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§ 01 · Histoire et modèles

Le Japon du début des années 1960 — pourquoi Toyota n'avait pas encore de grand tourisme

Toyota 2000GT · 1967–1970 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un pays qui découvre la course automobile

Le premier Grand Prix du Japon, disputé en mai 1963, marque un tournant : la popularité naissante du sport automobile et du rallye pousse le public japonais à réclamer de véritables voitures hautes performances, et non plus seulement des berlines utilitaires. L'histoire officielle publiée par Toyota elle-même (75 ans d'histoire de l'entreprise, texte japonais) situe précisément l'origine du projet 2000GT dans ce contexte : après ce premier Grand Prix, la demande pour des « voitures hautes performances authentiques » se fait entendre.

Un retard net face aux autres constructeurs mondiaux

Au début des années 1960, la quasi-totalité des grands constructeurs disposaient déjà d'un modèle de sport ou de grand tourisme haut de gamme, utilisé comme produit d'appel pour attirer la clientèle vers l'ensemble de la gamme : Ford avec la Thunderbird, Chrysler avec la C-300, Chevrolet avec la Corvette côté américain ; Mercedes-Benz avec la 300SL, BMW avec la 507, Porsche avec la 356, Jaguar avec la Type E, Aston Martin avec la DB4, Ferrari avec la 250 GT Coupé et Maserati avec la 3500 GT côté européen. Au Japon même, Nissan proposait la Datsun Sports, Honda la S500 et Prince la Skyline Sport Coupé.

Toyota, de son côté, ne disposait alors que d'une gamme jugée sérieuse mais sans éclat — la berline Crown et la familiale Corona — complétée depuis mars 1965 par la petite Toyota Sports 800 (voir La Toyota Sports 800, petite sœur du 2000GT — le « Yota-Hachi » de mars 1965), dont le moteur trop modeste ne pouvait prétendre au rang de voiture de sport mondiale. Le constat interne est net : il fallait une véritable 6 cylindres pour exister sur ce segment.

Toyota, réputée la plus conservatrice des marques japonaises

Plusieurs sources indépendantes (Revs Institute, Wikipédia) convergent sur un point : parmi les constructeurs japonais de l'époque, Toyota avait la réputation d'être le plus conservateur de tous — le dernier auquel on aurait pu prédire la production d'une voiture de sport radicale. C'est précisément ce désir de corriger cette image, alors que le pays amorçait sa libéralisation commerciale (le Salon de Tokyo d'octobre 1965 est explicitement présenté par Revs Institute comme le premier salon organisé après un assouplissement des restrictions japonaises sur l'importation d'automobiles étrangères), qui pousse la direction de Toyota à saisir l'opportunité offerte par Yamaha (voir La genèse de la collaboration Toyota-Yamaha — la visite du président Kawakami, automne 1964).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org, automedia.revsinstitute.org, toyota.co.jp (75-year history, japonais)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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