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§ 01 · Histoire et genèse

Le BJ a-t-il vraiment été adopté par la police japonaise ? Une divergence à ne pas gommer

Toyota Land Cruiser · depuis 1951 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Deux récits contradictoires sur un même épisode fondateur

Le récit le plus répandu du lancement du Land Cruiser affirme que la démonstration d'Ichiro Taira sur les pentes du mont Fuji en juillet 1951 (voir Le prototype BJ et l'ascension du mont Fuji qui a lancé le Land Cruiser (janvier-juillet 1951)) a immédiatement convaincu la Police Reserve Force japonaise, qui aurait commandé 289 exemplaires du BJ pour en faire son véhicule de patrouille officiel — c'est la version que retient l'article anglophone de Wikipédia. La version francophone de Wikipédia raconte une histoire sensiblement différente : selon elle, la Police Reserve Force aurait finalement préféré la Jeep Mitsubishi, une version sous licence Willys disposant d'un « bilan plus vaste » (c'est-à-dire d'un plus grand retour d'expérience opérationnel), reléguant de fait le BJ à un usage civil.

Une divergence qui s'éclaire au contact du dossier Jeep Willys de ce corpus

Ce corpus documente précisément, côté constructeur américain, la genèse de cette Jeep Mitsubishi : dès 1953, Mitsubishi Motors produit sous licence Willys une CJ-3B rebaptisée Jeep J3, explicitement présentée par cette source comme destinée à concurrencer « le Toyota Land Cruiser naissant ». Mieux : cette même fiche précise que deux commandes antérieures au J3 existaient déjà — une cinquantaine d'exemplaires « J1 » livrés à l'administration forestière régionale, et surtout environ 500 exemplaires « J2 » livrés aux Forces nationales de sécurité japonaises (« National Security Forces »), soit très précisément le nom pris par la Police Reserve Force après sa réorganisation d'octobre 1952 (voir la fiche correspondante du dossier Jeep Willys). Un parc de plusieurs centaines de Jeep sous licence Willys, déjà en service actif auprès des mêmes forces de sécurité, donne une consistance concrète à l'argument du « bilan plus vaste » avancé par la source francophone — même si aucune des sources consultées ne précise explicitement lequel de ces deux véhicules a remporté quel marché, ni à quelle date précise.

Ce que confirme la source la plus autorisée

L'historique officiel du groupe Toyota, seule source primaire consultée sur ce point, n'évoque pas de choix tranché entre le BJ et un concurrent : il indique seulement qu'un second prototype, le Model BQ (trois-quarts de tonne, destiné au transport d'armement), a été testé par la Police Reserve Force dès février 1951 et formellement adopté par cette dernière après de nombreux essais — sans dire un mot du sort commercial du BJ lui-même auprès de ce client. Il précise en revanche que les véhicules à quatre roues motrices de Toyota, BJ compris, ont ensuite été livrés en nombre comme « véhicules d'approvisionnement spécial APA » à partir de 1958, dans le cadre des programmes d'achat militaire américains au Japon.

Statut retenu pour ce corpus

⚠️ Divergence non tranchée : il est établi avec certitude que le BJ n'est jamais devenu un échec commercial — sa reconversion vers un usage civil et son renommage en 1954 (voir « Land Cruiser » contre « Land Rover » — un nom pensé dès 1954 comme une réponse au rival britannique) le prouvent. Il est également établi que Toyota a fourni des véhicules à quatre roues motrices à la Police Reserve Force / aux forces de sécurité japonaises dans les mêmes années. En revanche, l'affirmation précise d'une commande immédiate de 289 BJ comme « voiture de patrouille officielle » (version anglophone) et celle d'un choix final en faveur de la Jeep Mitsubishi (version francophone) ne peuvent être conciliées avec les sources rassemblées ici, et sont donc consignées côte à côte plutôt qu'arbitrées artificiellement.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org ; fr.wikipedia.org ; toyota-global.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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