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§ 01 · Histoire et modèles

Des prototypes U1-U3 maison à l'accord de licence Fiat — comment Graz a choisi de ne pas construire sa propre carrosserie

Steyr-Puch 500 · 1957–1975 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Contrairement à une idée reçue, la Steyr-Puch 500 n'est pas née d'emblée comme une simple adaptation de la Fiat italienne : le constructeur de Graz a d'abord tenté, pendant plusieurs années, de développer sa propre petite voiture entièrement maison — avant de renoncer pour une raison purement économique.

U1 : le coup d'essai au moteur deux-temps

En 1952, Erich Ledwinka, alors responsable du service d'essais à Steyr (voir Erich Ledwinka — l'ingénieur du boxer, du Haflinger et du Pinzgauer), reçoit mission de réfléchir à une future petite voiture. Le premier prototype, désigné en interne U1, utilise un moteur d'essai deux-temps Puch ; l'accès à bord n'est possible qu'après avoir rabattu la capote décapotable, faute de véritables portières fonctionnelles. Des réserves techniques sur l'emploi d'un deux-temps conduisent la direction à charger Ledwinka de plancher plutôt sur un moteur à quatre temps.

U2 puis U3 : le boxer prend forme

En 1954-1955 naît le prototype U2, doté d'une carrosserie nettement plus moderne aux surfaces vitrées généreuses, mais à l'habitacle strictement réduit à l'essentiel pour les besoins des essais. C'est sur ce véhicule qu'apparaît pour la première fois le moteur qui deviendra la signature de la marque : un bicylindre à plat (boxer) refroidi par air.

En 1955, une division dédiée aux petites voitures est créée à Graz. Elle livre en 1956 le dernier des trois prototypes, l'U3 : le moteur n'y reçoit plus que des retouches mineures, tandis que les surfaces vitrées sont encore agrandies. Un détail stylistique notable de l'U3 est la forme en aileron de l'aile arrière, destinée à canaliser l'air de refroidissement vers le moteur. Seul un couvre-culasse de ce prototype a survécu ; la maquette en bois de l'U3 est aujourd'hui conservée au Johann Puch Museum de Graz.

Le constat économique qui change tout

C'est à ce stade que le projet bascule. Pour un volume de production visé de 10 000 à 15 000 exemplaires par an, la direction réalise qu'un outillage de carrosserie entièrement maison ne serait jamais rentabilisé. Or, au même moment, Fiat développe de son côté sa propre petite citadine dérivée de la Fiat 600 — la future Nuova 500. Les deux projets s'avèrent étonnamment proches, tant dans leur concept général (moteur arrière refroidi par air) que dans leurs cotes : l'empattement de l'U3 est de 1875 mm, celui de la future Fiat 500 de 1840 mm — un écart de seulement 35 mm.

Le projet de carrosserie maison est alors abandonné : plutôt que de poursuivre le développement de l'U3, Steyr-Daimler-Puch décide d'acheter à Fiat, à Turin, la caisse nue de la future Nuova 500 et d'y intégrer sa propre mécanique. Ce choix n'est pas un simple habillage commercial : la valeur ajoutée produite en Autriche sur le véhicule fini reste estimée à environ 80 %, le moteur, la transmission et le train roulant restant intégralement conçus et fabriqués à Graz (voir Le moteur boxer maison — conception et évolution technique et Boîte de vitesses accolée au moteur et demi-essieux oscillants). Le terrain était d'ailleurs déjà balisé par un accord de coopération commerciale préexistant avec Fiat, dont les modèles se vendaient localement sous le badge « Steyr-Fiat » (voir De la reconstruction d'après-guerre à la « filetierung » — apogée et démantèlement du groupe).

Pour le versant commercial de cette décision — accord de licence, contraintes contractuelles de Fiat, diffusion du véhicule fini — voir la fiche dédiée du dossier consacré à la Fiat 500 elle-même : La Steyr-Puch 500 — la licenciée autrichienne à moteur boxer, qui documente notamment un point que la présente recherche ne peut pas confirmer indépendamment : l'hypothèse d'une implication de Ferdinand Porsche dans la conception du moteur boxer, jamais mentionnée par aucune des sources spécialisées autrichiennes consultées pour ce dossier (voir sources/verification-croisee.md).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
steyrpuch.at (Steyr-Puch-Freunde Oberkärnten)
Auteur du site
Steyr-Puch-Freunde Oberkärnten
Date d'extraction
12 sept. 2026
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