Le coupé 405 Heuliez — le projet avorté entre la 504 et la 406
⚠️ Point de méthode : contrairement à ce que suggère une lecture rapide de la lignée Peugeot/Pininfarina (504 Coupé, 406 Coupé), la 405 de série n'a jamais compté de coupé à son catalogue. Ce point est confirmé sans ambiguïté par deux sources indépendantes et de tout premier plan : l'article Wikipédia anglophone dédié au modèle (« No coupé model was ever offered, unlike the 504 and later 406 ») et l'article français de synthèse de Peugeot lui-même via Wikipédia (« ni coupé, ni cabriolet ne figureront jamais au plan de gamme »). Le seul coupé 405 ayant réellement existé est un prototype non officiel du carrossier Heuliez, resté sans suite — objet de la présente fiche.
Une initiative du carrossier, pas de Peugeot
Sous-traitant réputé de la marque au lion (il produit notamment la Citroën BX Break sur ses chaînes de Cerizay, dans les Deux-Sèvres), Heuliez a l'habitude de proposer sur ses fonds propres des variantes de carrosserie inédites, dans l'espoir de convaincre les constructeurs de les mettre en production — il fera de même la même année avec un break sur base de 309. Conçu fin 1987 et dévoilé au Salon de Genève 1988, le coupé 405 Heuliez répond à un problème précis : le coupé 504, davantage succès d'image que commercial, a tiré sa révérence en 1983 sans successeur, alors même que Peugeot USA — qui avait déjà fait étudier sans suite des prototypes de coupé et cabriolet sur base 505 — s'apprête à lancer la 405 aux États-Unis, marché où la culture du coupé reste beaucoup plus vivace qu'en Europe.
Caractéristiques du prototype
Construit sur la base mécanique d'une Mi16 (1,9 L, 160 ch), le prototype Heuliez est présenté avec des jantes de 205 GTI 1,9 plutôt que celles, plus logiques, de la Mi16 — détail resté sans explication connue. L'habitacle cuir et alcantara, les vitres arrière descendantes (plutôt que fixes comme sur nombre de coupés concurrents) et le toit ouvrant en font une version « toutes options » qui, en cas de série, aurait vraisemblablement reçu l'ensemble des équipements spécifiques au marché américain (pare-chocs renforcés, boîte automatique, climatisation). Particularité technique héritée du projet break 309 du même carrossier : la voiture est asymétrique, les deux flancs présentant des traitements de vitrage différents à titre de démonstration.
Un refus, puis un long sommeil
Présenté à la direction de Peugeot, le projet est refusé : l'aventure américaine de la 405 s'annonce déjà compromise (retrait du marché fin 1991) et une version coupé ne correspond pas aux plans du constructeur pour ce modèle. Le prototype unique retourne dans les réserves d'Heuliez, où il reste stocké pendant près d'un quart de siècle.
Réapparition et rachat par le musée Peugeot (2012)
L'histoire rebondit le 7 juillet 2012, lors de la vente aux enchères organisée par la maison Artcurial à l'occasion de la liquidation du carrossier des Deux-Sèvres. Le Musée de l'Aventure Peugeot rachète le prototype pour 8 340 €, bien en-deçà de l'estimation initiale (20 000 à 30 000 €) — la voiture, roulante mais dépourvue de carte grise, n'ayant jamais été homologuée. Elle y est aujourd'hui conservée comme curiosité historique, symbole du « chaînon manquant » entre le coupé 504 et le coupé 406 (1997), ce dernier étant, lui, bel et bien dessiné par Pininfarina et construit en Italie à Grugliasco/San Giorgio.
Voir aussi
- Site source
- carjager.com
- Auteur du site
- Paul Clément-Collin (carjager.com)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- La genèse stylistique de la 405 — Pininfarina dans la continuité de la 205Peugeot 405 · Histoire et modèles
- La 405 Mi16 — la sportive familiale (1987-1995)Peugeot 405 · Histoire et modèles
- Histoire générale de la Peugeot 405 (1987-1997 en Europe)Peugeot 405 · Histoire et modèles
- Les 504 Coupé et Cabriolet — trois séries signées PininfarinaPeugeot 504 · Histoire et modèles