La 405 Mi16 — la sportive familiale (1987-1995)
Trois mois à peine après le lancement de la gamme civile, en septembre 1987, Peugeot dévoile la version qui donnera à la 405 son statut de mythe automobile français des années 90 : la Mi16, contraction de « Multi Injection 16 [soupapes] ».
Une devanture sobre pour un catalogue de série
Extérieurement, la Mi16 se signale par un discret becquet arrière, un insigne rouge « Mi16 », des jantes alliage de 14 pouces (15 pouces à partir de 1990, héritées de la Mi16x4 — voir La 405 Mi16x4 — la transmission intégrale, un échec commercial), des pare-chocs élargis et des baguettes de porte spécifiques — une sportivité assumée mais sans excès, dans la continuité de l'image « bon goût » que Peugeot cultive alors avec sa 205 GTI (corpus peugeot-205/). L'habitacle, disponible en plusieurs niveaux d'équipement malgré un prix de base élevé, ne fait pas toujours honneur à ce positionnement : la version de base se prive même de rétroviseur extérieur côté passager, et la presse d'époque juge la finition perfectible face aux références allemandes.
Le moteur : un « premier » tout relatif
Le cœur de la Mi16 est le XU9J4, un 1 905 cm³ à culasse 16 soupapes (deux arbres à cames en tête) dérivé du bloc de la 205 GTI 1,9, doté de chemises humides à quadrillage de fonderie favorisant l'échange thermique — détail technique complet dans Le moteur XU9 J4 de la Mi16 — architecture technique et filiation. Peugeot le présente à l'époque comme son premier moteur de série à 16 soupapes, une affirmation historiquement inexacte à deux titres : la 205 Turbo 16 disposait déjà d'une culasse multisoupape, et c'est en réalité la Citroën BX GTI 16 Soupapes, sortie quelques mois plus tôt fin 1987, qui inaugure ce bloc XU9J4 au sein du groupe PSA — mutualisation industrielle oblige. Avec son injection Bosch Motronic, il développe 160 ch à 6 500 tr/min pour 180 Nm à 5 000 tr/min : un moteur qui privilégie le caractère dans les tours élevés, au détriment d'un creux perceptible à bas régime — un vrai seize-soupapes de son époque, sans recours au turbocompresseur alors en vogue chez les rivales (Renault 21 2L Turbo, Ford Sierra Cosworth).
Performances et évolutions
Chiffrée à 220 km/h en pointe et sous les 8,5 secondes du 0 à 100 km/h à son lancement, la Mi16 reçoit en 1990 une distribution et une injection retravaillées (héritage direct de la mise au point de la Mi16x4), qui améliorent sensiblement ses reprises selon les essais de presse de l'époque.
Phase 2 : la 2,0 litres
Le restylage de 1992 (voir Le restylage phase 2 de 1992 — rigidité, insonorisation et refonte de gamme) s'accompagne du passage à une cylindrée de 1 998 cm³ pour absorber le pot catalytique devenu obligatoire — au prix d'une légère baisse de puissance, à 152-153 ch. Aux États-Unis, où la Mi16 est commercialisée dès 1988 avec des pare-chocs élargis et des répétiteurs latéraux, la version catalysée plafonne à 148-150 ch.
Les séries limitées « Le Mans »
Deux éditions spéciales « Le Mans » jalonnent la carrière de la Mi16 : une première, réservée au marché suisse en 1992 (phase 1), limitée à 500 exemplaires ; une seconde, exclusive au marché français en 1993 (phase 2), à seulement 150 exemplaires, reconnaissable à sa teinte rouge spécifique (« Lucifer »), son becquet et ses jantes particulières.
Fin de carrière et bilan
La production de la Mi16 s'arrête en 1995, un an avant l'arrêt complet de la 405 en France, laissant la place à la 406. Toutes versions confondues, environ 25 000 Mi16 auront trouvé preneur — une goutte d'eau rapportée aux quelque 2,5 millions de 405 vendues dans le monde hors Iran, mais un modèle resté culte auprès des amateurs de « youngtimers » sportives françaises.
Voir aussi
- Le moteur XU9 J4 de la Mi16 — architecture technique et filiation · La 405 Mi16x4 — la transmission intégrale, un échec commercial · La 405 T16 (1993-1995) — la série routière en hommage au rallye-raid · Au volant de la Mi16 — direction précise et survirage assumé · Le restylage phase 2 de 1992 — rigidité, insonorisation et refonte de gamme
- La 205 GTI — 1.6 et 1.9 (1984–1994) (corpus
peugeot-205/) · Les moteurs XU à injection multipoint (type J) de la 205 GTI/CTI — spécifications complètes (corpuspeugeot-205/)
- Site source
- automobile-sportive.com
- Auteur du site
- Maxime Joly (automobile-sportive.com), photos Cédric Augusto
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- La 205 GTI — 1.6 et 1.9 (1984–1994)Peugeot 205 · Histoire et modèles
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