La rivalité Manta / Capri, moteur du marché européen du coupé compact
Aucune fiche consacrée au Manta ne peut faire l'impasse sur son rival de toujours, le Ford Capri (1968-1986) : les deux coupés se sont disputés pendant près de vingt ans le même segment — celui du coupé sportif abordable, bâti sur une base de grande série, destiné à un usage quotidien plutôt qu'à la compétition pure.
Qui a réagi à qui ?
Le Capri est présenté par Ford en janvier 1969, directement inspiré du succès américain de la Ford Mustang (1964) et bâti sur le châssis de la britannique Cortina. Son succès commercial immédiat (plus de 780 000 exemplaires vendus en quatre ans pour les deux premières générations, environ 1,9 million toutes générations confondues à la fin de sa carrière) prend de court la concurrence. Chez Opel, une anecdote souvent citée par la presse anglophone veut que Chuck Jordan, alors directeur du design d'Opel, ait interpellé ses équipes en ces termes : « Que faisons-nous contre le Capri ? ». Bien qu'Opel ait officiellement toujours situé le début du développement du Manta dès 1966, la coïncidence calendaire — lancement du Capri fin 1968, du Manta A à peine deux ans plus tard, en septembre 1970 — a nourri l'hypothèse, reprise notamment par le magazine britannique Classic & Sports Car, que l'arrivée du Ford a bel et bien accéléré le calendrier du coupé allemand.
Deux philosophies, un même marché
Les deux voitures, name-checkées ensemble dans la presse britannique et allemande de l'époque comme sur les sites spécialisés actuels (Hagerty UK, Classic Trader), incarnent des choix de conception différents :
- Le Capri mise sur un capot très long et un habitacle resserré, un style directement hérité des muscle-cars américains, et surtout sur une gamme moteurs bien plus étendue incluant des six-cylindres (jusqu'au 3,0 l Essex 138 ch, puis au V6 2,8 l à injection 160 ch à partir de 1981, et à la rarissime 2.8 Turbo à 188 ch, 200 exemplaires) ;
- Le Manta, plus tardif, propose une ligne jugée par la presse plus fine et plus « italienne », un habitacle sensiblement plus spacieux, mais une gamme motrice strictement limitée à des quatre-cylindres (1,2 à 1,9 l pour le Manta A, jusqu'à 2,4-3,0 l pour de rares déclinaisons Irmscher sur le Manta B, voir Irmscher et Steinmetz, les deux grands noms de la préparation Opel).
Le magazine Classic Trader résume le compromis en observant que les acheteurs les plus portés sur la sportivité pure choisissaient plutôt le Capri (grâce à ses six-cylindres et son palmarès en compétition), tandis que le Manta séduisait davantage les « esthètes » ; à performances égales, la presse d'essai de l'époque jugeait néanmoins la tenue de route des deux voitures comparable — sobrement décrite comme « ferme mais confortable ».
Le verdict des chiffres
Sur la durée, le Manta l'emporte nettement en volumes cumulés : selon Hagerty UK, entre 1975 et 1988 le seul Manta B totalise environ 523 000 ventes contre 324 045 pour la Ford Capri Mk3 restée en vente sur une période comparable — le Capri ayant cessé sa carrière dès 1986, deux ans avant le Manta. Sur la première génération, le rapport est en revanche plus favorable au Capri : plus de 780 000 unités des deux premières générations Capri en quatre ans, contre 498 553 Manta A en cinq ans.
Une scène de préparation qui prolonge la rivalité
La rivalité ne s'arrête pas à la sortie d'usine : côté Opel, le préparateur Steinmetz (basé à Rüsselsheim même, fondé en 1970 par l'ancien ingénieur moteur BMW Klaus Steinmetz) jouit dans la communauté Opel d'une réputation comparable à celle de Zakspeed dans la communauté Ford/Cologne — les deux noms restant, aujourd'hui encore, des références immédiatement reconnues par les passionnés des deux marques (voir Irmscher et Steinmetz, les deux grands noms de la préparation Opel).
Sur le marché de la collection aujourd'hui
Selon Classic Trader (article comparatif photographié avec un Manta A 1972 « Steinmetz » restauré et un Capri 2.0 argent de 1971), les cotes des exemplaires courants restent proches pour les deux marques, entre 10 000 et 15 000 € pour un bon exemplaire, au-delà de 20 000 € pour un exemplaire totalement restauré — les versions les plus recherchées (Capri 2600 RS, GT/E, homologations de compétition) s'échangeant, elles, à des niveaux sans commune mesure. Voir Acheter un Opel Manta aujourd'hui — budgets et points de contrôle pour le détail côté Manta.
Voir aussi
- Histoire générale de l'Opel Manta (1970-1988) · Opel Manta A (1970-1975) — la première génération · Irmscher et Steinmetz, les deux grands noms de la préparation Opel
- Acheter un Opel Manta aujourd'hui — budgets et points de contrôle · Au volant du Manta — sensations de conduite et comparatif avec le Capri
- Site source
- classic-trader.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Acheter un Opel Manta aujourd'hui — budgets et points de contrôleOpel Manta & Opel Kadett C · Achat administratif
- Irmscher et Steinmetz, les deux grands noms de la préparation OpelOpel Manta & Opel Kadett C · Culture documentation
- Histoire générale de l'Opel Manta (1970-1988)Opel Manta & Opel Kadett C · Histoire et modèles
- Opel Manta A (1970-1975) — la première générationOpel Manta & Opel Kadett C · Histoire et modèles
- Au volant du Manta — sensations de conduite et comparatif avec le CapriOpel Manta & Opel Kadett C · Conduite
- La Vauxhall Cavalier Mk1, cousine britannique du Manta BOpel Manta & Opel Kadett C
- Irmscher et Steinmetz, les deux grands noms de la préparation OpelOpel Manta & Opel Kadett C
- Acheter un Opel Manta aujourd'hui — budgets et points de contrôleOpel Manta & Opel Kadett C
- Histoire générale de l'Opel Manta (1970-1988)Opel Manta & Opel Kadett C
- Au volant du Manta — sensations de conduite et comparatif avec le CapriOpel Manta & Opel Kadett C
- Turbomanta et TE 2800 — les Manta A à moteur agrandiOpel Manta & Opel Kadett C
- Châssis Cortina, direction Escort — les trains roulants de la CapriFord Capri
- D'où vient le nom Manta ? Une raie, Jacques Cousteau et une divergence sur le designerOpel Manta & Opel Kadett C