Berlinetta 1974 (boîte automatique, jantes alliage, instrumentation complète), tous en noir avec toit vinyle — seul un petit macaron « turbo » sur les ailes arrière les distingue visuellement. Aucun Turbomanta homologué pour la route n'est aujourd'hui recensé avec certitude ; très peu d'exemplaires (des 33 au total, prototypes compris) auraient survécu.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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