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§ 01 · Histoire et modèles

La création de Proton (7 mai 1983) — un actionnariat HICOM-Mitsubishi à 70/30

Proton Saga · depuis 1985 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Deux prototypes japonais avant même la naissance de l'entreprise

Mahathir invite personnellement Mitsubishi Motors à participer au projet de voiture nationale, un choix directement issu de sa politique du « Look East » (voir La politique du « Look East » — genèse d'un virage diplomatique et industriel malaisien). Dès janvier 1983, soit avant même la constitution formelle de la future entreprise, les équipes de Mitsubishi préparent au Japon deux prototypes portant les noms de code internes LM41 et LM44. Le 7 mai 1983, Perusahaan Otomobil Nasional Berhad — littéralement « Compagnie automobile nationale », bientôt universellement désignée par son acronyme Proton — est officiellement constituée.

Une répartition capitalistique délibérément asymétrique

Le montage retenu associe la HICOM malaisienne à hauteur de 70 % du capital, les 30 % restants étant partagés à parts égales entre deux entités du groupe japonais : Mitsubishi Motors Corporation et le conglomérat commercial Mitsubishi Corporation, chacune détenant 15 %. Cette architecture capitalistique garantit à la Malaisie le contrôle politique et décisionnel du projet tout en s'assurant, via la présence directe de Mitsubishi au tour de table, un accès prioritaire à la technologie, aux pièces mécaniques et à l'encadrement technique du constructeur japonais. À sa création, l'ensemble de la participation malaisienne dans Proton est détenue par l'État via le fonds souverain Khazanah Nasional.

Une formation accélérée à l'école japonaise

Le transfert de compétences prend une forme très concrète dès les premiers mois : Proton installe une équipe de recherche et développement embryonnaire dans un modeste bureau de Kuala Lumpur (voir « Nous n'avions jamais été formés » — le témoignage de Halim Hassan sur la naissance du bureau de style Proton) et envoie ses tout premiers designers et ingénieurs se former directement au centre d'ingénierie automobile de Mitsubishi à Okazaki, au Japon, dès 1985. Kenji Iwabuchi, un cadre détaché de Mitsubishi Motors, prendra en 1988 la direction générale de Proton, une fonction occupée par des cadres nommés par Mitsubishi jusqu'en 1993 — la marque d'une dépendance technique et managériale de la jeune entreprise envers son actionnaire japonais qui ne se dissipera que progressivement au cours des années 1990.

Une sortie de capital japonaise étalée sur deux décennies

La participation de Mitsubishi dans Proton ne cessera de se réduire dans la durée : ramenée à 15,86 % au total (7,93 % pour chacune des deux entités japonaises), elle est intégralement cédée à Khazanah Nasional en janvier 2005, dans le contexte des graves difficultés financières que traverse alors Mitsubishi Motors au Japon (un endettement de l'ordre de 1 140 milliards de yens, soit environ 11 milliards de dollars, ayant motivé la cession dès mars 2004 côté Mitsubishi Motors). Cette sortie met un terme à vingt-deux années d'investissement direct du groupe japonais dans le capital de Proton, sans pour autant interrompre la coopération technique entre les deux groupes, puisqu'un nouvel accord de badge-engineering sera signé dès décembre 2008 pour la production de la Proton Inspira, dérivée de la Mitsubishi Lancer.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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